Affaire des enfants yéménites: Gila Gamliel veut blanchir le nom d’Uzi Mushalem
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Affaire des enfants yéménites: Gila Gamliel veut blanchir le nom d’Uzi Mushalem

Activiste controversé, Uzi Mushalem avait fait campagne pour découvrir ce qui était arrivé aux milliers d'enfants des Juifs yéménites à leur arrivée en Israël

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le militant des droits de l'Homme Uzi Mushalem. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Le militant des droits de l'Homme Uzi Mushalem. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Une ministre du gouvernement a demandé mercredi au président Reuven Rivlin d’accorder une amnistie à titre posthume à un activiste controversé, qui a été emprisonné après un siège et un affrontement avec la police qui a conduit à la mort de l’un de ses partisans.

La ministre de l’Egalité sociale Gila Gamliel a demandé à Rivlin d’effacer le casier judiciaire d’Uzi Mushale, qui avait fait campagne pour révéler ce qui était arrivé aux milliers d’enfants des immigrants yéménites, qui auraient été kidnappés par les autorités à leur arrivée dans le pays dans les années 50.

L’intense campagne de Meshulam avait atteint son paroxysme en 1994 quand, avec ses partisans, lourdement armés, ils s’étaient barricadés à son domicile pendant plusieurs semaines. La police entourait le bâtiment. L’incident s’est terminé par un affrontement violent qui a conduit à la mort d’un militant et à 11 arrestations.

Mesuhalem et ses partisans ont été inculpés d’une multitude de chefs d’accusation, notamment complotisme en vue de commettre un crime, obstruction à la justice, intention de causer des blessures et fabrication d’armes illégales. Il a été condamné à six ans et demi de réclusion criminelle et le président Ezer Weizman a écourté sa peine de 7 mois.

Sa santé s’est détériorée en prison et après avoir été libéré, il s’est retiré de la vie publique. Il est décédé en 2013 à l’âge de 60 ans.

Gamliel, qui a déposé une requête avec Ami, le fils de Mushalem, a déclaré dans un communiqué qu’accorder l’amnistie reviendrait à « rendre justice à l’Histoire ».

« Mushalem est un militant des droits de l’Homme, un homme courageux qui s’est battu contre le crime qu’est le kidnapping des enfants yéménites », a déclaré Gamliel.

Elle a ajouté que Mushalem « a payé le prix fort, de sa personne ». Une telle amnistie rendrait justice à l’Histoire et permettrait de reprendre le travail qu’il avait entamé.

La ministre de l’Egalité sociale Gila Gamliel lors d’une réunion hebdomadaire des cabinets au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 25 mars 2018 (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)

Quelque 49 000 Juifs yéménites ont été amenés vers l’État naissant d’Israël dans le cadre de l’Opération Tapis volant en 1949-50. Depuis les années 1950, plus d’un millier de familles – pour la plupart des immigrés du Yémen, mais aussi des dizaines de familles des Balkans, d’Afrique du Nord et d’autres pays du Moyen Orient – ont affirmé que leurs enfants avaient été enlevés dans des hôpitaux israéliens et placés en adoption, parfois à l’étranger, dans ce qui est connu comme l’affaire des enfants yéménites.

Contestée par les chercheurs et apparemment réfutée par trois commissions d’État qui ont examiné l’affaire et conclu que la plupart des enfants étaient morts, l’affaire a refait surface, notamment parce que la plupart des familles n’ont pas récupéré le corps des enfants ni été informées des lieux où leurs tombes se trouvent.

Ces revendications s’inscrivent également dans un contexte de négligence et de marginalisation dans lequel de nombreux immigrants juifs du monde musulman ont été accueillis lorsqu’ils sont arrivés dans un Israël contrôlé à l’époque par une élite juive ashkénaze.

En octobre, des dizaines de familles de Juifs yéménites qui affirment que leurs enfants leur ont été enlevés par les autorités israéliennes dans les années 1950 ont intenté une action en justice pour réclamer des millions de shekels de réparations de l’État d’Israël et de l’Agence juive, selon la Dixième chaîne.

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