Après son revers, Avi Gabbay remet son titre en jeu, mais pas pour les primaires
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Après son revers, Avi Gabbay remet son titre en jeu, mais pas pour les primaires

Le n°1 travailliste ne fera pas de primaires en vue des prochaines élections ; la décision fait suite aux appels à la démission après ses pourparlers "méprisables" avec Netanyahu

Avi Gabbay, leader du parti Travailliste, lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 13 février 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Avi Gabbay, leader du parti Travailliste, lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 13 février 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le chef du Parti travailliste Avi Gabbay a annoncé dimanche que le parti organisera un vote pour la présidence du parti, mais pas pour les primaires de la liste lors des prochaines élections, après avoir subi d’intenses pressions visant à le faire démissionner de son poste de président, les députés du parti ayant intensifié leurs attaques contre lui.

« Avant les élections de septembre, j’ai l’intention de proposer mardi à la direction du parti que nous organisions des élections pour la présidence du parti le plus tôt possible et sans primaires supplémentaires pour la liste de la Knesset », a déclaré Gabbay dans un communiqué.

Les informations de la Douzième chaîne ont rapporté plus tard dimanche que Gabbay a fait savoir à ses collaborateurs que s’il n’est pas élu à la tête du parti, il quittera ses fonctions de député.

Les attaques contre le n°1 travailliste se sont intensifiées au cours du week-end et dimanche, après que des informations ont révélé qu’il avait laissé la porte ouverte à l’immunité du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de ses discussions avec ce dernier, la semaine dernière, autour d’une éventuelle entrée dans la coalition, contrairement à ce qu’il avait affirmé.

« Pour relancer le Parti travailliste, nous devons tenir des primaires maintenant », a déclaré samedi la députée Stav Shaffir. « Gabbay doit quitter son siège demain matin et annoncer des primaires ouvertes pour la direction. »

« Le parti se trouve dans la pire crise de son histoire, et la première étape pour le sauver est de tenir des primaires générales pour sa direction », a convenu le député Itzik Shmuli. « Nous pouvons et devons remettre le parti sur pied et restaurer la confiance que nous avons perdue auprès du public. »

Le député Amir Peretz a également demandé que les primaires choisissent le prochain président du parti, précisant qu’elles ne devraient pas se faire auprès du grand public mais seulement entre les quelque 3 400 membres du comité central du parti.

Les députés Stav Shaffir et Amir Peretz lors de l’annonce des résultats des Primaires du parti travailliste à Tel Aviv, le 11 février 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

La députée Shelly Yachimovich a rejeté les informations selon lesquelles elle était ouverte à l’idée de rejoindre un gouvernement Netanyahu en publiant un tweet samedi : « J’ai répondu par un ‘non’ immédiat et absolu, et je suis sûre que mes collègues l’ont fait aussi. J’ai expliqué ma position d’un point de vue moral et politique, et j’ai critiqué [Gabbay] personnellement pour le culot qu’il avait de se prendre un portefeuille important au milieu des décombres, », faisant référence au ministère des Finances promis à Gabbay dans les négociations.

Yachimovich a tenu des propos similaires dans une interview accordée dimanche à la radio publique Kan. « Je suis préoccupée par l’état lamentable de mon parti. Le dernier clou fut la négociation méprisable et minable menée dans le dos des membres de la formation. »

Shelly Yachimovich dirige une réunion de la Commission de contrôle de l’État à la Knesset, le 31 décembre 2018. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Cependant, Mme Yachimovich a également déclaré à la station de radio que si elle avait su qu’un accord potentiel lèverait complètement l’immunité de Netanyahu et que les réformes « portant atteinte à l’Etat de droit » étaient supprimées, elle aurait « pu envisager d’entrer au gouvernement ».

Mais Gabbay a insisté dimanche sur le fait que « aucun des membres du parti avec qui j’ai parlé n’a dit immédiatement qu’il était hors de question d’entrer au gouvernement ».

