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Assad a donné son feu vert à l’utilisation de gaz de chlore à Idlib

Les Etats-Unis envisagent des représailles pour l’attaque chimique mais aucune décision n’a encore été prise concernant d’éventuelles actions militaires

Les suites d'un bombardement des forces gouvernementales syriennes dans la ville d'Al Habit, au sud de la province d'Idlib, aux mains des rebelles, le 9 septembre 2018 (Crédit : AFP Photo/Omar Haj Kadour)
Les suites d'un bombardement des forces gouvernementales syriennes dans la ville d'Al Habit, au sud de la province d'Idlib, aux mains des rebelles, le 9 septembre 2018 (Crédit : AFP Photo/Omar Haj Kadour)

Le président syrien Bashar el-Assad a autorisé ses forces à utiliser du gaz de chlore dans l’attaque sur le dernier bastion rebelle important du pays, selon des informations du Wall Street Journal de dimanche.

Ces derniers jours, les avions syriens et russes ont pilonné la province d’Idlib alors que le gouvernement a lancé une offensive pour reprendre la zone après qu’un sommet organisé en Iran et regroupant les acteurs clefs de conflit n’a pas permis de faire émerger une solution.

La semaine dernière, le président américain Donald Trump a averti le régime syrien, avec ses alliés russes et iraniens, de ne pas mener l’offensive. De son côté, le Département d’Etat a déclaré, à l’approche d’une visite d’officiels américains en Israël plus tôt ce mois, que les Etats-Unis répondront à n’importe quelle attaque chimique des forces d’Assad.

Selon l’article du journal, qui citait des officiels américains anonymes, le Pentagone met au point des réponses militaires à l’utilisation syrienne d’armes chimiques mais aucune décision n’a été prise par Trump concernant une éventuelle action militaire ni si cela impliquerait de frapper les forces iraniennes et russes qui soutiennent Assad en Syrie.

L’article précisait que des mesures non militaires, comme des sanctions économiques sont également envisagées.

« Nous n’avons pas dit que les Etats-Unis n’utiliseraient pas l’armée en réponse à cette offensive, a déclaré un officiel de l’administration. Nous avons des outils politiques et économiques à notre disposition. Il y a de nombreuses façons de répondre si Assad agissait de manière dangereuse et irréfléchie ».

Une fillette syrien tient un masque à oxygène devant le visage d’un bambin dans un hôpital de campagne, après une attaque à l’arme chimique présumée, dans la ville de Douma, aux mains des rebelles, dans la Ghouta orientale, en périphérie de Damas, le 22 janvier 2018. (Crédit : AFP / HASAN MOHAMED

A en croire l’article, si les services américains de renseignement ont suggéré qu’Assad avait donné son accord pour utiliser du gaz de chlore dans l’attaque d’Idlib, il n’était pas clair quant à savoir s’il avait aussi autorisé l’utilisation d’un gaz sarin encore plus mortel.

En avril dernier, les Etats-Unis ont lancé des dizaines de missiles sur une base aérienne syrienne après la mort de nombreuses victimes dans une attaque au gaz sarin sur Khan Sheikhoun à Idlib.

Samedi, le chef d’État-Major des armées des Etats-Unis a déclaré qu’il « dialogue constamment » avec Trump sur les possibles suites militaires au cas où le régime syrien utiliserait des armes chimiques à Idlib.

Joseph Dunford a déclaré à des journalistes à New Dehli qu’aucune décision finale n’a encore été prise, selon Reuters.

« Nous dialoguons constamment avec le président pour nous assurer qu’il est tenu au courant de la situation en ce qui concerne la préparation des représailles en cas d’utilisation d’armes chimiques », a déclaré Dunford.

Selon Reuters, il a ensuite ajouté : « Il attend que nous ayons des options militaires prêtes et nous le tenons informé sur l’avancée de ces options militaires ».

La semaine dernière, les Etats-Unis ont prévenu la Syrie d’une réponse « rapide et appropriée » si le pays utilisait des armes chimiques contre son peuple.

« Soyons bien clairs, si le président Bashar Assad choisit d’avoir à nouveau recours aux armes chimiques, les Etats-Unis et leurs alliés organiseront une réponse rapide et appropriée », a déclaré Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de la Maison blanche, dans un communiqué.

De la fumée s’élève lors de bombardements gouvernementaux sur la ville de Kafr Ain, à l’est de Khan Sheikhoun, au sud de la la province d’Idlib, le 7 septembre 2018 (Crédit : AFP Photo/Anas Al-Dyab)

Les Nations unies ont averti qu’une campagne militaire à Idlib pourrait faire fuir jusqu’à 800 000 personnes de leurs maisons.

Les dirigeants alliés du régime, la Russie et l’Iran, ont rencontré à Téhéran le président de Turquie qui soutient les rebelles, mais ils n’ont pas réussi à obtenir un accord afin d’éviter un assaut militaire.

La région d’Idlib et des zones adjacentes, tenus par les rebelles, sont le foyer de presque 3 millions de personnes, dont la moitié a été déplacée vers d’autres zones dans le pays, selon les Nations unies.

Les troupes du régime se regroupent autour d’Idlib depuis plusieurs semaines, après qu’Assad a repris le contrôle des autres zones du pays plus tôt cette année.

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