Pas de libération anticipée pour l’ex-président violeur Moshe Katsav
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Pas de libération anticipée pour l’ex-président violeur Moshe Katsav

La commission des libérations conditionnelles réexaminera la libération du politicien en disgrâce après qu'il ait achevé 6 mois de traitement

L'ancien président Moshe Katsav sort de la Cour suprême à Jérusalem, le 10 novembre 2011, après sa condamnation unanime pour viol. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)
L'ancien président Moshe Katsav sort de la Cour suprême à Jérusalem, le 10 novembre 2011, après sa condamnation unanime pour viol. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Pour la deuxième fois cette année, la commission des libérations conditionnelles des Services pénitentiaires israéliens a rejeté jeudi une demande de libération anticipée de l’ancien président Moshe Katsav condamné pour viol, a annoncé le système judiciaire israélien.

Après avoir délibéré pendant plus de deux heures, la commission des libérations conditionnelles des Services pénitentiaires israéliens a voté pour rejeter la demande de Katsav.

Le conseil d’administration a statué que l’ancien président âgé de 70 ans aurait le droit de déposer une nouvelle demande de commutation après avoir terminé six mois de rééducation en prison.

Tzion Amir, l’avocat de Katsav, a déclaré aux journalistes devant la prison que c’était un « jour très dur, un jour très triste », et a promis de faire appel de la décision.

Amir a blâmé les activistes, dont certaines députées, de la décision de la commission, suggérant que des élues sont intervenues pour empêcher la libération de l’ex-président.

Tzion Amir, l'avocat de l'ancien président israélien Moshe Katsav, le 4 août 2016. (Crédit photo: Roy Alima / Flash90)
Tzion Amir, l’avocat de l’ancien président israélien Moshe Katsav, le 4 août 2016. (Crédit photo: Roy Alima / Flash90)

La commission a reconnu à l’unanimité avoir observé des « graines » de repentir chez Katsav, qui tout au long de son incarcération a clamé son innocence.

Une évaluation interne des prisons présentér à la commission disait que « notre impression est qu’il y a des signes initiaux de compréhension de ses défauts de la personnalité, qui l’avaient amené à abuser des autres, à leur nuire, et à utiliser son pouvoir tout en exerçant dans un rôle de puissance et d’autorité. A notre avis, cela marque un changement – même minime – de nos évaluations antérieures ».

L’évaluation de la prison a cité Katsav comme disant : « Je ne veux plus prouver mon innocence, je n’ai pas de force pour mener une campagne … Je ne mène pas de campagne … Je suis fatigué, je n’ai de force pour rien. »

La commission des libérations conditionnelles a écrit qu’en se basant sur l’évaluation et sur le témoignage de Katsav, « des premières graines [de changement] ont été constatées » par les membres de la commission.

« Cependant, de l’avis de la commission des libérations conditionnelles, le processus [de repentance] du prisonnier n’a pas été achevé et il a encore besoin d’affiner et d’approfondir cela [la prise de conscience], » lit-on dans la décision.

Katsav a purgé cinq ans sur une peine de sept ans, et ces derniers mois a cherché à voir sa peine réduite d’un tiers pour bonne conduite.

Katsav s’est vu refuser une libération conditionnelle en avril après que l’office de réinsertion et que les procureurs s’y soient opposés. A l’époque, l’office de réinsertion du prisonnier avait déclaré à la commission des libérations conditionnelles que Katsav n’avait ni reconnu ni exprimé de remords pour ses crimes, n’avait montré aucune empathie pour ses victimes, et se voyait comme la victime dans cette affaire, tandis que les procureurs avaient mentionné que Katsav n’avait participé à aucun des programmes de réhabilitation offerts par la prison.

Se démarquant de leurs positions sur la demande précédente de Katsav pour la commutation, ni l’office de réinsertion du prisonnier ni le Parquet ne se sont opposés cette fois à une libération anticipée de l’ex-président.

L’office de réinsertion du prisonnier a fait marche arrière en juillet de sa recommandation, après une rencontre avec Katsav.

Selon un article publié dans le quotidien Yedioth Ahronoth, l’ancien président aurait accepté un programme de rééducation après sa libération qui aurait inclus des études religieuses, des rencontres régulières avec des travailleurs sociaux, et un engagement à ne pas diffamer ses victimes.

Un autre des avocats de Katsav, Yehoshua Reznik, ne s’est pas prononcé le mois dernier sur la question de savoir si son client avait assumé la responsabilité ou exprimé des regrets pour ses crimes. Reznik et la famille de Katsav lui auraient conseillé de coopérer avec les demandes des travailleurs sociaux, après que Katsav ait insisté pendant des années qu’il n’avait pas besoin de traitement ou de rééducation.

Au moment de la recommandation révisée, l’une des victimes de Katsav avait critiqué l’idée, suggérant qu’une pression politique était derrière le nouvel appel visant à libérer l’ancien président.

S’il sortait libre, « ce serait sans précédent en Israël, et enverrait un message très négatif, tant aux femmes qu’aux délinquants sexuels, » avait déclaré Odelia Carmon, qui avait été agressée par Katsav au début des années 1990, dans une interview en juillet à la radio militaire.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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