Rechercher

Bennett appelle à étendre la liste des pays rouges

Pour combattre Omicron, le Premier ministre ne prévoirait pas d’interdire tous les voyages internationaux

Le Premier ministre Naftali Bennett à l'aéroport Ben Gurion, le 22 juin 2021. (Flash90)
Le Premier ministre Naftali Bennett à l'aéroport Ben Gurion, le 22 juin 2021. (Flash90)

Le Premier ministre Naftali Bennett a exhorté les ministres à soutenir l’ajout de destinations interdites aux Israéliens alors qu’Israël se prépare à une vague de nouvelles infections au COVID-19 causées par le variant Omicron.

Naftali Bennett ne prévoit pas d’interdire tous les voyages internationaux mais souhaite allonger la liste des pays rouges, a rapporté Haaretz dimanche.

Le cabinet devrait examiner dimanche l’ajout de pays à cette liste, dont les États-Unis, le Canada, l’Allemagne et la Turquie.

La liste complète, qui comprend également le Portugal, le Maroc et la Hongrie, sera soumise à l’approbation du cabinet, ces pays devant alors être inscrits sur la liste des pays interdits de vol d’ici la fin de la semaine. Le Royaume-Uni, le Danemark, la France, l’Espagne, les Émirats arabes unis, l’Irlande, la Norvège, la Finlande et la Suède figurent déjà sur la liste.

Les Israéliens qui reviennent de pays « rouges » doivent entrer en quarantaine dans des hôtels gérés par l’État jusqu’à ce que leur premier test COVID revienne négatif, après quoi ils peuvent s’isoler sept jours à domicile, même s’ils sont entièrement vaccinés. Les personnes souhaitant se rendre dans les pays de la liste « rouge » doivent d’abord obtenir une autorisation spéciale d’un comité gouvernemental.

Le ministre de la Santé, Nitzan Horowitz, a déclaré dimanche que les restrictions étaient nécessaires pour « gagner du temps » pour la campagne de vaccination.

« Nous sommes confrontés à une nouvelle situation. La plupart des infections d’Omicron proviennent de l’étranger, nous devons donc limiter le taux d’entrée du virus en Israël afin de gagner du temps et de vacciner autant que possible avant que la propagation ne se produise également en Israël », a déclaré Nitzan Horowitz à la radio militaire.

Travelers walk with their luggage in the Ben Gurion Airport near Tel Aviv, Israel, Sunday, Nov. 28, 2021. Israel on Sunday approved barring entry to foreign nationals and the use of controversial technology for contact tracing as part of its efforts to clamp down on a new coronavirus variant. (AP Photo/Ariel Schalit)

Les critiques se sont multipliées ces dernières semaines envers Naftali Bennett pour les mesures politiques qu’il a prises. Mais selon Haaretz, il pense avoir gagné le temps nécessaire pour ralentir l’entrée de la variante hautement contagieuse dans le pays, donnant aux scientifiques une fenêtre pour l’étudier ainsi que du temps pour avancer dans la campagne de vaccination et de rappel.

Selon Haaretz, Naftali Bennett devrait se concentrer sur la vaccination des enfants, dont environ un million ne sont pas vaccinés.

L’un des éléments de la campagne, selon le média, est que les écoles deviennent des « environnements qui encouragent la vaccination », augmentant la motivation des élèves à se faire vacciner.

Haaretz rapporte que Naftali Bennett a eu des discussions avec des responsables du ministère de l’Éducation ces derniers jours et a constaté une indifférence à la campagne de vaccination, entraînant un manque de motivation des étudiants à se faire vacciner.

Le ministère de l’Éducation a été secoué par la controverse ces derniers jours au milieu des désaccords signalés entre le ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton et les responsables du ministère sur les politiques relatives à la COVID-19.

Selon la Douzième chaîne israélienne, Naftali Bennett a reçu des données montrant une hausse importante de cas de COVID-19 ces trois dernières semaines, avec un pic qui dépasserait celui de la vague Delta, qui a commencé en juin.

