Israël en guerre - Jour 230

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Avec la guerre du Hamas, les militants pro-port d’arme suscitent un regain d’intérêt

Une pétition en ligne réclamant un assouplissement des règles de détention d'une arme a été signée par 22 000 personnes en l'espace de vingt-quatre heures

un homme tire au pistolet dans une salle de Katzrin, sur le plateau du Golan, le 31 janvier 2023. (Crédit :  Jalaa Marey/AFP)
un homme tire au pistolet dans une salle de Katzrin, sur le plateau du Golan, le 31 janvier 2023. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Au troisième jour de la guerre d’Israël contre le groupe terroriste palestinien du Hamas, et alors que les esprits sont hantés par les images traumatisantes d’hommes armés du Hamas semant sans entrave l’horreur sur le territoire israélien, des images qui ont largement circulé, certains citoyens ont lancé des campagnes en faveur d’un assouplissement des lois sur la détention d’arme dans le pays pour permettre aux résidents d’en posséder plus facilement.

Cet assouplissement des règles sur la rétention d’arme est défendu depuis longtemps par le ministre de la Sécurité nationale d’extrême-droite, Itamar Ben Gvir, ainsi que par certains politiciens de droite à tendance libertaire – mais la question n’a jamais réellement pris de l’importance malgré des informations occasionnelles évoquant des discussions de haut-rang sur le sujet.

Le contrôle des armes, au sein de l’État juif, est relativement strict et les permis de détention d’arme ne sont généralement accordés qu’aux personnes pouvant prouver qu’elles ont besoin d’une sécurité supplémentaire dans le cadre de leur travail ou de leur quotidien. De manière plus simple, l’un des critères déterminants pour obtenir un tel permis est le lieu de résidence.

Ce qui pourrait dorénavant changer, explique le rabbin Raz Blizovsky, 32 ans, de Katzrin, un activiste qui a pris part à des discussions de terrain sur le sujet de la détention d’arme.

« Les opinions changent et il y a dorénavant une prise de conscience plus importante », dit-il au Times of Israel. Il est insensé, ajoute-t-il, qu’un habitant de Tel Aviv n’ait pas droit à une arme, contrairement à un résident du Golan. « Il y a des attentats terroristes dans les deux [endroits] », souligne-t-il.

Le rabbin Raz Blizovsky. (Autorisation)

« C’est malheureux que les choses se soient passées comme ça », déplore-t-il, évoquant l’attaque dévastatrice des terroristes du Hamas dans le sud du pays. « J’ai été impliqué dans des groupes qui parlent de la question depuis des années. Personne ne fait rien quand tout est calme. »

Dimanche matin, vingt-quatre heures après le début de l’assaut meurtrier du Hamas, Blizovsky a lancé plusieurs groupes WhatsApp pour les Israéliens qui souhaitent avoir un accès plus facile aux armes. Ils ont attiré environ 4 000 membres en l’espace de vingt-quatre heures. Une pétition créée sur internet, afin de solliciter le gouvernement sur le sujet, a réuni environ 8 000 signatures en une journée également.

Si un plus grand nombre de personnes peuvent avoir accès à des armes, les scènes horribles qui ont été vues dans les communautés adjacentes à la Bande de Gaza auraient pu être évitées, dit-il. Un grand nombre de gens sont entrés en contact avec lui, ces derniers jours, désireuses d’avoir une arme, dit-il – et notamment des membres de la communauté druze qui, pour un grand nombre, ont servi dans des unités de combat au sein de Tsahal et qui pourtant, après leur service, n’ont pas été en capacité d’obtenir un permis de port d’arme.

