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Antonio Guterres appelle à la « fin de l’occupation » lors d’un événement palestinien

Au cours d'un événement de solidarité avec les Palestiniens, le secrétaire-général des Nations unies a estimé que "l'occupation" était le "moteur du conflit"

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Le secrétaire-général des Nations unies Antonio Guterres avant le sommet du G20 à Bali, en Indonésie, le 14 novembre 2022. (Crédit : AP Photo/Achmad Ibrahim, File)
Le secrétaire-général des Nations unies Antonio Guterres avant le sommet du G20 à Bali, en Indonésie, le 14 novembre 2022. (Crédit : AP Photo/Achmad Ibrahim, File)

Nations unies – Le secrétaire-général de l’ONU, Antonio Guterres, a déclaré lors d’un événement organisé en solidarité avec les Palestiniens, mardi, que « l’occupation doit cesser » alors que la communauté internationale s’alarme de manière croissante d’une recrudescence des violences en Cisjordanie.

« Je suis profondément attristé par le nombre croissant de civils palestiniens qui ont perdu la vie dans la spirale de la violence en Cisjordanie occupée », a dit le chef de cabinet des Nations unies, Earle Courtenay Rattray, qui s’exprimait pour le compte de Guterres.

« Chaque victime attise la peur et entraîne un surplus de violence. Je recommande avec force à toutes les parties de prendre des initiatives immédiates pour apaiser les tensions et briser ce cycle meurtrier », a-t-il ajouté lors d’un événement annuel qui marquait la Journée internationale de solidarité avec les Palestiniens au siège de l’ONU, à New York.

Guterres a indiqué que « les moteurs du conflit » étaient l’occupation, les implantations, les démolitions de maison, les expulsions et la fermeture des postes-frontières de Gaza.

Il a appelé à ouvrir de nouveaux accès à Gaza, à améliorer les revenus des Palestiniens et à soutenir l’UNRWA, l’agence des Nations unies en charge des réfugiés palestiniens, et il a rappelé son attachement à la solution à deux États.

« La position des Nations unies est claire – la paix doit progresser et l’occupation doit cesser », a-t-il noté.

Des représentants lors d’un événement organisé en solidarité avec les Palestiniens aux Nations unies, à New York, le 29 novembre 2022. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

L’événement a été parrainé par le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, qui dépend de l’Assemblée générale de l’ONU, et il été l’occasion pour les représentants de différents pays de prendre la parole en soutien aux Palestiniens. L’État juif et les États-Unis n’étaient pas présents.

Guterres et les autres intervenants se sont concentrés sur la présence des forces israéliennes en Cisjordanie et ils n’ont mentionné ni le terrorisme palestinien, ni le groupe terroriste du Hamas, ni les inquiétudes sécuritaires d’Israël, ni les Israéliens victimes de violences.

Le président de l’Assemblée générale de l’ONU, Csaba Kőrösi, a appelé à renforcer le soutien apporté à l’UNRWA et à exercer des pressions diplomatiques contre Israël.

« Je vous demande de vous mettre un peu à la place des Palestiniens », a-t-il dit. « Le peuple palestinien, comme tous les autres, a le droit fondamental et inaliénable de vivre de manière digne, dans la liberté, avec la liberté de se déplacer, avec la liberté de ne pas avoir peur ».

« L’espoir et la prospérité ne peuvent pas se faire au détriment de l’une des parties », a-t-il poursuivi, demandant avec conviction aux pays de l’ONU « d’utiliser l’influence de vos gouvernements respectifs » pour encourager le dialogue entre Israël et les Palestiniens.

Il a reconnu « les aspirations légitimes » d’Israël et des Palestiniens dans son discours, qu’il a prononcé aux côtés de l’envoyé palestinien aux Nations unies, Riyad Mansour.

L’ambassadeur palestinien Riyad Mansour s’adresse au Conseil de Sécurité au siège de l’ONU, le 22 janvier 2019. (Crédit : AP/Richard Drew)

Mansour, qui s’est exprimé au nom de Mahmoud Abbas, le chef de l’Autorité palestinienne, a déclaré que l’événement marquait « une nouvelle année de meurtres, de siège, d’arrestations, de déplacements forcés et de démolitions d’habitations ».

« Une nouvelle année de colonies et de démembrement de notre territoire natal par le biais du mur de l’annexion, de la confiscation de nos terres et des checkpoints militaires. Une nouvelle année qui a été l’occasion d’un plus grand nombre de violences et d’incitations à la haine contre notre peuple et ses sites chrétiens et islamiques, » a continué Mansour, se référant à Israël de manière répétée comme à une « colonie ».

Il a affirmé que la journaliste Shireen Abu Akleh « a été assassinée de sang froid par les forces d’occupation israéliennes » et il a appelé la communauté internationale à exercer des pressions sur Israël.