Dimanche, le professeur Ran Balicer, président de l’équipe consultative gouvernementale COVID-19, a déclaré qu’une vague d’infections était inévitable.

Un jeune israélien se fait vacciner contre la COVID-19 dans un centre de la Maccabi à Katzrin, le 24 novembre 2021. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

« Cela peut prendre quelques semaines, mais la prochaine vague viendra », a déclaré Balicer à la radio de l’armée avant d’ajouter : « Nous sommes encore dans un brouillard d’incertitude et jusqu’à ce que le degré de gravité de [la maladie causée par] la souche devienne clair, il sera très difficile de déterminer un plan d’action clair. »

La veille, le professeur Eran Segal, biologiste informaticien de l’Institut Weizmann des sciences et conseiller principal du cabinet gouvernemental chargé des coronavirus, avait déclaré qu’il y avait encore beaucoup d’inconnues sur la variante Omicron, mais qu’Israël pourrait connaître « une vague de morbidité significative » et « un doublement des cas tous les deux ou trois jours, contre tous les 10 jours avec Delta ».

Eran Segal estime que la recrudescence des cas se produira dans environ 2 à 3 semaines.

Il a déclaré que les données actuellement disponibles sur la gravité d’Omicron étaient « contradictoires », les premières données « encourageantes » provenant d’Afrique du Sud, qui a tiré la sonnette d’alarme, étant contrebalancées par celles en provenance du Royaume-Uni.

Selon Eran Segal, Israël a pu gagner un peu de temps, « mais la campagne de vaccination est pratiquement au point mort », avec plus de trois millions de personnes non entièrement vaccinées, dont un million d’enfants et un autre million d’adultes qui n’ont pas encore reçu de rappel, une troisième dose de vaccin.

Le ministère de la Santé envisage également de vacciner les personnes âgées avec une quatrième dose, dans l’attente de recherches plus approfondies à ce sujet. Nitzan Horowitz a déclaré dimanche que la décision serait prise par les experts compétents.

« Nous avons l’intention d’envisager une quatrième [dose du] vaccin, car nous constatons que le rappel commence à s’affaiblir après quelques mois », a déclaré Nitzan Horowitz avant d’ajouter : « cette semaine, l’équipe [concernée] se réunira – il s’agit d’une décision purement professionnelle et médicale. Nous voulons protéger la population la plus vulnérable – les personnes âgées. »

Un bénévole du Magen David Adom prélève un échantillon par écouvillonnage sur une femme israélienne dans un site de dépistage du coronavirus dans la ville de Katzrin, sur les hauteurs du Golan, le 15 septembre 2021. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Le ministère de la Santé a déclaré samedi que 873 nouvelles infections au COVID-19 avaient été diagnostiquées vendredi, et que 264 autres cas avaient été identifiés samedi soir, soit les chiffres quotidiens les plus élevés depuis environ deux mois. Quelque 838 nouveaux cas de COVID-19 ont été diagnostiqués jeudi, dont 45 ont été confirmés comme étant de la variante Omicron, ce qui porte à plus de 130 le nombre total de cas Omicron en Israël.

La plupart des cas ont été découverts chez des personnes revenant de l’étranger.

Selon les dernières données publiées par le ministère de la Santé, 81 patients sont dans un état grave et 41 sont sous ventilateur. La plupart des patients dans un état grave ont plus de 60 ans et ne sont pas vaccinés.

Depuis le début de la pandémie, 5,8 millions d’Israéliens ont reçu deux doses de vaccin, et plus de 4 millions ont reçu une troisième dose de rappel.

Samedi soir, le nombre de décès en Israël depuis le début de la pandémie s’élevait à 8 232.

Ce dimanche, l’école élémentaire Shahar Eshkol, dans le sud du pays, passe à l’enseignement à distance après que 20 élèves ont été diagnostiqués positifs au Covid-19 et que 300 ont été placés en quarantaine. La semaine dernière, une école élémentaire de Jérusalem a fermé ses portes après que 62 élèves se sont révélés positifs au virus.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...