Beaucoup de soldats jugent qu’ils ne seront pas soutenus par leurs chefs en cas d’erreur
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Beaucoup de soldats jugent qu’ils ne seront pas soutenus par leurs chefs en cas d’erreur

Les données militaires indiquent que 4 % des soldats pensent que l’armée les abandonnerait s’ils commettaient une erreur en mission, mais les responsables de l’armée minimisent ces conclusions

Des soldats de la brigade des parachutistes s'entraînent au combat en porte-à-porte dans les zones inhabitées de Tzeelim, dans  le sud d'Israël, le 10 juillet 2014. Illustration. (Crédit : Flash90)
Des soldats de la brigade des parachutistes s'entraînent au combat en porte-à-porte dans les zones inhabitées de Tzeelim, dans le sud d'Israël, le 10 juillet 2014. Illustration. (Crédit : Flash90)

Moins de la moitié des soldats israéliens fait confiance à ses officiers en chef pour les soutenir totalement s’ils devaient faire une erreur en mission, selon des données présentées vendredi à la Knesset.

Les conclusions présentées à al commission de la Défense et des Affaires étrangères de la Knesset lors d’une discussion sur les taux d’enrôlement dans des unités de combat indiquaient que seulement 41 % des soldats israéliens font confiance à leurs chefs pour les soutenir.

Sur l’ensemble de l’armée, 51 % des soldats ont répondu la même chose.

Ces données préoccupent les députés de la commission.

« C’est le résultat de l’effet de notre propre dialogue social sur les jeunes gens, a déclaré un député de l’Union sioniste selon le quotidien Israël Hayom. Nous, à la Knesset, devrions être plus attentifs à ce que nous disons et comment nous les disons, parce que cela a des conséquences. »

Elor Azaria, le soldat israélien qui a tué un terroriste palestinien à Hébron, devant la cour avant la lecture de son verdict, à la Kirya, à Tel Aviv, le 4 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Elor Azaria, le soldat israélien qui a tué un terroriste palestinien à Hébron, devant la cour avant la lecture de son verdict, à la Kirya, à Tel Aviv, le 4 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La question est particulièrement sensible en raison de l’affaire du sergent Elor Azaria, le soldat de l’amée israélienne qui a été condamné le mois dernier pour homicide involontaire après avoir tué un terroriste palestinien à Hébron l’année dernière. Dans sa défense, il a affirmé que l’armée se servait de lui comme de bouc-émissaire, dans une affaire qui a profondément divisé le pays.

Le député du Likud Amir Ohana a déclaré que le « fait que la plupart des soldats combattants pensent qu’ils ne seront pas soutenus s’ils font une erreur est alarmant, et indique un changement dans la vision de l’armée, maintenant perçue avec crainte. »

Pourtant, le colonel Eran Shani, qui dirige le Département de gestion et de prévoyance des Ressources humaines de l’armée, a affirmé que les données n’étaient peut-être pas aussi alarmantes qu’elles le semblent.

Shani a déclaré que si le nombre était bas, cela s’explique parce que cette question a été posée dans une enquête annuelle en 2016 qui a été menée seulement quelques semaines après l’incident de Hébron.

En outre, Shani a noté que c’était la première fois que la question était posée aux soldats, et qu’il n’existe pas de données antérieures pour les comparer.

« Il n’y a pas une tendance de tensions dans le dialogue entre les soldats et les commandants », a déclaré Shani à la commission.

Le chef d'Etat-major Gadi Eizenkot, au centre, pendant un exercice militaire sur le plateau du Golan, le 25 août 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de  l'armée israélienne)
Le chef d’Etat-major Gadi Eizenkot, au centre, pendant un exercice militaire sur le plateau du Golan, le 25 août 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

Après la condamnation ferme des actions d’Azaria par des hauts responsables militaires, y compris le chef d’Etat-major Gadi Eizenkot, des partisans d’extrême droite et certains politiciens ont accusé les responsables de la Défense d’avoir abandonné un des leurs.

La condamnation d’Azaria a lancé un débat très tendu en Israël, et beaucoup ont déclaré qu’il ne faisait que son devoir et qu’il a été pris comme bouc-émissaire par l’armée. Les hauts responsables de l’armée ont immédiatement condamné l’action, et le porte-parole de l’armée avait déclaré à l’époque : « ce n’est pas Tsahal, ce ne sont pas les valeurs de Tsahal, et ce ne sont pas les valeurs du peuple juif. »

Des politiciens de droite, y compris le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et l’ancienne présidente du Parti travailliste, la députée Shelly Yachimovich, se sont prononcés en faveur d’une grâce pour le soldat de la Brigade Kfir.

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