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Affaire Netanyahu: un témoin a été espionné, mais aucune raison de retarder le procès

Le téléphone de Shlomo Filber aurait été piraté mais aucune information pertinente n'aurait été utilisée ; une enquête distincte réfute les faits explosifs révélés par Calcalist

Le chef de l'opposition Benjamin Netanyahu au tribunal de district de Jérusalem, le 22 novembre 2021. (Crédit ; Oren Ben Hakoon/Pool)
Le chef de l'opposition Benjamin Netanyahu au tribunal de district de Jérusalem, le 22 novembre 2021. (Crédit ; Oren Ben Hakoon/Pool)

Le téléphone d’un témoin clé dans le procès pour corruption de l’ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a bien été piraté, a indiqué mercredi le parquet précisant cependant que le procès, suspendu le temps d’une enquête à ce sujet, pouvait reprendre comme prévu.

Le tribunal de district de Jérusalem avait ordonné une enquête après que des médias ont rapporté début février que la police israélienne avait utilisé le logiciel controversé Pegasus, développé par le groupe israélien NSO, notamment contre des personnes impliquées dans le procès Netanyahu en cours depuis mai 2020.

Dans son communiqué mercredi, le bureau du procureur ne mentionne pas le logiciel Pegasus, qui aurait notamment permis d’espionner les téléphones de journalistes, d’hommes politiques parmi lesquels des chefs d’Etat, des militants et des chefs d’entreprises à travers le monde.

Mais il précise que le téléphone de l’ancien directeur du ministère des Communications Shlomo Filber, ancien proche de M. Netanyahu devenu témoin clé dans son procès, a « bien été piraté après autorisation du tribunal ».

« Cependant aucun des éléments recueillis n’est lié aux affaires » en justice de Netanyahu, affirme le bureau du procureur.

La soumission des procureurs s’est basée sur une enquête de police qui comprenait un examen de registres impliquant 1 500 numéros de téléphone associés aux parties impliquées dans les trois dossiers pour corruption ouverts contre l’ex-Premier ministre, connus sous les noms d’Affaire 1000, d’Affaire 2000 et d’Affaire 4000.

Benjamin Netanyahu, au pouvoir notamment de 2009 à juin 2021, est inculpé de corruption, d’abus de confiance et de malversation dans trois affaires.

Shlomo Filber, directeur du ministère de la Communication, intervient à la Knesset à Jérusalem le 24 juillet 2016. (Yonatan Sindel/Flash90)

Shlomo Filber avait accepté en 2018 de coopérer avec les enquêteurs en échange de la garantie de ne pas aller en prison.

Les avocats des accusés et des proches de Netanyahu ont rejeté les affirmations du bureau des procureurs et ils ont demandé la mise en place d’une commission d’enquête d’État.

L’examen des procureurs a porté sur les écoutes clandestines standards et sur l’utilisation de technologies plus avancées, selon le document qui a été remis à la Cour.

« Sur la base des conclusions de l’enquête de la police, le ministère (de la Justice) estime qu’il faut poursuivre le procès comme prévu et qu’il n’y aucune raison de le repousser », affirme le communiqué du bureau du procureur.

Les avocats de Netanyahu ont dénoncé dans un communiqué l’attitude de la police « qui utilise de manière illégale » les logiciels d’espionnage. Ils déplorent par ailleurs que ce soit « la police qui enquête sur ses propres actes illégaux ».

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Netanyahu a appelé à une manifestation jeudi soir à Tel-Aviv.

Le groupe israélien de cybersécurité NSO, propriétaire de Pegasus, n’a ni démenti ni confirmé la vente du logiciel à la police, soulignant qu’il n’était « en aucun cas impliqué dans le fonctionnement du système une fois vendu à des clients gouvernementaux ».

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