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Indignation après les propos d’Orit Strouk sur les responsables de la sécurité

"Qui êtes-vous ? Le groupe Wagner ?", a dit la ministre des Implantations, comparant les chefs de l'armée, du Shin Bet et de la police aux mercenaires russes de triste mémoire

La députée Orit Strouk lors d'une marche vers l'avant-poste illégal d'Evyatar, en Cisjordanie, près de Naplouse, le 10 avril 2023. (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)
La députée Orit Strouk lors d'une marche vers l'avant-poste illégal d'Evyatar, en Cisjordanie, près de Naplouse, le 10 avril 2023. (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)

La ministre d’extrême-droite Orit Strouk a comparé les responsables de Tsahal et de l’establishment sécuritaire israélien au groupe paramilitaire russe Wagner, lundi. Ces officiels israéliens avaient déclaré que les partisans du mouvement pro-implantation qui se sont livrés à des déchaînements multiples de violences dans les villes et dans les villages palestiniens, ces derniers jours, pratiquaient du « terrorisme dans le sens plein et entier du terme ».

« Ils ont émis un message au sujet du terrorisme juif. Qui êtes-vous ? Le groupe Wagner ? », a-t-elle interrogé, faisant référence aux mercenaires russes qui se sont récemment rebellés contre le président Vladimir Poutine.

« Qui êtes-vous pour transmettre un tel message au nez et à la barbe du gouvernement ? Est-ce qu’on va nous faire un sermon ? », a continué Strouk, ministre des Implantations et des Missions nationales au sein de la coalition de la ligne dure du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Suite à un attentat terroriste meurtrier la semaine dernière, des groupes de partisans du mouvement pro-implantation avaient incendié des voitures et des habitations dans plusieurs villes palestiniennes, ouvrant le feu et déchirant un livre qui se trouvait dans une mosquée – des actes qui s’étaient distinguées par une violence extrême.

Des actes qui avaient été qualifiés de « terrorisme nationaliste au sens plein et entier du terme » par le chef d’état-major de l’armée israélienne, Herzi Halevi, par le dirigeant du Shin Bet, Ronen Bar et par le commissaire de la police israélienne, Kobi Shabtai, dans un communiqué émis conjointement et rendu public samedi.

Strouk a tenu ces propos au micro de la station de radio Kol BaRama Haredi – des propos qui ont été repris par les médias israéliens. Elle a ajouté que si elle était défavorable aux actes d’agression et de destruction des partisans du mouvement pro-implantation, « c’est une honte et c’est un scandale de dire que ces événements relèvent du terrorisme nationaliste ».

S’exprimant devant les caméras de la chaîne publique Kan au sujet du déchaînement de violences survenu dans le village palestinien d’Umm Safa, en Cisjordanie, où plusieurs dizaines d’extrémistes juifs avaient ouvert le feu et incendié des habitations et des voitures, Strouk avait exhorté les émeutiers à la retenue tout en disant qu’Umm Safa était « un village de meurtriers ».

« Je pense qu’aucune circonstance n’autorise ce genre d’actes et j’utilise cette plateforme pour appeler tous ceux qui songent à se livrer à ce type de chose, à l’avenir, à ne pas le faire. Ce n’est pas notre façon de faire de porter atteinte aux gens de cette manière », avait dit Strouk.

« Dans un pays normal, ceux qui doivent passer à l’acte contre un village de meurtriers, ce sont les forces de sécurité », avait-elle ajouté.

Capture d’écran montrent des partisans du mouvement pro-implantation ouvrir le feu vers le village d’Umm Safa, en Cisjordanie, le 24 juin 2023. (Capture d’écran : Twitter : Used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Peu après ses propos, Strouk a présenté ses excuses pour avoir comparé les responsables de l’armée, du Shin Bet et de la police au groupe Wagner.

« Je ne reviendrai pas toutefois sur ma critique objective, celle que les chefs de nos forces de sécurité, aussi dévoués et aussi dignes d’appréciation soient-ils, doivent s’abstenir de faire des sermons en matière de moralité et qu’ils doivent se contenter de garantir la sécurité », a-t-elle poursuivi.

Strouk a été rapidement condamnée par les politiciens issus de l’opposition, qui ont fait part de leur indignation.

Le leader de l’opposition Yair Lapid a estimé que Strouk n’était pas digne d’être ministre pour son attaque lancée « contre les héros d’Israël ».

« Une ministre d’Israël qui compare le chef d’état-major de l’armée, le chef de la police et le dirigeant du Shin Bet à des mercenaires rebelles n’est pas respectable et il est impossible qu’elle continue à siéger au sein du gouvernement », a écrit Lapid sur Twitter.

