Rechercher

Approbation des plans de construction de 1 000 logements palestiniens dans la zone C

Cette décision intervient alors que le ministère de la défense a donné son feu vert pour 4 500 nouvelles habitations dans les implantations israéliennes de Cisjordanie

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Un garçon palestinien marche dans le paysage de son village natal de Susiya dans la zone C de la Cisjordanie, le 24 juillet 2015. (Crédit: AP/Nasser Nasser)
Un garçon palestinien marche dans le paysage de son village natal de Susiya dans la zone C de la Cisjordanie, le 24 juillet 2015. (Crédit: AP/Nasser Nasser)

Le ministère de la Défense va faire avancer les projets d’un millier d’unités de logement palestiniens en Cisjordanie, a déclaré jeudi un responsable israélien au Times of Israel, alors que le même bureau se réunissait dimanche pour donner son feu vert aux projets de quelque 4 000 nouvelles habitations dans les implantations israéliennes de Cisjordanie.

Les projets, tant pour les Palestiniens que pour les résidents d’implantation israéliens, seront situés dans la zone C, où Israël maintient un contrôle civil. Environ 330 000 Palestiniens et 450 000 résidents israéliens vivent dans les 60 % de la Cisjordanie qui constituent la zone C, selon les chiffres respectifs des Nations unies et des autorités israéliennes.

Les projets destinés aux Palestiniens n’ont pas encore été rendus publics, mais ils semblent s’inscrire dans le cadre de la politique du ministre de la défense, Benny Gantz, qui consiste à faire avancer les plans de logement pour les deux populations de Cisjordanie, après plus d’une décennie au cours de laquelle seuls quelques dizaines de permis pour les Palestiniens ont été approuvés, contre près de 25 000 maisons construites pour les résidents d’implantations.

La dernière fois que la sous-commission de planification du ministère de la Défense s’est réunie pour faire avancer les plans d’environ 3 000 maisons dans les implantations israéliennes, en octobre, il a ensuite approuvé six projets représentant 1 300 maisons pour les Palestiniens de la zone C – bien que la majorité de ces autorisations concernaient des bâtiments déjà existants.

Contrairement à la précédente série d’approbations, le ministère de la Défense n’a pas officiellement annoncé cette fois-ci qu’il s’agissait de projets destinés aux Palestiniens. Le fait de lier les projets destinés aux deux populations de Cisjordanie a suscité un tollé de la part des dirigeants des résidents d’implantation l’année dernière, et les membres de droite de la fragile coalition semblent vouloir éviter de telles critiques.

Néanmoins, le gouvernement a notifié à l’administration Biden son intention de donner à nouveau le feu vert à des projets pour les Palestiniens, a déclaré un autre fonctionnaire au Times of Israel.

Vue de l’implantation israélienne de Vered Yeriho, dans la vallée du Jourdain, en Cisjordanie, le 1er juillet 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministère de la Défense a annoncé la semaine dernière qu’il allait faire avancer les plans pour 3 988 logements dans les implantations juives, bien que l’ordre du jour publié avant la réunion de la sous-commission supérieure de planification ait montré que le nombre était en réalité de 4 585.

Jeudi, la sous-commission avançait sur 25 projets, une décision qui ne manquera pas de susciter une condamnation internationale.

Au cours des cinq dernières années, le sous-comité supérieur de planification s’est généralement réuni tous les trimestres, bien qu’il y ait eu des écarts plus importants entre les réunions pendant les périodes diplomatiques sensibles. Sa dernière réunion a eu lieu en octobre.

Si certains des projets déjà avancés lors de la première partie de la réunion de jeudi concernent des implantations situées à proximité de la Ligne verte, d’autres plans qui devraient être approuvés concernent des implantations situées dans les profondeurs de la Cisjordanie, à l’Est de la barrière de sécurité. Il y a notamment la construction de 56 habitations à Negohot, qui avanceront au stade de « dépôt » ; ainsi qu’un plan qui implique 534 logements à Shevut Rachel et un autre qui concerne 114 habitations à Maaleh Michmash qui devraient pour leur part entrer dans la toute dernière phase de planification.

En plus de ces milliers de nouveaux logements, deux avant-postes, Mitzpeh Dani et Oz Vgaon, vont être légalisés. Tous deux se trouvent au cœur de la Cisjordanie et le dernier est une réserve naturelle et un centre d’éducation qui avaient été construits suite à l’enlèvement et au meurtre de trois adolescents israéliens, Gil-ad Shaer, Eyal Yifrach et Naftali Fraenkel, pendant l’été 2014.

Dans un tweet de célébration en réponse à la nouvelle de l’approbation de Mitzpeh Dani, la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked a qualifié cet événement de « fête pour le mouvement des implantations ».

Ces approbations surviennent donc un peu plus d’un mois avant la visite prévue au sein de l’État juif du président américain Joe Biden.

Son administration a exhorté Jérusalem à ne pas aller de l’avant avec ce mouvement et a publié une déclaration le condamnant la semaine dernière.

Le Premier ministre Naftali Bennett à droite, et le président américain Joe Biden prennent un café dans la salle à manger présidentielle privée de la Maison Blanche, le 27 août 2021. (Crédit: Maison Blanche/Twitter)

L’administration Biden a critiqué vendredi les plans d’Israël visant à faire avancer 4 000 nouvelles habitations dans les implantations israéliennes de Cisjordanie, affirmant que cette mesure « nuit profondément aux perspectives d’une solution à deux États. »

« L’administration Biden a été claire à ce sujet depuis le début. Nous nous opposons fermement à l’expansion des implantations qui exacerbe les tensions et sape la confiance entre les parties », a déclaré la porte-parole adjointe du département d’État, Jalina Porter, lors d’un point de presse téléphonique. « Le programme israélien d’expansion des implantations nuit profondément aux perspectives d’une solution à deux États. »

La condamnation a semblé plus modérée que celle émise par Washington en octobre dernier, lorsque le département d’État avait estimé que cette initiative était « complètement incompatibles avec les efforts visant à réduire les tensions et à rétablir le calme ».

L’administration a été sensible à la fragilité de la coalition du Premier ministre Naftali Bennett, qui comprend des partis de droite comptant les résidents d’implantation parmi leurs partisans.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...