Amman œuvre au rapatriement du détenu palestinien décédé en Israël
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Amman œuvre au rapatriement du détenu palestinien décédé en Israël

Le ministre des Affaires étrangères jordanien a indiqué que les autorités voulaient enterrer Sami Abu Diak, à la double nationalité palestinienne et jordanienne, dans le royaume

Des manifestants agitent des panneaux à l'effigie de Sami Abu Diak, un terroriste palestinien décédé d'un cancer dans les prisons israéliennes, durant une manifestation à Ramallah, le 26 novembre 2019. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)
Des manifestants agitent des panneaux à l'effigie de Sami Abu Diak, un terroriste palestinien décédé d'un cancer dans les prisons israéliennes, durant une manifestation à Ramallah, le 26 novembre 2019. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)

Le ministre jordanien des Affaires étrangères Ayman Safadi a déclaré mardi qu’Amman s’efforçait de rapatrier le corps d’un prisonnier palestinien mort en détention israélienne pour l’y enterrer.

Ayman Safadi s’est exprimé quelques heures après que Sami Abu Diak est mort au centre médical Assaf Harofeh à Beer Yaakov, succombant à un cancer à l’âge de 35 ans. Il avait été reconnu coupable par un tribunal israélien d’homicide volontaire, d’enlèvement, de tentative de meurtre et d’avoir ouvert le feu sur des gens.

Abu Diak, qui purgeait trois peines de prison à perpétuité, était lié à la faction palestinienne du Fatah et était détenu par Israël depuis septembre 2002, au plus fort de la deuxième Intifada, selon l’administration pénitentiaire israélienne. L’Associated Press a rapporté qu’il aurait été impliqué dans l’assassinat de trois Palestiniens accusés de collaboration avec les forces de sécurité israéliennes.

« Le ministère a commencé ce matin à travailler sur le rapatriement du défunt afin de l’enterrer dans le royaume « , a déclaré Safadi lors d’une réunion de la Chambre des représentants, la chambre basse du Parlement jordanien, ajoutant que les membres de la famille d’Abu Diak avaient demandé à Amman d’intervenir.

« Nous suivons l’affaire de près et prendrons toutes les mesures nécessaires [pour y parvenir] », a-t-il dit.

Abu Diak, originaire d’un village près de Jénine en Cisjordanie, avait la double nationalité palestinienne et jordanienne, a indiqué Mohammed, un voisin qui a demandé que son nom de famille ne soit pas mentionné.

« Sa mère et son père sont allés en Jordanie lundi pour demander au gouvernement jordanien de faire pression sur Israël pour qu’il libère Sami avant qu’il ne devienne un martyr « , a raconté Mohammed lors d’un appel téléphonique, faisant référence à la mort d’Abu Diak. « Ils étaient encore là-bas quand il est devenu martyr ce matin. »

La Jordanie est l’un des deux États arabes à avoir signé un traité de paix et à entretenir des relations diplomatiques officielles avec Israël, mais celles-ci sont tendues depuis quelques années, le roi Abdallah ayant déclaré jeudi dernier qu’elles étaient au plus bas.

Le ministre jordanien des Affaires étrangères Ayman Safadi prononce son discours lors d’une conférence de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Moyen Orient, UNRWA, à Rome, le 15 mars 2018. (AP Photo/Andrew Medichini)

Le ministère israélien des Affaires étrangères n’a pas répondu aux questions concernant la demande de la Jordanie.

Israël met souvent beaucoup de temps à libérer les corps des prisonniers palestiniens décédés dans ses prisons, a déclaré Hassan Abd Rabbo, porte-parole de la Commission des affaires pénitentiaires de l’Autorité palestinienne.

« Il y a beaucoup de martyrs auxquels Israël s’accroche dans sa morgue », a-t-il dénoncé lors d’un appel téléphonique, affirmant que l’Etat juif détenait encore les dépouilles d’au moins trois Palestiniens morts en captivité en Israël l’année dernière, dont Bassem al-Sayeh.

Décédé en septembre des suites d’un cancer, Sayeh avait été reconnu coupable par un tribunal israélien d’avoir autorisé et contribué au financement d’un attentat à la bombe perpétré en octobre 2015 sur une route de Cisjordanie, au cours duquel Eitam et Naama Henkin ont été abattus devant leurs quatre enfants, selon le service de sécurité du Shin Bet.

Naama et Eitam Henkin, qui ont été tués dans une attaque terroriste le 1 octobre 2015.

Un certain nombre de responsables palestiniens ont accusé Israël, mardi, de ne pas avoir fourni les soins médicaux appropriés à Abu Diak.

« Je souhaite bonne chance au martyr Abu Diak qui a souffert de négligence médicale dans les prisons de l’occupation et qui a été victime de l’oppression quotidienne pratiquée contre nos prisonniers héroïques », a écrit sur Twitter Hussein al-Sheikh, un haut fonctionnaire de l’AP, qui est un proche confident du président Mahmoud Abbas. « Nous appelons les institutions internationales à ouvrir une enquête. »

L’administration pénitentiaire israélienne a fermement rejeté les allégations des responsables palestiniens.

« Tous les prisonniers détenus par l’administration pénitentiaire israélienne, quel que soit leur statut, reçoivent des soins médicaux complets conformément à leur état de santé et au droit israélien et international », a assuré l’administration pénitentiaire dans un communiqué. « Toute autre affirmation est infondée et mensongère. »

Abbas a appelé le père d’Abu Diak mardi pour lui transmettre ses condoléances, a rapporté le site d’information officiel de l’Autorité palestinienne, Wafa.

Ramallah avait demandé à des groupes internationaux de défense des droits humains de faire pression sur Israël pour qu’Abu Diak passe ses derniers jours avec sa famille, a révélé Ibrahim Milhem, porte-parole du gouvernement de l’AP, lors d’un appel téléphonique, ajoutant que les autorités israéliennes avaient refusé.

Par ailleurs, lors des manifestations en Cisjordanie mardi contre les implantations et la déclaration de l’administration Trump la semaine dernière selon laquelle celles-ci ne violent pas le droit international, on a pu voir des affiches avec des photos d’Abu Diak.

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