« Netanyahu doit mettre un terme à cette folie et il doit freiner ses ministres irresponsables et délirants. Les citoyens d’Israël doivent leur vie au chef d’état-major Herzi Halevi, au commissaire de police Kobi Shabtai et au dirigeant du Shin Bet Ronen Bar, ces héros et ces gardiens d’Israël », a-t-il ajouté.

Le chef de l’opposition Yair Lapid prend la parole à l’université Reichman de Herzliya, le 15 juin 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le leader de HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, a appelé Netanyahu à limoger sans tarder sa ministre pour le « scandale moral » causé par ses propos.

« La comparaison entre les responsables de notre système de sécurité et le groupe Wagner est un scandale moral et c’est une atteinte à la sécurité de l’État. Netanyahu doit renvoyer dès aujourd’hui Orit Strouk de son poste. Chaque minute qu’elle passe en tant que ministre du gouvernement est un message d’anarchie sécuritaire, un clin d’œil lancé aux anarchistes et une attaque menée contre l’armée, le Shin Bet la police israélienne », a-t-il poursuivi.

« Nous ne devons pas nous contenter de condamnations. Le message doit être un passage à l’action. Le moment est venu de mettre un point final à l’anarchie que le gouvernement israélien est en train de répandre dans la sécurité de l’État », a-t-il expliqué.

Le député et chef du parti HaMahane HaMamlahti Benny Gantz fait une déclaration à la presse à Sderot, dans le sud d’Israël, le 3 mai 2023. (Crédit : Flash90)

Le présidente d’Avoda, Merav Michaeli, a fait remarquer que Netanyahu avait lui-même donné à Strouk un siège à la table du cabinet.

« Netanyahu a amené Orit Strouk, la représentante des ‘Jeunes des collines‘ qui commettent ces actes de terrorisme, à la table du cabinet – ce n’est pas étonnant qu’elle s’en prenne aux responsables de l’establishment israélien de la sécurité », a-t-elle écrit sur Twitter.

« Nous ne sommes pas du même bord. Elle est du côté des soutiens du terrorisme », a-t-elle continué.

La cheffe du parti Avoda Merav Michaeli lors d’une réunion de faction à la Knesset, le 2 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Strouk n’a pas été la seule ministre d’extrême-droite, au sein du gouvernement de Netanyahu, à rejeter les critiques dures faites par les militaires et par l’establishment de la Défense à l’encontre du « terrorisme » des partisans extrémistes du mouvement pro-implantation.

« La tentative visant à mettre sur le même plan le terrorisme arabe meurtrier et les représailles des civils israéliens, indépendamment de leur degré de gravité, est moralement une faute et elle est dangereuse au niveau pratique », avait écrit sur Twitter le ministre des Finances Bezalel Smotrich, chef du parti d’extrême-droite Hatzionout HaDatit auquel Strouk appartient, dans la journée de dimanche.

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir qui, vendredi, avait appelé les partisans du mouvement pro-implantation à « courir vers les collines » pour y établir et développer des avant-postes en réponse au terrorisme palestinien, avait déclaré que les forces de l’ordre devaient faire appliquer la loi de manière égalitaire entre les communautés et ne pas « choisir » où faire respecter le droit ou non.

Le ministre d’extrême-droite avait indiqué qu’il était inacceptable que les détentions administratives, par exemple, « soient utilisées contre les partisans du mouvement pro-implantation et pas contre les criminels qui sévissent dans la communauté arabe ».

Quelques heures après l’attentat terroriste qui avait eu lieu après de l’implantation d’Eli, le 20 juin – une attaque qui avait coûté la vie à quatre Israéliens – un nombre encore indéterminé de résidents d’implantation s’étaient livrés à un déchaînement de violences dans plusieurs villes palestiniennes de Cisjordanie, notamment à Huwara, une localité qui avait déjà été victime de ce type de représailles, au début de l’année, après un attentat qui avait fait deux morts, deux jeunes frères israéliens.

Peu après les funérailles des victimes de l’attentat d’Eli, le lendemain, des centaines d’extrémistes juifs étaient entrés dans les villes palestiniennes de Turmus Ayya et d’Urif, ouvrant le feu sur les résidents ; incendiant voitures, habitations et champs et semant la terreur sur leur passage. Un Palestinien âgé de 27 ans, Omar Qattin, avait perdu la vie dans des circonstances qui restent encore indéterminées.

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