Aliza Bin Noun refuse que la peur des juifs de France pousse à l’alyah
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Aliza Bin Noun refuse que la peur des juifs de France pousse à l’alyah

Mais si les juifs de France "décident de rentrer en Israël, ils seront bien accueillis," a ajouté l'ambassadrice d'Israël en France

Gala du cinquantenaire de l'AUJF,  S.E. Aliza Bin-Noun, ambassadrice d'Israël en France. Paris le 15 février 2018. (Crédit : Ludovic Boulnois autorisation AUJF)
Gala du cinquantenaire de l'AUJF, S.E. Aliza Bin-Noun, ambassadrice d'Israël en France. Paris le 15 février 2018. (Crédit : Ludovic Boulnois autorisation AUJF)

Dans un contexte de flambée de l’antisémitisme en France, et à la suite du rassemblement contre l’antisémitisme le 19 février dernier, Aliza Bin Noun, ambassadrice d’Israël en France, a affirmé : « Les juifs de France sont des Français, tout d’abord. Mais il y a des personnes ici qui ne l’acceptent pas ».

Sur Europe 1, réagissant à l’appel du ministre israélien de l’Immigration, Yoav Galant, enjoignant les juifs de France à monter en Israël, Aliza Bin Noun a affirmé que l’alyah relevait de « la décision de chacun. C’est une décision personnelle. »

« S’ils décident de rentrer en Israël, ils seront bien accueillis. Mais la peur ne doit pas être la raison pour laquelle on décide de quitter la France. Les juifs ne doivent pas avoir peur en France », a ajouté la diplomate.

En amont du rassemblement, Aliza Bin Noun avait déjà exprimé son inquiétude sur l’antenne de Francetvinfo.

« Je suis très inquiète, » confiait alors Bin Noun. « Je pensais que 70 ans après la Shoah, on ne verrait pas ces cas d’antisémitisme mais malheureusement on en est là ».

« Quand je me déplace dans des endroits éloignés de Paris, je sens des juifs qui sont très inquiets, menacés, parfois ils ont peur. Et voir cela en France en 2019, c’est très inquiétant ».

Mais à rebours d’Alain Finkielkraut, qui a expliqué après son agression que l’antisémitisme actuel était dû à l’immigration musulmane, Aliza Bin Noun développe :

« Même si l’antisémitisme issu de l’islam radical a augmenté, il y a aussi l’antisémitisme traditionnel de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche. Et c’est dans cette dernière que le lien entre antisémitisme et anti-sionisme est extrêmement fort, » expliquait-elle, notant qu »‘extrême-gauche et musulmans extrémistes travaillent ensemble ».

Mais alors, faut-il punir l’anti-sionisme comme le souhaitent des députés de la majorité ?

Encore une fois, « il ne faut pas se tromper, » a affirmé Bin Noun. « On peut critiquer Israël, le gouvernement israélien, et les plus grands critiques sont les Israéliens eux-mêmes. Mais il y a aussi la question de la légitimité d’Israël à exister. Et quand on fait le lien de la haine des Juifs et le rejet d’Israël, on voit le résultat ».

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