Avec Amona et le nouveau radiodiffuseur, la Knesset reprend sur un terrain glissant
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Avec Amona et le nouveau radiodiffuseur, la Knesset reprend sur un terrain glissant

Alors que la session parlementaire d’hiver commence, les divisions entre Netanyahu et ses ministres menacent de secouer la stabilité de la coalition

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Moshe Kahlon, président de Koulanou (à gauche), Naftali Bennet, chef de HaBayit HaYehudi (au centre) et Aryeh Deri, dirigeant de Shas ( à droite) pendant une session parlementaire où le Premier ministre Benjamin Netanyahu a proposé son gouvernement à un vote de confiance, à la Knesset, le 14 mai 2015. (Crédit : AFP/Pool/Jim Hollander)
Moshe Kahlon, président de Koulanou (à gauche), Naftali Bennet, chef de HaBayit HaYehudi (au centre) et Aryeh Deri, dirigeant de Shas ( à droite) pendant une session parlementaire où le Premier ministre Benjamin Netanyahu a proposé son gouvernement à un vote de confiance, à la Knesset, le 14 mai 2015. (Crédit : AFP/Pool/Jim Hollander)

La Knesset a ouvert lundi sa session d’hiver après une pause de trois mois, et le destin de l’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie, et du nouveau radiodiffuseur public agacent déjà la coalition.

Avec le début de la nouvelle session, le compte à rebours a commencé pour l’approbation gouvernementale d’un budget pour deux ans d’ici la fin de l’année. D’autre part, la date limite pour la démolition d’Amona ordonnée par la Cour suprême est fixée au 25 décembre.

L’évacuation menaçante d’Amona est une situation politique difficile pour ce qui a été décrit comme le gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël. Le parti HaBayit HaYehudi et la plupart des membres du Likud ont promis de bloquer le démantèlement de l’avant-poste de presque 20 ans, que la cour a jugé en 2014 construit sur des terrains palestiniens privés.

Dimanche, le parti HaBayit HaYehudi a tenté de porter au vote de la commission des lois un projet de loi controversé pour légaliser l’avant-poste et dédommager les propriétaires palestiniens, une législation jugée « inconstitutionnelle » par le procureur général.

Après l’intervention du Premier ministre Benjamin Netanyahu, les dirigeants des partis de la coalition ont accepté de repousser le vote d’une semaine.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 30 octobre 2016. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 30 octobre 2016. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool)

Mais avec la plupart des ministres du Likud en faveur du projet de loi contesté, et les projets alternatifs de relocalisation des habitants d’Amona ailleurs en Cisjordanie qui ne semblent pas avancer ou être soutenus par les dirigeants des habitants des implantations, on ignore encore comment Netanyahu réussira à se sortir d’une crise imminente de la coalition avec HaBayit HaYehudi et son propre parti, le Likud, si l’évacuation devait se faire, sans passer par-dessus l’avis du procureur général ni contourner l’ordre de la cour.

Parallèlement, le Premier ministre cherche à gagner du temps pour repousser la démolition de six mois.

Dimanche, Netanyahu a également annoncé qu’il présenterait au vote du cabinet à la réunion de dimanche prochain un projet de loi pour fermer le nouveau radiodiffuseur public, pas encore opérationnel, mais qui a cependant été mis en place par une loi du Likud. La législation du député du Likud qui préside la coalition, David Bitan, coûterait au trésor quelque 400 millions de shekels, selon un reportage diffusé dimanche soir par la Deuxième chaîne.

Une famille dans les rues de l'avant-poste juif d'Amona, en Cisjordanie, le 28 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Une famille dans les rues de l’avant-poste juif d’Amona, en Cisjordanie, le 28 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le nouveau projet de loi, qui entraînerait des licenciements massifs pour le nouveau radiodiffuseur public, « Kan », a ouvert la voie à de nouvelles accusations contre le Premier ministre, qui chercherait à museler les journalistes qui critiquent ses politiques.

Les partisans de la fermeture citent pour leur part le coût du diffuseur public pour l’Etat comme raison principale pour le fermer. Mais Bitan lui-même a reconnu que la tendance politique présumée des journalistes embauchés par Kan jusqu’à présent est responsable de ses efforts pour l’empêcher d’arriver à l’antenne. Le nouveau radiodiffuseur « a été piraté par des figures de gauche, qui s’opposent au gouvernement », a-t-il déclaré samedi à la Deuxième chaîne. Dimanche, Bitan a déclaré à la radio publique israélienne que Netanyahu était déterminé à le fermer.

Les partis HaBayit HaYehudi, Koulanou et Shas seraient contre sa fermeture, tout comme l’ancien ministre des Communications Gilad Erdan (Likud). Cependant, dans le cadre des accords de coalition, les partis doivent voter les réformes des médias soutenues par Netanyahu. Moshe Kahlon, ministre des Finances et président de Koulanou, était absent, apparemment en signe de protestation, de la réunion de dimanche sur le sujet avec Netanyahu et les dirigeants des partis de la coalition.

Mais Kahlon aura probablement besoin de l’aide de Netanyahu pour faire avancer son budget avant la fin de l’année, ainsi que son projet personnel d’un impôt sur les appartements des propriétaires immobiliers à partir du troisième logement détenu, qui s’est montré controversé.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec le ministre des Finances Moshe Kahlon lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 11 août 2016. (Crédit : Emil Salman/Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec le ministre des Finances Moshe Kahlon lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 11 août 2016. (Crédit : Emil Salman/Pool)

Alors que la Knesset redémarre, en ce qui concerne la stabilité de la coalition, beaucoup dépendra de si Netanyahu peut trouver un compromis avec Kahlon sur le budget et le radiodiffuseur public, et avec le parti HaBayit HaYehudi de Naftali Bennett sur Amona.

Ainsi, le futur de la coalition gouvernementale semble de plus en plus précaire et la session à venir sera probablement la plus mouvementée pour ce gouvernement de presque 18 mois.

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