S’adressant à la radio de l’armée, il a ironisé, « tous les détecteurs de mensonges en Israël ont bipé » quand Yachimovitch a écrit son tweet.

Depuis que ses discussions avec M. Netanyahu ont été rendues publiques, M. Gabbay a déclaré que l’accord aurait mis fin à toute pression visant à obtenir l’immunité pour le Premier ministre. Cependant, les responsables au courant des tractations ont dit à la Douzième chaîne d’information, samedi, que ce n’était pas vrai. Alors que Netanyahu n’aurait pas tenté d’obtenir une nouvelle législation pour obtenir l’immunité, il aurait cherché à la recevoir en vertu de la loi actuelle, ont-ils dit – et le Parti travailliste était censé l’appuyer.

En vertu de la loi actuelle, les membres de la Knesset ne bénéficient pas d’une immunité automatique, mais peuvent la demander et la recevoir de la part du corps législatif.

Réunion avec Avi Gabbay, chef du Parti travailliste, et des parlementaires travaillistes (de gauche à droite) : Stav Shaffir, Itzik Shmuli, Amir Peretz et Shelly Yachimovich, à Tel Aviv le 13 février 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Des sources proches de Gabbay ont déclaré à la Douzième chaîne que les parties n’avaient jamais conclu d’accord concernant le soutien des travaillistes à l’immunité car ils auraient quitté le gouvernement si Netanyahu avait été accusé, et n’aurait soutenu aucune campagne d’immunité. M. Netanyahu fait face à trois chefs d’accusation de fraude et d’abus de confiance, et à un autre de corruption – en attendant son audience préalable à une mise en examen prévue début octobre.

Cela semblait différer des affirmations que Gabbay avait déjà faites : l’offre du Likud au Parti travailliste aurait retiré toute tentative d’immunité de la table.

Mercredi soir, Gabbay a reconnu que son parti de centre-gauche avait évalué, et finalement rejeté, la proposition du Likud de rejoindre la coalition à la place d’Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman, qui tentait de résister et qui a finalement refusé de signer un accord.

Gabbay a déclaré que la proposition comprenait l’enterrement de la législation pour contourner la Cour suprême de justice et les tentatives visant à protéger le Premier ministre de poursuites, et d’accorder au Parti travailliste un droit de veto pour « toute législation anti-démocratique ».

Vendredi, la Douzième chaîne a rapporté que Netanyahu a laissé Gabbay le filmer en promettant de ne jamais s’associer avec Liberman, pour apaiser ses craintes que le chef du Likud ne l’utilise pour faire pression sur Liberman afin que ce dernier rejoigne la coalition.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adresse aux médias à la Knesset à Jérusalem le 29 mai 2019, après avoir été contraint de dissoudre le Parlement et d’organiser de nouvelles élections. (Yonatan Sindel/Flash90)

Afin de surmonter ce qu’ils savaient être une opposition presque inébranlable des travaillistes à siéger avec Netanyahu et les autres partis d’extrême droite et ultra-orthodoxes dans la future coalition, les deux hommes ont tenté de mettre au point des portefeuilles personnalisés auxquels les meilleurs députés travaillistes auraient du mal à résister, selon la chaîne d’information.

L’accord Netanyahu-Gabbay a finalement échoué, cependant, après l’annonce des pourparlers. Netanyahu n’a pas non plus réussi à convaincre Liberman de se joindre à la coalition, ce qui a déclenché la convocation d’élections anticipées, prévues pour le 17 septembre.

Jeudi, Gabbay a tenté de justifier ses entretiens avec Netanyahu, en disant que même s’il avait promis à maintes reprises de ne pas rejoindre un gouvernement Netanyahu pendant la campagne électorale, il y avait sérieusement songé après qu’on lui eut proposé des moyens visant à garantir la préservation de la démocratie israélienne.

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