« Nous ne pouvons pas attendre de l’occupant israélien, qui soutient la colonisation et le terrorisme des partisans des colonies, de se réveiller un jour en faisant le choix de la justice et de la paix », a-t-il asséné.

« La communauté internationale doit se mobiliser et intensifier ses efforts et ses pressions sur Israël pour qu’Israël mette un terme à son occupation et à ses crimes », a poursuivi Mansour, qui a demandé que les Palestiniens deviennent des membres à part entière des Nations unies.

Des visiteurs regardent une exposition en soutien aux Palestiniens au siège des Nations unies à New York, une expo placée de manière controversée à côté d’une autre consacrée à la Shoah, le 29 novembre 2022. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Il a promis que les Palestiniens défendraient les droits de l’Homme, notamment « la liberté d’expression et l’émancipation des femmes » et que l’Autorité palestinienne respecterait le processus démocratique en organisant des élections nationales et en formant un gouvernement d’unité. L’Autorité palestinienne, en Cisjordanie, et le Hamas à Gaza sont restés divisés depuis 2007 et il n’y a pas eu d’élections générales depuis 2006.

« Le peuple palestinien ne tolérera pas l’oppression et l’injustice et continuera à combattre l’occupation coloniale de nos terres et de notre peuple », a dit Mansour, s’exprimant toujours au nom d’Abbas. « Nous n’abandonnerons pas la culture de la paix qui est profondément ancrée en nous et nous continuerons la résistance pacifique ».

Des propos qui surviennent dans un contexte de fortes tensions dans la région suite à une série d’attentats palestiniens qui ont fait 30 morts du côté israélien au sein de l’État juif et en Cisjordanie depuis le début de l’année – avec notamment deux attaques à la bombe coordonnées qui ont eu lieu à Jérusalem, mercredi dernier, tuant deux Israéliens.

Des Palestiniens masqués brûlent des pneus lors d’affrontements avec les troupes israéliennes après les funérailles de Mufid Khalil dans le village de Beit Ummar, en Cisjordanie, près d’Hébron, le mardi 29 novembre 2022. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

Au printemps, l’armée a lancé une offensive antiterroriste majeure en Cisjordanie, en réponse aux attentats.

Une opération qui a entraîné plus de 2 000 arrestations, la majorité des raids s’effectuant la nuit. Elle a aussi fait 125 morts du côté palestinien, un grand nombre d’entre eux – mais pas tous – tués alors qu’ils commettaient des attentats ou pendant des affrontements avec les forces de sécurité.

Il y a eu aussi une augmentation nette des attaques des partisans du mouvement pro-implantations contre les Palestiniens et les forces de sécurité.

Les Nations unies ont indiqué que 2022 pourrait devenir l’année la plus meurtrière pour les Palestiniens de Cisjordanie depuis que l’instance mondiale a commencé à établir des bilans annuels des morts, en 2005.

L’envoyé de l’ONU pour le Moyen-Orient, Tor Wennesland, s’adressant au Conseil de sécurité de l’ONU à New York, le 28 novembre 2022. (Crédit : ONU)

L’envoyé des Nations unies au Moyen-Orient, Tor Wennesland, a averti lundi que le conflit israélo-palestinien « a atteint un point critique ».

« De forts niveaux de violences en Cisjordanie occupée et en Israël, ces derniers mois – avec notamment des attaques contre des civils israéliens et palestiniens, une utilisation accrue d’armements et des violences liées au partisans du mouvement pro-implantations – ont engendré une grave souffrance humaine », a commenté Wennesland.

« Cibler des civils n’est jamais justifiable et les violences doivent cesser », a-t-il asséné lors d’une réunion d’information du Conseil de sécurité, réclamant la reprise d’un processus politique en vue d’une résolution du conflit sur la base de la solution à deux États. « Les tendances actuelles n’apportent ni la sécurité, ni la stabilité aux deux parties ».

L’ambassadrice américaine aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, a aussi condamné les attentats terroristes contre les Israéliens et les violences des partisans du mouvement pro-implantations pendant la même audience du Conseil de sécurité.

Thomas-Greenfield a aussi fustigé l’ONU pour sa « focalisation disproportionnée » sur Israël, évoquant la Commission d’enquête permanente qui a été formée pour ne s’occuper que d’Israël et la requête soumise par l’Assemblée générale, ce mois-ci, à la Cour internationale de Justice, demandant à cette dernière de peser dans le conflit.

« Le système des Nations unies est truffé d’instances et d’initiatives anti-israéliennes », a-t-elle déploré. « Nous espérons que l’ONU va enfin commencer à s’intéresser à des initiatives concrètes visant à améliorer la vie des Palestiniens et des Israéliens au lieu de faire preuve de démagogie en adoptant des mesures improductives ».

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