Aryeh Deri : Des « calomnies » l’accusent d’avoir violé l’interdiction de voyager
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Aryeh Deri : Des « calomnies » l’accusent d’avoir violé l’interdiction de voyager

Deri dit qu'un "menteur" raconte aux médias qu'il a prié à Tibériade pour Kippour alors qu'il était à Jérusalem ; Ron Cobi : un "ministre important" était dans la ville du nord

Capture d'écran de la vidéo du ministre de l'Intérieur Aryeh Deri niant avoir enfreint les restrictions de voyage liées au bouclage du coronavirus à l'occasion du Yom Kippour, le 6 octobre 2020. (Twitter)
Capture d'écran de la vidéo du ministre de l'Intérieur Aryeh Deri niant avoir enfreint les restrictions de voyage liées au bouclage du coronavirus à l'occasion du Yom Kippour, le 6 octobre 2020. (Twitter)

Le ministre de l’Intérieur, Aryeh Deri, a déclaré mardi que quelqu’un répandait une rumeur infondée parmi les journalistes selon laquelle il aurait enfreint le confinement en cours en quittant son domicile de Jérusalem pour se rendre dans la ville de Tibériade, dans le nord du pays, pour la récente fête de Yom Kippour.

Le démenti de Deri est survenu alors qu’une collègue membre du cabinet, la ministre de la Protection de l’environnement Gila Gamliel, fait face à une possible enquête policière pour avoir prétendument tenté de dissimuler aux fonctionnaires du ministère de la Santé qu’elle se trouvait à Tibériade le jour de Yom Kippour, alors que son domicile est à Tel Aviv. Gamliel a été diagnostiquée avec le COVID-19 après la fête, et aurait donné des informations mensongères lors de l’enquête épidémiologique visant à retracer la source de son infection.

Bien que Deri n’a nommé personne dans son démenti, l’ancien maire de Tibériade, Ron Cobi, avait posté plus tôt dans la journée sur Facebook qu’un « autre ministre de haut rang » se trouvait dans la ville à l’occasion de Yom Kippour.

Kobi et Deri ont un différend personnel : le ministre a contribué à ce que le maire soit démis de ses fonctions au début de l’année après avoir échoué à faire adopter un budget municipal.

Ron Cobi à Tibériade. (Yossi Aloni/Flash90)

« Un message aux médias : Il y a un détestable menteur qui s’adresse aux journalistes depuis hier et qui me calomnie en disant que j’ai prié le jour de Yom Kippour dans une synagogue de Tibériade », a tweeté Deri. « Le menteur a déjà dit cela à quatre reporters pour tenter de me piéger. Le jour de Yom Kippour, j’ai prié dans un espace ouvert à côté de ma maison à Jérusalem. »

« Ne tombez pas dans le piège de ce menteur », a-t-il dit.

Dans un message vidéo posté sur le flux Twitter de la Knesset, Deri a déclaré que son conseiller en relations publiques l’avait appelé en panique après qu’un journaliste lui a demandé où se trouvait le ministre durant Yom Kippour. Dans la vidéo, Deri a également nié s’être absenté de chez lui.

Plus tôt, Kobi avait écrit sur Facebook : « Un autre ministre de haut rang se trouvait à Tibériade le jour de Yom Kippour !!! Croyez-moi, ils n’ont pas de frontières (littéralement : ils n’ont pas de Dieu) ! »

Kobi, qui a été surnommé le « Donald Trump du Nord » par les médias israéliens en raison de son style combatif, est arrivé dans le bureau municipal à l’automne 2018 après une campagne visant à lutter contre la communauté ultra-orthodoxe et son influence croissante dans la ville. Il s’est notamment fait remarquer par une série de vidéos en direct sur Facebook, souvent grossières et menaçantes.

Il n’a cependant pas réussi à former une coalition et, son parti ne représentant que six des quinze sièges du conseil municipal, les autres membres ont refusé de soutenir ses propositions budgétaires, même après avoir obtenu une prolongation jusqu’au 30 septembre 2019.

Après son éviction, Deri a nommé le directeur adjoint du ministère de l’Intérieur, Moni Maatok, à la présidence d’un comité spécial qui devra diriger la ville pendant les trois prochaines années jusqu’aux prochaines élections municipales. Ce conseil est composé d’autres fonctionnaires du ministère.

La police a transmis mardi au procureur général Avichai Mandelblit les résultats d’une première enquête sur Gila Gamliel. Il appartient maintenant au procureur général de décider si la police doit ouvrir une enquête concernant la ministre.

La Douzième chaîne a rapporté que le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’avait pas l’intention de limoger Gamliel pour sa conduite présumée, et la ministre du Likud n’a pas l’intention de démissionner. Le Premier ministre, cependant, envisage de prendre des « mesures sérieuses » contre elle, a déclaré la chaîne, sans préciser ce que ces sanctions impliqueraient.

Gila Gamliel s’exprime lors d’une conférence à Kedem, en Cisjordanie, le 5 septembre 2019. (Hillel Maeir/Flash90)

Gamliel, qui a annoncé ce week-end qu’elle avait été infectée par le coronavirus, a dû faire face à des appels à son licenciement ou à sa démission après avoir admis qu’elle s’était rendue de son domicile de Tel Aviv à Tibériade pour Yom Kippour.

Les critiques ont déclaré que la conduite de Mme Gamliel en tant que membre du cabinet était incompatible avec celle demandée au public.

Au début de l’année, lors du premier confinement contre le virus, Yaakov Litzman, du parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah, a été fortement critiqué pour avoir assisté à un office de prière interdit par les règlements sanitaires. Litzman était alors ministre de la Santé, poste qu’il a quitté par la suite.

D’autres articles ont fait état de violations du confinement par des hommes politiques et leurs proches. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le Président Reuven Rivlin ont notamment été concernés.

Israël a instauré un confinement national qui, entre autres restrictions, oblige les Israéliens à ne pas s’éloigner de plus d’un kilomètre de leur domicile, sauf pour le travail ou les besoins essentiels. Il est également interdit de se rendre au domicile d’autrui et les offices de prière en intérieur sont interdits. Les fidèles doivent plutôt se rassembler en groupes de 20 personnes maximum dans des lieux extérieurs pour y organiser des prières.

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