Affrontements à Gaza et en Cisjordanie ; funérailles des Palestiniens
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Affrontements à Gaza et en Cisjordanie ; funérailles des Palestiniens

Alors que les 60 individus tués lors des affrontements de la vieille sont enterrés, les organisateurs ont revu à la baisse les manifestation de mardi

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Funérailles de Mohammed Dwedar un Palestinien de 27 ans tué dans lors des émeutes frontalières. Il est enterré dans le camp de réfugiés de Nusseirat, à Gaza,, le 15 mai 2018. (Credit : AFP/ MOHAMMED ABED)
Funérailles de Mohammed Dwedar un Palestinien de 27 ans tué dans lors des émeutes frontalières. Il est enterré dans le camp de réfugiés de Nusseirat, à Gaza,, le 15 mai 2018. (Credit : AFP/ MOHAMMED ABED)

Près d’un millier de Palestiniens se sont réunis le long de de la frontière entre Gaza et Israël mardi après-midi, et ont brûlé des pneus, poursuivant les émeutes de la veille qui ont coûté la vie à 60 personnes, a indiqué l’armée.

Des émeutes ont également éclaté en Cisjordanie, avec des affrontements entre manifestants et soldats israéliens à Bethléhem, Ramallah, Hébron et Naplouse. Un agent de la police des frontières et un soldat ont été légèrement blessés après avoir été la cible de jets de pierres.

Selon l’armée, environ 1 300 Palestiniens ont pris part aux manifestations violentes à travers la Cisjordanie mardi, pour commémorer le 70e anniversaire de ce que les Palestiniens appellent la Nakba (la catastrophe), le déracinement de centaines de milliers de personnes qui ont fui où ont été expulsées durant la guerre d’Indépendance en 1948.

Les manifestations se sont déroulées à 18 endroits en Cisjordanie, a indiqué l’armée dans un communiqué.

Les émeutiers ont mis le feu à des tas de pneus, jeté des pierres et des cocktails Molotov en direction des forces de l’ordre, a affirmé l’armée. Les soldats ont répondu avec des dispositifs anti-émeutes non létaux, notamment des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène.

L’armée a assuré que les soldats étaient « préparés à plusieurs scénarios ».

Dans la bande de Gaza, les organisateurs des manifestations ont déclaré que la journée de mardi serait consacrée aux enterrements, probablement pour revoir à la baisse le nouveau mouvement de foule dans la journée.

Le Hamas avait initialement annoncé que les émeutes frontalières se poursuivraient mardi.

Dans la bande de Gaza, près de 400 Palestiniens participent aux émeutes le long de la barrière de sécurité, ce qui contraste drastiquement avec les 40 000 personnes réunies hier, a indiqué l’armée.

L’armée a ajouté qu’ils étaient répartis à six endroits différents.

« Aucune activité inhabituelle n’est à signaler », a précisé l’armée.

Un Palestinien utilise une fronde durant les affrontements avec les forces israéliennes le long de la frontière avec Gaza, à lest de Khan Younis, le 14 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)

Les Palestiniens ont entamé une grève pour le deuil des dizaines de personnes tuées.

Le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, a fait état de 60 morts, en majorité par des tirs de snipers, et de plus de 2 400 blessés.

Israël tient le Hamas pour responsable de ces violences meurtrières, indiquant que le groupe terroriste avait encouragé et orchestré les manifestations, notamment en mettant au point des attaques contre les forces de l’ordre et des tentatives de créer des brèches dans la clôture.

L’armée israélienne a indiqué que ses avions ont frappé 11 « cibles terroristes » du Hamas. Elle a indiqué que les activistes du Hamas ont utilisés 10 dispositifs explosifs et bombes artisanales contre les troupes et les soldats stationnés le long de la frontière ont été la cible de tirs.

Pour le Hamas, le groupe terroriste qui dirige Gaza et qui cherche à détruire Israël, les émeutes de lundi étaient le point culminant d’une campagne longue de plusieurs semaines pour tenter de mettre fin au blocus. Israël affirme que le blocus est nécessaire pour empêcher le Hamas d’acquérir un arsenal qui lui permettra d’attaquer l’État juif.