« Le principal critère doit être : L’individu concerné a-t-il un casier judiciaire ? », estime-t-il. « C’est facile de donner une arme à quelqu’un qui a été formé dans l’armée mais si la personne est rappelée pour son devoir de réserve, comment cela aide-t-il sa famille ou sa communauté ? »

En Israël, l’arme habituellement autorisée est un pistolet avec une limite de 50 balles. Pour obtenir un permis, il faut avoir un certain âge, vivre ou travailler dans un secteur nécessitant une sécurité supplémentaire, et ne pas avoir de casier judiciaire. Il faut également faire une formation et les antécédents du candidat au permis sont examinés, entre autres.

Il faut aussi savoir parler hébreu suffisamment bien « pour comprendre un interrogatoire, pour comprendre les instructions et pour pouvoir gérer l’enregistrement requis », selon un calculateur de qualification qui figure sur le site internet du ministère de la Sécurité nationale, chargé de l’enregistrement des permis de détention d’arme.

Les activistes demandent un assouplissement des règles de manière à ce que le citoyen moyen ait plus de facilité à obtenir un permis, indépendamment de sa profession ou de sa localisation. Une autre pétition en ligne (en hébreu), qui vise à exercer des pressions sur le gouvernement pour qu’il autorise « un permis de détention d’arme pour tous ceux qui ont servi au sein de Tsahal et qui n’ont pas de casier judiciaire », a réuni, depuis dimanche, jour où elle a été lancée, environ 22 000 signatures numériques.

Ben Gvir avait demandé que cette politique soit renforcée suite à une série d’attentats terroristes meurtriers commis au début de l’année. Au mois de février, il avait donné pour instruction au département chargé des permis de port d’arme d’œuvrer à accélérer le processus, conformément à la procédure d’urgence.

Les critiques ont averti qu’un plus grand nombre d’armes en circulation induira de risques significatifs – suicides, violences faites aux femmes, incidents de violences routières ou meurtres. Mais pour des activistes comme Blizovsky, il y a d’ores et déjà beaucoup d’armes dans les rues israéliennes – « tout le monde pouvant se rendre sur le marché noir sur Telegram », note-t-il.

« Qui a un pistolet ? Les terroristes et tous les criminels. Qui n’en a pas ? Les contribuables, ceux qui respectent la loi. Le gouvernement fait davantage confiance aux criminels armés qu’à ses propres citoyens », déclare Yoel Israel, directeur-général d’une agence de marketing digital, au Times of Israel. Israel est actif dans les cercles politiques libertaires et sur les réseaux sociaux et, lors des cycles électoraux passés, il a accueilli des réunions dans son habitation Pardes Hannah en présence de personnalités telles que l’économiste Gilad Alper, qui a aussi réclamé des lois moins restrictives sur la détention d’arme.

« Je soutiens personnellement les citoyens et les individus face aux élites gouvernementales », explique Israel. « Je m’inquiète des droits de l’Homme et de la vie humaine. Les armes créent une égalité. Pourquoi mon épouse a-t-elle peur et pourquoi est-ce que je ne peux garder qu’un club de golf près de mon lit ? Cela n’a aucun sens. »

Le maire d’Ashod, Yehiel Lasry, dans une vidéo sur le port d’arme, le 8 octobre 2023. (Capture d’écran : used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Également en réponse à l’incursion en cours de Gaza, la ville d’Ashkelon a indiqué qu’elle allait établir « une force de police bénévole pour des contrôles à l’entrée de la ville », qui sera constituée de citoyens armés qui détiennent déjà des permis de port d’armes et qui travailleront aux côtés de la police locale et de l’armée.

Le maire d’Ashkelon, Yehiel Lasri, apparaissant avec un gilet pare-balle sur une vidéo sur Facebook qui annonçait l’initiative, a indiqué : « Nous sommes en guerre et nous devons tous nous mobiliser et prendre part à la défense de notre ville. Je demande à tous de continuer à se montrer vigilant (…). Nous continuerons tous à être forts. Oui, ensemble, nous l’emporterons. »

Au Gush Etzion, en Cisjordanie, les autorités locales ont indiqué qu’elles examinaient les moyens d’accélérer l’octroi de permis de port d’arme pour les résidents.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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