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Ben Gvir défend des extrémistes juifs, « des mômes adorables », lors d’une réunion

Le ministre de la Défense a accusé son collègue de se contenter de belles paroles sur l'ordre

Le ministre de la Défense Yoav Gallant, au centre, parle avec le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir à la Knesset, le 15 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de la Défense Yoav Gallant, au centre, parle avec le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir à la Knesset, le 15 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Une importante réunion qui devait être consacrée aux violences commises par les partisans du mouvement pro-implantation a été l’occasion d’échanges conflictuels et tendus mardi, alors qu’un ministre d’extrême-droite a minimisé les actions des extrémistes juifs qui ont saccagé des villes palestiniennes pendant plusieurs jours d’affilée, y faisant régner la terreur.

Aucune initiative n’a finalement été décidée lors de cette rencontre, qui avait été organisée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu – alors que le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir aurait bloqué toute condamnation officielle des déchaînements violents des partisans du mouvement pro-implantation, qu’il se serait opposé à d’éventuelles sanctions et qu’il aurait appelé à ce que des mesures de répression plus dures soient mises en œuvre contre les Palestiniens.

Ben Gvir a accusé d’hypocrisie les autres participants, leur disant qu’ils exagéraient les faits et il aurait estimé que les justiciers auto-proclamés étaient « des mômes adorables » passés violemment à l’âge adulte en raison de leur mise en détention administrative précoce.

« J’ai écopé moi-même d’une ordonnance de mise en détention à l’âge de 18 ans. Vous transformez des morveux en héros », aurait-il déclaré, des propos rapportés par la chaîne publique Kan.

La détention administrative est une politique controversée qui est utilisée par Israël et qui consiste à incarcérer des suspects sans autre forme de procès et sans mise en examen. Elle est rarement utilisée pour les suspects juifs – mais largement en ce qui concerne les Palestiniens soupçonnés de terrorisme. Ben Gvir a dénoncé son usage pour les prisonniers juifs, même s’il lui a apporté son soutien s’agissant des suspects Palestiniens et qu’il a même appelé à mettre en œuvre cette pratique dans le cadre de la lutte contre le crime organisé qui sévit dans la population arabe.

Lors de cette réunion qui a eu lieu mardi soir, Ben Gvir, chef du parti d’extrême-droite Otzma Yehudit, s’est principalement opposé au ministre de la Défense Yoav Gallant ainsi qu’au chef d’état-major Herzi Halevi et au responsable du Shin Bet, Ronen Bar.

Des agents de la Police des frontières empêchent des habitants d’implantations israéliennes d’entrer dans la ville palestinienne de Turmus Ayya, en Cisjordanie, le 21 juin 2023. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP)

Une rencontre qui a eu lieu vingt-quatre heures après qu’un groupe de partisans extrémistes du mouvement pro-implantation a bousculé et chassé un haut-responsable de l’armée qui avait tenté de transmettre un appel de condoléances à la famille de l’une des quatre victimes de l’attentat terroriste qui avait été perpétré aux abords de l’implantation d’Eli, la semaine dernière. La veille, la ministre des Implantations, Orit Strouk, avait estimé que les responsables des forces de sécurité qui, dans un communiqué, avaient déclaré que les attaques des extrémistes juifs relevaient du « terrorisme nationaliste », étaient comparables aux milices russes du groupe Wagner qui s’étaient rebellées, il y a quelques jours, contre le gouvernement russe.

Un rare communiqué émis conjointement par l’armée israélienne, par le Shin Bet et par la police des frontières avait ainsi déploré des actes « de terrorisme nationaliste », ajoutant que l’agence de sécurité du Shin Bet allait procéder « à un élargissement des arrestations, avec notamment des mises en détention administrative, contre les émeutiers qui agissent avec violence et de manière extrême au sein des villages palestiniens. »

Pendant la réunion de mardi, un officiel de la Défense qui n’a pas été identifié a dit à Ben Gvir : « Il y a un lien direct entre ce qui se dit et les condamnations timides des violences des partisans du mouvement pro-implantation et ce qui arrive sur le terrain », a indiqué le quotidien Haaretz.

Selon des propos de cette rencontre à huis-clos qui ont fuité auprès des médias, Netanyahu, Gallant et les chefs de l’armée et du Shin Bet auraient reproché à Ben Gvir d’apporter son soutien tacite aux récents événements.

Suite à l’attentat terroriste survenu la semaine dernière à Eli – une attaque à l’arme à feu qui avait fait quatre morts et quatre blessés – des centaines de résidents extrémistes du mouvement pro-implantation étaient entrés dans les villes palestiniennes du secteur à plusieurs occasions, terrorisant les résidents, ouvrant le feu, incendiant des habitations, des voitures et des champs, vandalisant les structures et agressant les habitants. Un Palestinien de 27 ans avait été tué au cours de ces émeutes dans des circonstances qui restent indéterminées. Huit personnes ont été arrêtées dans ce contexte et cinq personnes ont été présentées devant les juges dans la journée de lundi.

Une délégation regarde une maison incendiée pendant une visite de la ville de Turmus Ayya, en Cisjordanie, après un déchaînement de violences d’extrémistes du mouvement pro-implantation, le 23 juin 2023. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

Selon les médias, Netanyahu aurait dit à Ben Gvir que les raids des partisans du mouvement pro-implantation érodaient la légitimité d’Israël à l’international.

Bar, de son côté, aurait averti qu’il y a « un danger direct que les extrémistes du mouvement pro-implantation commettent des attaques de représailles contre les Palestiniens », selon Kan.

Pour sa part, Gallant a accusé Ben Gvir et les autres membres de son parti d’extrême-droite de se contenter de « belles paroles » concernant la loi et le maintien de l’ordre, les appelant à ouvertement condamner les violences des partisans du mouvement pro-implantation.

Ben Gvir a refusé, disant à Gallant, selon Haaretz, que le gouvernement n’avait émis « aucune condamnation des manifestants à Modiin, alors pourquoi le faire ici ? » – faisant référence à un rassemblement tumultueux qui était organisé mardi aux abords de l’habitation du ministre de la Justice Yariv Levin. A cette occasion, six personnes ont été arrêtées pour avoir incendié des pneus et bloqué des routes.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant, au centre, parle avec le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir à la Knesset, le 15 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

De son côté, Ben Gvir a critiqué avec force Gallant qui s’est entretenu au téléphone, mardi, avec le responsable de l’Autorité palestinienne al-Sheikh, disant que cet entretien avait consisté « à présenter des excuses à un terroriste ».

« C’est un terroriste qui a été condamné et qui est resté en prison pendant une décennie, et on lui téléphone pour se montrer agréable ?, » s’est étonné Ben Gvir.

« Nous ne devons pas nous comporter comme nos ennemis et prendre pour excuse que parce que les Arabes le font, nous pouvons le faire aussi », a rétorqué Gallant.

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