Des manifestants palestiniens lors d’affrontements avec les forces israéliennes près de la frontière entre Gaza et Israël, à Rafah, dans la bande de Gaza, le 14 mai 2018 (Abed Rahim Khatib / Flash90)

Les manifestations de lundi ont aussi coïncidé avec l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, perçue comme une provocation par les Palestiniens et l’ensemble du monde arabe.

Les Palestiniens voient Jérusalem Est comme la capitale de l’état auquel ils aspirent.

Le Hamas a indiqué que les émeutes se poursuivront de façon hebdomadaire, mais n’a pas précisé s’ils pourront maintenir cet élan durant le mois de jeûne du Ramadan, qui débute cette semaine.

Mardi, aucun signe ne laissait penser que le Hamas était parvenu à ébranler le blocus imposé par Israël et l’Egypte en 2007. En signe d’apaisement, l’Egypte a prolongé l’ouverture de son poste-frontière avec Gaza. Initialement prévu pour 4 jours, le poste-frontière de Rafah sera ouvert 2 jours de plus, alors qu’il est fermé la très grande majeure partie de l’année.

Ces derniers jours, des négociations ont eu lieu entre l’Egypte et le Hamas, pour alléger le blocus en échange de la fin des émeutes.

Des soldats israéliens face à un champ de blé en feu dans le kibboutz de Nahal Oz, incendié par des cerfs-volants lancés par des émeutiers palestiniens depuis Gaza, le 14 mai 2018. (Crédit : JACK GUEZ/AFP)

La nouvelle vague de blessé a causé une charge supplémentaire aux hôpitaux de Gaza qui sont déjà surchargés, où ils manquaient, déjà avant les émeutes, de médicaments et de fournitures de base, notamment à cause de la fermeture des frontières. Néanmoins, l’Autorité palestinienne qui est en charge du côté palestinien au point de passage de Keren Shalom a refusé des camions d’aide.

Les hôpitaux et d’autres infrastructures importantes à Gaza, pour le traitement des déchets et d’eaux usées reposent sur des générateurs, en raison des coupures de courant quotidiennes. La crise d’électricité à Gaza s’est aggravée la semaine dernière quand des vandales palestiniens ont détruit le terminal de carburant, au seul point de passage enter Israël et la bande de Gaza, ce qui interrompu le flux de fioul et de gaz.

Le bilan élevé a également suscité d’importantes critiques sur la légitimité d’Israël à utiliser des armes létales contre les manifestants. Parallèlement, l’ouverture de l’ambassade, condamnée par les Palestiniens comme étant ouvertement pro-Israël, a encore fait diminuer l’idée de négociations de paix, que Trump présentait comme « l’accord du siècle » au Moyen Orient.

Les Palestiniens fuient les gaz lacrymogènes aux abords de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, à l’est de Jabaliya, le 14 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Mohammed ABED)

Les États-Unis ont été l’un des seuls pays avec l’Australie à soutenir le narratif israélien et à tenir Israël pour responsable des morts à la frontière. Lundi, les Etats-Unis ont bloqué lundi l’adoption d’un communiqué du Conseil de sécurité de l’ONU appelant à une enquête indépendante sur les événements meurtriers dans la bande de Gaza.

La reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre par Trump, suivie, lundi, du transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, a été perçue par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas comme une trahison. Il a réaffirmé lundi qu’il considère que les États-Unis ne sont plus en mesure de jouer le rôle de médiateur au Moyen Orient et qu’il n’accepterait aucun plan de paix que l’administration américaine pourrait soumettre.

Il a également décidé d’une série de mesures qui devraient excéder les États-Unis et Israël.

Son ministre des Affaires étrangères Ryad al-Maliki, a déclaré mardi que les Palestiniens déposeraient une plainte contre Israël à la Cour pénale internationale (CPI) au sujet de l’activité implantatoire d’Israël en Cisjordanie. Les Palestiniens sont habilités à se présenter devant la cour depuis que l’Assemblée générale de l’ONU a reconnu un « état de Palestine » comme observateur en 2012.

Maliki a ajouté que « la Palestine » rejoindra trois organisations internationales, allant ainsi à l’encontre de la réticence des États-Unis à ce sujet.

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