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Al Zayani: Netanyahu croit en la paix, nous sommes impatients de travailler avec lui

Le ministre des Affaires étrangères bahreïni affirme que le royaume du Golfe ne se préoccupe pas de la composition du nouveau gouvernement à Jérusalem

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Abdul Lateef Rashid Al Zayani, s'adresse aux journalistes à Manama le 4 décembre 2022. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)
Le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Abdul Lateef Rashid Al Zayani, s'adresse aux journalistes à Manama le 4 décembre 2022. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

MANAMA, Bahreïn – Bahreïn a accordé un vote de confiance à Benjamin Netanyahu et à son gouvernement entrant dimanche, alors que le ministre des Affaires étrangères du royaume a qualifié le leader du Likud « d’homme de paix ».

« Permettez-moi à ce stade de féliciter Israël pour l’élection réussie qui a eu lieu », a déclaré le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Abdul Latef Al Zayani, aux journalistes israéliens et bahreïniens lors d’une visite d’État du président Isaac Herzog. « Et nous, à Bahreïn, nous sommes de notre côté vraiment impatients de travailler avec le nouveau gouvernement sous la direction de l’un des principaux signataires et partenaires des accords d’Abraham. »

Netanyahu a reconstitué un gouvernement avec des partis de droite, d’extrême droite et ultra-orthodoxes. Il a signé dans ce cadre des accords de coalition avec les partis d’extrême droite Otzma Yehudit, HaTzionout HaDatit et Noam.

Le chef d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, s’est engagé à expulser les Arabes « déloyaux », à imposer la peine de mort aux personnes reconnues coupables d’actes terroristes et à assouplir les règles d’engagement – qui encadrent les tirs à balle réelle – des forces de sécurité contre les suspects palestiniens. Le chef de HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, a fait pression en faveur du démantèlement de l’Autorité palestinienne et il soutient l’annexion de grandes parties de la Cisjordanie, sans accorder l’égalité des droits aux Palestiniens de ces régions.

Zayani, cependant, n’a pas semblé préoccupé par l’idée que le nouveau gouvernement de Netanyahu pourrait porter atteinte aux accords d’Abraham : « Nous pensons qu’il croit fermement à la paix, notamment telle qu’elle est énoncée dans les accords d’Abraham, et il croit aux principes des accords d’Abraham. »

Bahreïn « continuera à travailler avec le gouvernement israélien pour solidifier le concept de paix », a promis Zayani.

Le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, et le chef d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, arrivant pour la cérémonie de prestation de serment de la nouvelle Knesset, à Jérusalem, le 15 novembre 2022. (Crédit : Abir Sultan/Pool Photo via AP)

Il a affirmé que le peuple israélien voulait la paix et que le gouvernement de Netanyahu s’efforcera de répondre à ces aspirations.

Bien que le roi de Bahreïn, Hamad bin Isa Al Khalifa, n’ait pas spécifiquement mentionné un État palestinien lors d’une déclaration publique faite plus tôt dans la journée aux côtés de Herzog, Zayani a déclaré que Bahreïn était « inébranlable » dans son soutien à un État palestinien ayant sa capitale à Jérusalem-Est.

Dans ses déclarations préparées, le principal envoyé de Bahreïn n’a pas ménagé ses efforts pour remercier l’ancien Premier ministre Naftali Bennett et le Premier ministre de transition Yair Lapid pour leur travail en faveur de la paix dans la région.

Zayani, comme le roi Hamad et Herzog plus tôt dans la journée, n’a pas évoqué l’Iran dans sa déclaration préparée, bien que la menace de Téhéran soit une préoccupation majeure pour Manama.

En réponse à une question, le ministre des Affaires étrangères a déclaré que la politique iranienne de Bahreïn consistait à rechercher la paix et qu’il ne pensait pas que l’accord nucléaire, le JCPOA, signé en 2015 entre Téhéran et les puissances mondiales serait officiellement dénoncé.

Zayani a également minimisé les mouvements de protestation contre Herzog qui ont eu lieu en amont de la visite. « Le président est le bienvenu ici », a-t-il déclaré, arguant que les manifestations étaient parfaitement normales dans une « démocratie ».

Freedom House a estimé que Bahrein était « l’un des Etats les plus répressifs du Moyen-Orient » et a accusé le régime d’avoir étouffé un mouvement populaire prodémocratie en 2011.

