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Bennett donne « carte blanche » aux forces de l’ordre

La Jordanie affirme de son côté que la police israélienne ne peut autoriser les pèlerins juifs à entrer dans le lieu saint

Des policiers israéliens, lors d’affrontements devant le mont du Temple, dans la vieille ville de Jérusalem, le 17 avril 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des policiers israéliens, lors d’affrontements devant le mont du Temple, dans la vieille ville de Jérusalem, le 17 avril 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Tandis que de violents affrontements faisaient rage à Jérusalem, le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré, dimanche, que les forces de l’ordre israéliennes avaient « toute latitude » pour poursuivre les opérations visant à maintenir l’ordre, tout en soulignant que les responsables s’efforçaient de rétablir le calme.

Après un briefing avec des responsables de la Défense et des ministres, Bennett a déclaré que tout serait mis en œuvre pour permettre aux fidèles de toutes les religions de célébrer leurs fêtes à Jérusalem, tout en « continuant à faire face aux émeutiers qui violaient l’ordre public ».

Il a ajouté avoir ordonné que soit renforcée la sécurité à bord des autobus à destination du mur Occidental et de la Vieille Ville, et que la police empêche la diffusion de vidéos falsifiées et de fausses nouvelles qui, selon lui, ne font qu’attiser les tensions pendant Ramadan. Il a souligné que « les forces de l’ordre étaient prêtes à tous les scénarios ».

Dimanche matin, deux jours seulement après d’importants affrontements, la police israélienne est entrée dans le complexe du mont du Temple, là où des centaines de Palestiniens auraient tenté d’empêcher les visiteurs juifs de visiter le site de la Vieille Ville de Jérusalem.

Dimanche matin également, à la limite extérieure de la Vieille Ville, des Palestiniens ont jeté des pierres sur des bus de la compagnie Egged à destination du mur Occidental, brisant des vitres et blessant légèrement plusieurs passagers, dont une adolescente de 13 ans.

Selon la police, des centaines de jeunes émeutiers palestiniens – la plupart masqués – ont stocké des pierres dans l’enceinte d’Al-Aqsa, qu’ils prévoient d’utiliser, avec des barres de fer, aidés de barricades de fortune, pour empêcher les non-musulmans de visiter le complexe.

Des Palestiniens tirent des feux d’artifice sur des policiers israéliens dans la vieille ville de Jérusalem, le 17 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

Selon le Croissant-Rouge palestinien, 17 Palestiniens auraient été soignés pour des blessures reçues lors d’affrontements avec la police dimanche matin. Cinq d’entre eux auraient été conduits à l’hôpital. La police a par ailleurs déclaré que neuf Palestiniens avaient été interpelés.

La police a ajouté que des agents faisaient en sorte d’éloigner les Palestiniens afin de permettre aux visites de se poursuivre. On a pu voir des visiteurs juifs sur le site peu de temps après.

Beaucoup de Juifs se rendent au mur Occidental et visitent la Vieille Ville pendant la semaine de Pessah, qui a commencé vendredi soir. Les non-musulmans ne peuvent visiter le mont du Temple qu’à certaines heures et ne sont pas autorisés à y prier. Le mont du Temple est considéré comme le lieu le plus saint du judaïsme et le troisième lieu le plus saint de l’islam.

En réaction aux affrontements, le ministère jordanien des Affaires étrangères a déclaré, dimanche, dans un communiqué que « les mesures prises par Israël pour changer le statu quo sur le mont constituaient une surenchère dangereuse. Israël porte l’entière responsabilité des conséquences de la flambée actuelle de violence qui contrecarre les efforts faits pour ramener le calme. »

« La police israélienne n’a pas le droit d’organiser des visites de non-musulmans sur le site. Seul le Waqf musulman peut le faire », a ajouté le ministère, faisant référence à l’organisation dirigée par la Jordanie, gestionnaire du site.

Le président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, a demandé, pour sa part, aux États-Unis d’intervenir.

« L’administration [américaine] doit briser le silence face à cette agression qui menace d’embraser la région toute entière », peut-on lire dans un communiqué de son bureau. « La communauté internationale doit intervenir immédiatement afin d’assurer la protection du peuple palestinien. »

Suite à la déclaration d’Abbas, le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Lior Hayat, a déclaré qu’ « au lieu d’apaiser la situation, le ministère palestinien des Affaires étrangères avait choisi de joindre sa voix à celle des extrémistes qui diffusent de fausses nouvelles, dans le but d’attiser les violences ».

Hayat a affirmé qu’ « Israël maintenait la liberté de religion et de culte à Jérusalem, dans les lieux saints des trois religions qui célèbrent leurs fêtes pendant cette période », et a déclaré que « toute tentative de présenter une image faussée aidait davantage les organisations terroristes et les criminels palestiniens ».

« Ces mêmes organisations souillent l’esprit de l’islam par leur comportement », a-t-il conclu.

Cette année, Pessah tombe en même temps que le mois du Ramadan, période de tensions accrues autour de la Vieille Ville. Dimanche marquant également la Pâque chrétienne, des pèlerins chrétiens sont attendus dans la Vieille Ville.

La confluence des fêtes, cette année, avait été très tôt identifiée comme risque potentiel d’une flambée de violence.

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