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« Atomiser Gaza »: L’Arabie saoudite, la Jordanie et la Ligue arabe fustigent Amichaï Eliyahu

Les propos du ministre du Patrimoine suscitent un tollé international, Ryad estimant que le refus de le renvoyer témoigne d'un "mépris pour toutes les valeurs de l'humanité"

Le ministre du Patrimoine Amichaï Eliyahu, au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 8 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le ministre du Patrimoine Amichaï Eliyahu, au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 8 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

L’Arabie saoudite, la Jordanie et l’Autorité palestinienne (AP) ont réagi dimanche avec colère aux propos du ministre du Patrimoine Amichaï Eliyahu indiquant qu’une des options d’Israël pour s’attaquer au Hamas à Gaza pourrait être de « atomiser Gaza« , condamnant le gouvernement pour ne pas l’avoir immédiatement limogé.

Ryad a déclaré que le commentaire d’Eliyahu « montre à quel point l’extrémisme et la brutalité ont pénétré le gouvernement israélien ». Le fait qu’Eliyahu n’ait été que suspendu et non immédiatement licencié, poursuit la déclaration saoudienne, « reflète le mépris du gouvernement israélien pour toutes les valeurs de l’humanité, de la moralité, de la religion et de la loi ».

Plus tôt dans la journée de dimanche, en réponse à une question posée lors d’une interview à la radio,  Eliyahu avait indiqué que l’une des options d’Israël dans la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas pourrait être de larguer une bombe nucléaire sur la bande de Gaza.

« Vous espérez que demain matin, nous larguions une sorte de bombe nucléaire sur toute la bande de Gaza, l’aplatissant, éliminant tout le monde (…) », a suggéré l’animateur de la radio Kol Berama.

« Ce serait une façon de procéder », a répondu Eliyahu. « La deuxième solution consiste à déterminer ce qui est important pour eux, ce qui les effraie, ce qui les dissuade (…). Ils n’ont pas peur de la mort. »

Lorsqu’on a fait remarquer au ministre que plus de 240 otages étaient actuellement détenus dans la bande de Gaza, Eliyahu a redoublé d’ardeur : « Je prie et j’espère qu’ils reviendront, mais il y a un prix à payer en temps de guerre », a-t-il déclaré. « Pourquoi la vie des personnes enlevées, dont je souhaite vraiment la libération, est-elle plus importante que celle des soldats et des personnes qui seront assassinées plus tard ? »

Les commentaires ont été rapidement désavoués par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a également suspendu le ministre des réunions du cabinet. Des journalistes ont par la suite souligné qu’Eliyahu participait toujours aux votes aux votes organisés par le cabinet dimanche soir, en distanciel.

Le chef de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a déclaré que les propos d’Eliyahu révélaient « qu’Israël possède des armes nucléaires, ce qui est un secret de polichinelle ». Il a ajouté que ce commentaire « confirme la véracité du point de vue raciste des Israéliens à l’égard des Palestiniens. C’est le vrai visage du gouvernement d’occupation ».

Des Palestiniens fouillant les décombres d’un bâtiment effondré à la recherche de survivants après une frappe de l’armée israélienne à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 4 novembre 2023. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

La Jordanie a déclaré que les remarques du ministre étaient un « appel au génocide et un crime de haine » contre les Palestiniens.

Et le ministère des Affaires étrangères de l’AP a également publié une déclaration disant que les propos « du ministre fasciste Eliyahu sont une déclaration honnête et une reconnaissance claire de ce que l’État occupant [Israël] fait contre notre peuple (…) en particulier à Gaza ».

Dans l’interview de dimanche, Eliyahu a également exprimé son objection à l’autorisation de toute aide humanitaire à Gaza. « Nous n’aurions pas fourni d’aide humanitaire aux nazis. « Il n’y a pas de civils non impliqués dans la bande de Gaza », a-t-il ajouté.

Il est également favorable la reprise du territoire de la bande de Gaza et au rétablissement des implantations qui s’y trouvaient avant qu’Israël ne se retire unilatéralement de la zone en 2005. Interrogé sur le sort de la population palestinienne, il estime qu’ils « peuvent aller en Irlande ou dans les déserts ; les monstres de Gaza devraient trouver une solution par eux-mêmes ».

Netanyahu s’est empressé de désavouer l’affirmation d’Eliyahu selon laquelle le largage d’une bombe nucléaire sur la bande de Gaza était une possibilité.

« Les propos d’Amichaï Eliyahu sont détachés de la réalité » , a déclaré Netanyahu dans un communiqué.

« Israël et les forces israéliennes agissent conformément aux normes les plus élevées du droit international afin d’empêcher que des personnes non impliquées ne soient blessées, et nous continuerons à agir de la sorte jusqu’à la victoire. »

Le rabbin Amichai Eliyahu, à droite, 4eme sur la liste d’extrême-droite Otzma Yehudit aux élections législatives israéliennes de 2022 qui auront lieu le 1er novembre. (Crédit : Capture d’écran/YouTube)

Le ministre a également été condamné par le ministre de la Défense Yoav Gallant, le ministre Benny Gantz et le chef de l’opposition Yaïr Lapid, qui ont appelé Netanyahu à renvoyer Eliyahu immédiatement.

Plus tard, Eliyahu a tenté de revenir sur son affirmation, en tweetant « qu’il est clair pour toutes les personnes sensées que la déclaration sur la bombe atomique était métaphorique ».

« Cependant, une réponse forte et disproportionnée au terrorisme est absolument nécessaire, ce qui montrera clairement aux nazis et à leurs partisans que le terrorisme ne paie pas », a-t-il écrit.

Le ministre d’extrême-droite a l’habitude de tenir des propos incendiaires et offensants.

Au début de l’année, il avait qualifié le gouverneur de la Banque centrale d’Israël, Amir Yaron, de « sauvage » et a déclaré qu’il causait du tort à l’État d’Israël et qu’il devait être licencié, après que Yaron eut tiré la sonnette d’alarme au sujet du programme controversé de refonte du système judiciaire annoncé par le gouvernement.

En avril, il avait accusé les hauts responsables de la sécurité de s’être « rebellés » contre la coalition.

Gianluca Pacchiani, Jacob Magid et l’AFP ont contribué à cet article.

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