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Pour le ministre, l’état palestinien est ‘une formule messianique qui a échoué et mené à un bain de sang et à une détérioration diplomatique’

Bennett : Israël doit abandonner la diplomatie de “bunker” ou voir son destin décidé par d’autres

Alors que Trump se prépare à reprendre le processus de paix, le chef de HaBayit HaYehudi appelle à renoncer au soutien à 2 états et à une nouvelle vision du Moyen Orient

Naftali Bennett, ministre de l'Education, pendant le Forum Education et Economie à Jérusalem, le 22 mars 2017. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Naftali Bennett, ministre de l'Education, pendant le Forum Education et Economie à Jérusalem, le 22 mars 2017. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Avant la visite du président américain Donald Trump en Israël, Naftali Bennett, qui dirige le parti HaBayit HaYehudi, a prévenu samedi que Jérusalem devait présenter sa propre vision du futur du Moyen Orient, au risque que le destin du pays ne soit décidé par d’autres.

Vendredi, le conseiller américain à la sécurité nationale, H.R. McMaster, a déclaré pendant un point presse à Washington que Trump travaillerait à l’obtention d’une « paix juste et durable » entre Israël et les Palestiniens pendant son prochain voyage dans la région. McMaster a ajouté que Trump rencontrerait à nouveau le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et qu’il allait « exprimer son désir de dignité et d’autodétermination pour les Palestiniens. »
En réponse à ses propos, Bennett, partenaire majeur de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a demandé un retrait explicite d’Israël de la solution à deux états, et la présentation d’une alternative audacieuse.

« Nous ne pouvons pas continuer à mener une politique de ‘bunker’, ou le destin d’Israël sera décidé par d’autres », a-t-il dit.

Citant le discours fondateur de Netanyahu à l’université Bar-Ilan en 2009, dans lequel le Premier ministre avait soutenu la solution à deux états, Bennett a affirmé que ce discours et sa reconnaissance des aspirations nationales palestiniennes « nous a apporté les boycotts, le terrorisme et une grave menace démographique. Il est à présent temps de le révoquer. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, avec le secrétaire américain à la Défense James Mattis, à Jérusalem, le 21 avril 2017. (Crédit : Gil Cohen-Magen/Pool/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, avec le secrétaire américain à la Défense James Mattis, à Jérusalem, le 21 avril 2017. (Crédit : Gil Cohen-Magen/Pool/AFP)

Le ministre de l’Education a présenté deux voies possibles. La première est « la poursuite de la politique de Bar-Ilan, qui défend la mise en place d’une seconde Palestine, en plus de celle qui existe dans la bande de Gaza », et qu’il a jugée être « une formule messianique qui a échoué et a jusqu’à présent mené à un bain de sang, à une détérioration diplomatique et apportera une catastrophe démographique. »

La seconde, a-t-il suggéré, est que l’Etat juif présente une nouvelle initiative, fondée sur le développement économique, qui permettra à Israël de « promulguer sa souveraineté sur les parties israéliennes de la Judée et de la Samarie », la « stabilisation de la bande de Gaza », et le renforcement d’Israël comme « pilier de la sécurité, du renforcement et de la [force] économique dans la région. »

Les propos de Bennett semblent refléter une préoccupation croissante de la droite israélienne qui voit que, au lieu de permettre à Israël d’opérer en toute impunité dans la région comme certains l’avaient espéré, Trump compte négocier une paix régionale, tout en réinstallant Abbas au centre de la scène diplomatique.

Netanyahu a semblé réticent à de nouvelles négociations de paix, mais a fait attention à ne pas être considéré comme faisant obstruction. Il a déclaré la semaine dernière son soutien aux efforts de Trump.

Répondant aux propos de Bennett, le Likud, le parti du Premier ministre, a déclaré qu’ils étaient « un étrange exemple d’auto-flagellation […]. Les boycotts contre Israël sont le résultat de l’opposition à l’existence même de l’Etat juif, et rien d’autre. C’est le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui se bat pour l’acceptation de l’Etat juif dans le monde entier. »

Isaac Herzog, chef de l'opposition, à droit, avec l'envoyé spécial pour les négociations internationales du président Trump, Jason Greenblatt, le 16 mars 2017. (Crédit : Rafi Ben Hinon)
Isaac Herzog, chef de l’opposition, à droit, avec l’envoyé spécial pour les négociations internationales du président Trump, Jason Greenblatt, le 16 mars 2017. (Crédit : Rafi Ben Hinon)

Isaac Herzog, le chef de l’Union sioniste et de l’opposition, a pour sa part déclaré que Jason Greenblatt, l’envoyé spécial de Trump pour les négociations internationales, avait souligné « sans équivoque » que la Maison Blanche cherchait à conclure un accord de paix entre Israël et les Palestiniens.

Herzog a jugé que la visite de Trump était un tournant, ajoutant qu’il était à présent à Netanyahu de décider s’il voulait coopérer avec l’administration américaine pour tenter de conclure un accord.

« Netanyahu doit décider s’il travaille pour le peuple d’Israël ou pour [le président de la coalition David] Bitan et [la ministre de la Culture Miri] Regev », a dit Herzog, en citant deux députés du Likud qui ont une position belliqueuse sur les sujets concernant les Palestiniens.

Herzog a promis le soutien de l’opposition si Netanyahu, qui dirige une coalition composée de plusieurs partis, tentait de faire des progrès importants avec les Palestiniens.

David Friedman, ambassadeur en Israël nommé par Trump, a dit à des diplomates israéliens que Trump comptait conclure un accord de paix, et les a appelé à coopérer et à aider le président dans cette aventure, a annoncé Haaretz vendredi.

Le président américain Donald Trump et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 3 mai 2017. (Crédit : Olivier Douliery-Pool/Getty Images via JTA)
Le président américain Donald Trump et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, le 3 mai 2017. (Crédit : Olivier Douliery-Pool/Getty Images via JTA)

Une source du gouvernement israélien a dit au quotidien que Friedman avait affirmé que l’enthousiasme de Trump pour relancer le processus de paix était une grande opportunité pour l’Etat juif, et a conseillé aux responsables d’éviter la confrontation avec le président sur ce sujet. Friedman a cependant également dit à Trump que les possibilités de conclusion d’un accord de paix en ce moment sont faibles, ont rapporté deux personnes s’étant entretenues avec l’ambassadeur.

La visite de Trump en Israël aura lieu entre les 22 et 23 mai, juste avant Yom Yeroushalayim, après une visite en Arabie saoudite et avant une autre au Vatican. Il se rendra également à Bruxelles et en Sicile pour les sommets de l’OTAN et du G7 avant de rentrer aux Etats-Unis.

Depuis que Trump a annoncé l’itinéraire de son premier voyage présidentiel à l’étranger, des rumeurs ont suggéré qu’il chercherait à organiser un sommet trilatéral avec Netanyahu et Abbas. Quand il a été demandé à Mc Master si un tel projet existait, il a répondu que cela « sera au président et à ces dirigeants de décider ».

Trump a déjà reçu Netanyahu et Abbas à la Maison Blanche, et exprimé son optimisme sur sa capacité à réussir à conclure un accord de paix là où ses prédécesseurs ont échoué.

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