Ash : Israël se prépare à rouvrir de larges pans de son économie d’ici 11 jours
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Ash : Israël se prépare à rouvrir de larges pans de son économie d’ici 11 jours

Selon le responsable de la lutte contre le coronavirus, le pays atteindra ses objectifs pour la prochaine phase de levée du confinement et il demande aux firmes de "s'accrocher"

Des gens portant des masques dans le centre-ville de Jérusalem, le 7 février 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Des gens portant des masques dans le centre-ville de Jérusalem, le 7 février 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Israël pourrait bien commencer à rouvrir une grande partie de son économie d’ici le 23 juillet avec un nombre de personnes vaccinées qui ne cesse d’augmenter et un nombre de malades qui va en diminuant, a déclaré vendredi le responsable de la lutte contre le pays au sein de l’Etat juif.

Le nombre de cas quotidiens a continué à décliner vendredi avec 4 922 nouvelles infections qui ont été diagnostiquées le jour précédent – ce qui est le chiffre le plus bas enregistré un jour de semaine depuis la fin décembre.

Le taux de positivité des tests – confirmant les infections – était de 6,7 %, jeudi, ce qui est le pourcentage le moins important depuis le 10 janvier. Et le nombre de cas graves est resté de 985, alors que, le mois dernier, il s’était maintenu au-dessus de 1 000 la majorité du temps.

S’exprimant sur la chaîne Kan, le responsable de la lutte contre le coronavirus dans le pays, Nachman Ash, a indiqué penser que l’Etat juif allait commencer à rouvrir de larges secteurs du pays d’ici onze jours, confirmant la date-cible du 23 février pour la seconde phase de sortie du confinement du pays.

Le responsable israélien de la lutte contre le coronavirus, Nachman Ash, visite la municipalité de Jérusalem, le 22 novembre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Cette semaine, des restrictions sur les voyages ont été supprimées dans tout le pays et environ 20 % des élèves israéliens sont repartis dans les écoles, dans les zones présentant des taux d’infection moyens au coronavirus.

« La prochaine étape que nous avons mise en place débutera en date du 23 février », a dit Ash. « Bien sûr, cela dépendra des données de morbidité et je pense personnellement que les données seront satisfaisantes d’ici là – c’est donc la date à laquelle nous recommanderons d’ouvrir les commerces et les autres activités ».

Il n’a pas donné de détails mais de multiples informations ont indiqué que le ministère de la Santé prévoyait de recommander l’ouverture des magasins non-essentiels ayant une vitrine sur la rue à tous les citoyens, ainsi que de permettre à d’autres catégories d’âge, chez les élèves, à reprendre le chemin de l’école – tandis que les centres commerciaux, les salles de gym, les chambres d’hôtel, les musées, les événements culturels et plus seront accessibles aux citoyens possédant un « passeport vert », soit un document d’autorisation qui sera remis aux personnes ayant été vaccinées ou ayant guéri de la COVID-19.

Ce passeport pourrait inclure les personnes ayant eu un test négatif au coronavirus datant des 48 à 72 heures précédentes – même si cette question et les ratifications légales de la limitation, pour certains citoyens, de l’accès à certaines activités sont encore à l’étude.

Mais Ash a confirmé que dans les activités non-essentielles, la « préférence sera certainement donnée aux personnes vaccinées ».

Jusqu’à présent, 3 765 771 Israéliens ont reçu au moins la première dose du vaccin Pfizer-BioNtech – celui qui est utilisé en Israël – et 2 396 547 ont d’ores et déjà reçu la deuxième dose, soit presque un quart de la population. Plus de 700 000 cas ont été diagnostiquées.

Des gens marchent sur Jaffa Street à Jérusalem, le 11 février 2021. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

Même si Israël est leader dans le nombre de vaccinations par tête dans le monde, la campagne de vaccination a ralenti de manière considérable ces derniers jours. Une responsable de la plus importante caisse d’assurance-maladie a attribué la responsabilité de ce décrochage aux infox poussant au scepticisme anti-vax sur internet.

La prochaine phase de réouverture, a confirmé Ash, est prévue le 9 mars, et ce sera le cas si les chiffres des infections et de la vaccination restent conformes aux objectifs prédéfinis. Cette réouverture devrait impliquer le retour de tous les élèves dans les écoles, la reprise des activités de certains cafés et restaurants et une autorisation donnée aux évènements plus importants – pour les personnes détentrices du « passeport vert ».