Le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Abdul Lateef Rashid Al Zayani, s’adresse aux journalistes à Manama, le 4 décembre 2022. (Lazar Berman/Times of Israel)

Les préoccupations concernant les mouvements de protestation contre Herzog ont amené les parties à apporter de légers changements dans le programme du président.

Des manifestants à Bahreïn avaient scandé « Mort à Israël » lors de rassemblements contre le prochain voyage, vendredi. Les manifestants étaient affiliés à des groupes d’opposition qui soutiennent l’Iran, selon le site d’information Ynet.

Certains portaient des pancartes à l’effigie d’Herzog sur lesquelles était écrit « criminel », ou « vous n’êtes pas le bienvenu à Bahreïn ». Selon un média d’opposition bahreïni, les manifestants ont brûlé un drapeau israélien et ils se sont heurtés à la police anti-émeute.

Les autorités locales ont autorisé les manifestations anti-israéliennes, mais elles n’ont pas voulu autoriser des mouvements similaires lors de la visite de Herzog, selon le reportage.

Le président Isaac Herzog (devant à gauche) et le roi Hamad bin Isa Al Khalifa (devant à droite) au palais Al Qudaibiya à Manama, le 4 décembre 2022. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

Herzog a atterri à Manama dimanche pour la toute première visite d’un chef d’État israélien dans ce petit royaume insulaire du Golfe. Lui et son épouse, Michal, ont été accueillis par Zayani et l’envoyé de Bahreïn en Israël, Khaled Yousif Al-Jalahma.

Il s’est ensuite rendu au palais Al-Qudaibiyah où une fanfare militaire a joué les hymnes nationaux des deux pays, tandis que Herzog rencontrait le roi Hamad.

Au début de leur entretien, le président a offert au monarque une mezouza en argent. Selon le bureau de Herzog, les deux dirigeants ont discuté des moyens de développer les relations bilatérales.

Dans sa déclaration publique prononcée aux côtés du roi, Herzog a commencé son allocution en arabe, remerciant le monarque pour son hospitalité.

Herzog a également mentionné les chefs d’entreprise israéliens de sa délégation, représentant des organisations telles que l’Autorité israélienne de l’innovation, Start-Up Nation Central et l’Institut israélien des exportations.

Une garde d’honneur bahreïnie attend l’arrivée du président Isaac Herzog à Manama, le 4 décembre 2022. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)

« Vous êtes à l’avant-garde de l’histoire de la région, où Juifs et musulmans peuvent vivre ensemble, en tant que fils d’Abraham, et avancer en paix », a déclaré Herzog.

Le voyage de Herzog a été salué par l’administration Biden. Dans un tweet, le conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, Jake Sullivan, a salué « cette visite historique… un autre pas vers un Moyen-Orient intégré et prospère. Nous sommes reconnaissants pour le leadership et la vision de Sa Majesté le roi Hamad bin Isa Al Khalifa et à l’égard de nos partenaires bahreïnis. »

La visite de deux jours du président israélien l’a également conduit aux Émirats arabes unis, lundi.

Avant son départ d’Israël, Herzog a déclaré que ce voyage était « principalement un message de paix dans la région ».

Le président Isaac Herzog avant sa visite à Bahreïn, le 4 décembre 2022. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

« C’est une autre étape historique dans les relations entre Israël et les États arabes qui ont signé les accords d’Abraham, avec l’espoir que de plus en plus de pays pourront rejoindre le cercle de la paix avec l’État d’Israël », a déclaré Herzog en anglais.

Dans un article de blog (en anglais) publié dimanche par le Times of Israel, Herzog a déclaré qu’il s’attacherait à traduire les accords d’Abraham en avantages tangibles pour les particuliers, notamment par le biais d’un accord de libre-échange avec Bahreïn.

« Je crois que la plus grande opportunité à laquelle le Moyen-Orient est confronté est une paix chaleureuse avec Israël – libérant le potentiel latent des partenariats avec notre économie dynamique et vibrante », a écrit le président. « Nous chérissons Bahreïn comme un précurseur et un pionnier à cet égard, donnant l’exemple aux nations de notre région. »

Il a également publié un article similaire en arabe dans Al Ayam, le plus grand journal de Bahreïn.

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