France : Des élus veulent pénaliser l’anti-sionisme, réserves au gouvernement
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France : Des élus veulent pénaliser l’anti-sionisme, réserves au gouvernement

Pour le député LFI, Eric Coquerel, "c'est non". "Nous sommes typiquement dans une instrumentalisation" avec cette proposition

Sylvain Maillard (Crédit : CC BY-SA 4.0)
Sylvain Maillard (Crédit : CC BY-SA 4.0)

Des députés membres du groupe d’études de l’Assemblée nationale sur l’antisémitisme veulent pénaliser l’antisionisme, une proposition qui suscite des réserves dans les rangs du gouvernement.

« On veut pénaliser l’anti-sionisme, sujet sur lequel nous travaillons depuis plusieurs mois », a déclaré lundi à l’AFP le président du groupe d’études Sylvain Maillard (LREM), confirmant une information de franceinfo.

Il a récusé tout projet « de circonstance », alors que les insultes proférées samedi par des « gilets jaunes » contre le philosophe Alain Finkielkraut ont suscité une vague de condamnations.

Le député de Paris affirme que les six vice-présidents du groupe d’études, issus des rangs de LR, de l’UDI-Agir, du MoDem ou encore de Libertés et Territoires, soutiennent à « l’unanimité » cette proposition.

Le groupe d’études, qui compte une trentaine de membres, doit se réunir mardi pour décider du véhicule législatif adéquat, potentiellement une proposition de loi ou une proposition de résolution (sans valeur contraignante).

Claude Goasguen, vice-président (LR) du groupe d’études, juge difficile une proposition de loi sur « une idée politique ». Il a plaidé devant la presse pour une résolution, qui serait comme « un coup de canon en Europe » et « montrerait au monde que nous sommes déterminés ».

Plusieurs membres du gouvernement ont dès à présent formulé des réserves.

Laurent Nuñez (à droite) avec la ministre de la Justice Nicole Belloubet (g.), et le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner arrivant au dévoilement de la plaque commémorative près du bar Le Carillon bar et du restaurant à Paris pour marquer le 3e anniversaire des attaques de novembre 2015, le 13 novembre dernier à Paris (Crédit: BENOIT TESSIER / POOL / AFP)

« Il faut faire attention à ce que l’on veut condamner », a affirmé sur France 2 la ministre de la Justice Nicole Belloubet, estimant que cela « mérite un débat au Parlement ».

« De façon générale, je ne suis pas pour aller dans une sorte de course permanente vers la pénalisation des choses qui nous déplaisent », a aussi affirmé sur franceinfo le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer.

« Il faut plutôt compter sur l’éducation, le débat, et puis il y a de toute façon dès aujourd’hui un anti-sionisme qui est bien sûr le masque d’un antisémitisme, mais qui peut justement se détecter comme tel ». « Donc ça se discute, il faut faire très attention à ne pas, du fait de notre émotion, faire des choses qui sont ensuite contre-productives », a-t-il ajouté.

Pour le député Insoumis Eric Coquerel, « c’est non ». « Nous sommes typiquement dans une instrumentalisation » avec cette proposition, a-t-il affirmé sur franceinfo. « On doit pouvoir critiquer la politique de M. Netanyahu, comme on doit pouvoir critiquer une politique de théocratie islamiste sans passer pour un anti-musulman ou sans passer pour un antisémite », a-t-il ajouté.

« Ce que l’on veut condamner c’est le fait de nier l’existence d’Israël. Mais on pourra évidemment continuer à critiquer les gouvernements israéliens », a affirmé pour sa part M. Maillard.

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