Après le refus de sa libération conditionnelle, Katsav est placé en surveillance préventive
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Après le refus de sa libération conditionnelle, Katsav est placé en surveillance préventive

L'ancien président est 'complètement brisé' par la décision ; pour une victime de viol, il ne mérite pas d'être libéré alors qu'il n'exprime pas de regrets

L'ancien président Moshe Katsav sort de la Cour suprême à Jérusalem, le 10 novembre 2011, après sa condamnation unanime pour viol. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)
L'ancien président Moshe Katsav sort de la Cour suprême à Jérusalem, le 10 novembre 2011, après sa condamnation unanime pour viol. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

L’ancien président condamné pour viol Moshe Katsav a été placé sous surveillance rapprochée en prison, après des craintes qu’il ne tente de se faire du mal, quelques heures après s’est vu refusé une libération conditionnelle jeudi.

Katsav aura un garde le surveillant 24h/24 pour une durée non précisée, a annoncé le service des prisons israélien.

Dans la journée de jeudi, la commission des libérations conditionnelles a rejeté sa demande après une délibération de deux heures. C’était le deuxième rejet pour une telle demande cette année.

Il avait également été surveillé pour éviter des tentatives de suicide après le premier refus, en avril.

La commission a estimé jeudi que l’ancien président, âgé de 70 ans, pourrait déposer une nouvelle demande après avoir achevé six mois de réhabilitation en prison.

Katsav a déclaré dans un communiqué qu’il avait « l’impression que tant que les gens ne verraient pas mon corps couvert de sang dans la rue, ils n’abandonneraient pas. »

« Je suis épuisé et complètement brisé. J’ai accepté toutes les conditions et toutes les restrictions qui m’ont été imposées. Il n’y a pas un programme de réhabilitation en prison auquel je me suis opposé. Je ne sais pas comment recoller les morceaux », a-t-il déclaré.

La victime de Katsav, dont les accusations avaient entraîné sa condamnation pour viol et agression sexuelle, s’est déclarée satisfaite de la décision de la commission.

Tzion Amir, l'avocat de l'ancien président israélien Moshe Katsav, le 4 août 2016. (Crédit : Roy Alima/Flash90)
Tzion Amir, l’avocat de l’ancien président israélien Moshe Katsav, le 4 août 2016. (Crédit : Roy Alima/Flash90)

« Un agresseur sexuel qui a commis des crimes à l’encontre de plusieurs femmes, ne peut pas exprimer de regrets et ne comprend pas la sévérité [de ses actes] ne devrait pas être autorisé à voir sa peine allégée », a-t-elle déclaré à la Deuxième chaîne.

A l’unanimité, la commission a reconnu avoir observé des « graines » de repentir chez Katsav, qui a clamé son innocence tout au long de son incarcération.

Une évaluation interne de la prison présentée à la commission notait que « notre impression est qu’il y a des signes préliminaires de compréhension de défauts de sa personnalité, qui l’avaient amené à abuser des autres, à leur nuire, et à utiliser son pouvoir tout en exerçant un rôle de puissance et d’autorité. A notre avis, cela montre un changement, même mineur, par rapport à nos évaluations précédentes. »

L’évaluation de la prison citait Katsav affirmant que « je ne veux plus prouver mon innocence, je n’ai pas de force pour mener une campagne […]. Je ne mène pas de campagne […]. Je suis fatigué, je n’ai plus de force pour rien. »

La commission des libérations conditionnelles a écrit que, en se fondant sur l’évaluation et sur le témoignage de Katsav, « ces premières graines [de changement] ont été constatées » par les membres de la commission.

« Cependant, de l’avis de la commission des libérations conditionnelles, le processus [de repentance] du prisonnier n’a pas été achevé et il doit encore affiner et approfondir cette [prise de conscience] », peut-on lire dans la décision.

Zion Amir, un des avocats de Katsav, a déclaré devant la prison aux journalistes que c’était une « très dure journée, une très triste journée », et a promis de faire appel de la décision.

Amir a accusé des militantes, et notamment certaines députées, d’être responsable de la décision de la commission, suggérant que les élues sont intervenues pour empêcher la libération de l’ancien président.

Katsav a purgé cinq ans sur une peine de sept ans, et a cherché ces derniers mois à réduire sa peine d’un tiers pour bonne conduite.

Katsav s’était déjà vu refuser une libération conditionnelle en avril après l’opposition du bureau de réinsertion et des procureurs. A ce moment, l’autorité de réinsertion des prisonniers avait déclaré à la commission des libérations conditionnelles que Katsav n’avait ni reconnu ni regretté ses crimes, n’avait montré aucune empathie pour ses victimes, et se considérait au contraire comme la victime de cette affaire, alors que les procureurs avaient mentionné que Katsav n’avait participé à aucun des programmes de réhabilitation offerts par la prison.

Se démarquant de leurs positions sur la précédente demande de Katsav pour la commutation de sa peine, ni l’autorité de réinsertion des prisonniers ni le parquet ne s’étaient cette fois opposés à une libération anticipée de l’ancien président.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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