Allemagne : procès en juillet de l’attentat antisémite de Halle
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Allemagne : procès en juillet de l’attentat antisémite de Halle

L'assaut de la synagogue, le jour de Yom Kippour, filmé par Stephan Balliet avait été diffusé en direct pendant 35 minutes sur une plateforme internet

L'assaillant allemand de la synagogue, identifié par les médias comme étant le néo-nazi Stephan Balliet lors de son attaque à Halle. (Crédit : capture d'écran)
L'assaillant allemand de la synagogue, identifié par les médias comme étant le néo-nazi Stephan Balliet lors de son attaque à Halle. (Crédit : capture d'écran)

L’auteur présumé de l’attentat antisémite qui avait visé une synagogue et tué deux personnes en octobre en Allemagne sera jugé à partir du 21 juillet notamment pour meurtres et tentatives de meurtre, a annoncé le tribunal compétent lundi.

Stephan Balliet, un extrémiste de droite de 27 ans au moment des faits, est accusé d’avoir « commis le 9 octobre 2019 un attentat contre des citoyens et citoyennes de confession juive avec une motivation antisémite, raciste et xénophobe », selon le communiqué de la Haute Cour régionale de Naumburg.

Il sera en outre jugé à Magdebourg pour « tentative de meurtre aux dépens de 68 personnes au total » et incitation à la haine raciale au cours de ce procès prévu pour durer jusqu’à la mi-octobre et au cours duquel 40 personnes se sont portées partie civile.

L’attentat commis à Halle, dans l’est du pays, le jour de Yom Kippour, la plus grande fête religieuse juive, avait profondément choqué l’Allemagne. Il avait réveillé le souvenir du nazisme dans un pays dont la communauté juive est certes en plein essor depuis la chute du Mur de Berlin, mais qui connaît une résurgence des actes antisémites.

L’accusé avait tenté d’entrer de force dans une synagogue où priaient 52 fidèles « avec des charges explosives et des armes à feu », selon le communiqué. Après avoir échoué à forcer la porte, il avait abattu une passante et un homme dans un snack fréquenté notamment par des immigrés.

« Par dépit après l’échec de sa tentative » de pénétrer dans la synagogue, l’accusé « avait décidé de tuer des gens d’origine étrangère dans d’autres lieux [Jana Lange et Kevin S.] », selon la justice.

Jana Lange, 40 ans, assassinée devant la synagogue de Halle, le 9 ocotbre 2019 (Facebook)

Au moment des faits, la justice avait assuré qu’il voulait « commettre un massacre » au sein de la communauté juive.

L’assaut de la synagogue filmé par Stephan Balliet avait été diffusé en direct pendant 35 minutes sur une plateforme internet.

Le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd si la porte fermée à double tour de la synagogue n’avait pas résisté aux coups de fusil de l’assaillant.

Il avait été arrêté alors qu’il tentait de fuir à bord de son véhicule, « tirant sur un policier qui le poursuivait (…), blessant un piéton puis tirant sur deux autres personnes avant de s’emparer d’un autre véhicule sous la menace d’une arme ». Placé en détention provisoire, il a récemment tenté de s’évader de prison.

Berlin s’est depuis engagé à présenter un texte de loi permettant d’aggraver les peines lorsqu’un délit ou un crime comporte un mobile antisémite.

La chancelière Angela Merkel a promis une « tolérance zéro » et s’est dite déterminée à mieux « combattre la haine » après l’attaque contre la synagogue.

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