Ash a demandé aux entreprises frappées de plein fouet par les confinements prolongés de « s’accrocher » encore un petit peu.

« On n’est pas loin maintenant, c’est là, tout près, c’est une histoire de moins de deux semaines. Nous avons besoin de cette démonstration supplémentaire de patience de manière à pouvoir ensuite rester ouverts à long-terme », a-t-il déclaré.

Alors qu’il lui était demandé si la fête de Pessah, cette année – elle devrait débuter le 28 mars – pourrait être célébrée sans restrictions (l’année dernière, le « Leil Haseder », repas rituel de Pessah fêté en grande pompe qui rassemble la plus grande partie des Israéliens, avait hérité du sobriquet « Leil Haseger » – Veille de confinement), Ash s’est montré réservé.

« Pas sans limitations », a-t-il répondu. « Les limitations vont probablement encore rester. Mais j’espère véritablement que nous serons en mesure de célébrer Pessah en compagnie de nos familles plus librement, et ce sera très certainement le cas en comparaison avec l’année dernière ».

Les personnels médicaux de l’hôpital Soroka avant un seder à Pessah, à Beer Sheva, le 8 avril 2020. (Crédit : ministère de la Santé)

En revanche, la fête de Pourim, le 25 février, est une source d’inquiétude, a noté Ash. Cette fête est habituellement marquée par de grandes fêtes costumées et des réjouissances dans les communautés religieuses et laïques. L’année dernière, Pourim aurait contribué de manière majeure à la première vague d’infections à la COVID-19 au sein de l’Etat juif.

Ash a indiqué qu’il espérait qu’il ne serait pas nécessaire d’imposer des restrictions à Pourim, mais que cela pourrait être toutefois le cas si le nombre de malades devait empirer.

« Nous nous sommes gravement brûlés au dernier Pourim », a-t-il estimé.

S’exprimant au micro de la radio militaire, vendredi, un haut-conseiller gouvernemental dans la crise du coronavirus, le professeur Ran Balicer, a expliqué que les autorités prenaient en compte une hausse certaine du nombre de cas lorsque le pays se rouvrira davantage.

Mais, a-t-il dit, « notre objectif, pour le moment, n’est pas de faire baisser le nombre des infections mais de mettre en place une stabilité, ou quelque chose qui s’approche de la stabilité ».

Il a ajouté que « la hausse du nombre de personnes gravement malades, c’est, en fin de compte, le facteur qui détermine tout le reste. C’est tout ce qui compte, c’est ce que nous voulons absolument prévenir ».

Un employé du secteur de la santé administre une dose de vaccin contre la COVID-19 Pfizer-BioNtech à Jérusalem-Est, le 3 février 2021. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Il semble qu’il y ait eu de bonnes nouvelles sur ce front – une caisse d’assurance-maladie israélienne, la Maccabi, ayant annoncé jeudi que sur le demi-million de doses approximativement administrées à ses adhérents, seulement 544 personnes – ou 0,1 % – avaient été diagnostiquées ensuite porteuses du coronavirus, et qu’il n’y avait eu aucun mort.

Ce qui signifie que le taux d’efficacité du vaccin est de 93 %, a annoncé la Maccabi, jeudi, après avoir comparé ses membres immunisés à un groupe de contrôle « diversifié » constitué d’Israéliens non-vaccinés.

La protection totale des personnes qui ont été vaccinées intervient, selon les estimations, sept jours après l’administration de la deuxième dose – et les données réunies par Maccabi englobent donc tous ses adhérents ayant reçu la seconde dose il y a une semaine ou plus.

« Ces données prouvent sans ambigüité que le vaccin est très efficace et nous ne doutons pas du fait qu’il a sauvé la vie de nombreux Israéliens », a déclaré la docteure Miri Mizrahi Reuveni, haute-responsable à la caisse d’assurance-santé Maccabi, après que les données ont été rendues publiques.

Elle a souligné que chez les personnes vaccinées et qui ont été infectées ensuite, la vaste majorité n’avait connu qu’une forme légère de la COVID-19.

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