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Bennett : Israël est au « point le plus dangereux » de son Histoire

L'ex-Premier ministre affirme qu'il existe des solutions, mais craint une "guerre civile inutile" ; il dénonce les efforts visant à destituer Netanyahu pour conflit d'intérêts

L'ancien Premier ministre Naftali Bennett parlant à la Douzième chaîne, le 13 février 2023. (Crédit : La Douzième chaîne)
L'ancien Premier ministre Naftali Bennett parlant à la Douzième chaîne, le 13 février 2023. (Crédit : La Douzième chaîne)

L’ancien Premier ministre, Naftali Bennett, a déclaré mardi qu’Israël était confronté à la menace la plus grave depuis sa création, en raison de l’affrontement entre ceux qui s’opposent à la refonte du système judiciaire prévue par le gouvernement et ceux qui la soutiennent.

« Nous sommes au point le plus dangereux dont je puisse me souvenir dans l’Histoire de ce pays. Nous en sommes là parce que deux segments de notre nation sont très inquiets », a-t-il déclaré à la radio de l’armée, en référence aux tensions suscitées par les propositions de la coalition.

En ce qui concerne la clause dite « dérogatoire », qui, dans sa forme actuelle, permettrait au Parlement de surseoir aux décisions de la Cour suprême avec un vote à la majorité simple de 61 députés, Bennett a déclaré qu’il fallait trouver un compromis.

L’ancien Premier ministre a suggéré que les parties « trouvent la bonne formule, que ce soit 66, 67, 68 voix, ou quelque chose de cet ordre là, qui obligera le gouvernement à trouver au moins quelqu’un dans l’opposition [pour le rejoindre]… et qui pourra adopter des Lois fondamentales raisonnables ».

« Je pense catégoriquement que la Cour abuse de la notion juridique du ‘caractère raisonnable’ du code pénal israélien », a déclaré Bennett, faisant référence à un principe que la Cour utilise pour évaluer les décisions gouvernementales et administratives. Selon Bennett, cette notion ne devrait être utilisée que pour les décisions administratives, et non pour les décisions gouvernementales.

Bennett a également déclaré qu’il soutenait le projet de loi qui permettrait aux ministres de nommer leurs propres conseillers juridiques, mais que des restrictions devraient être mises en place pour éviter qu’ils ne se contentent de choisir des fidèles de leur parti politique. Il n’a pas donné plus de détails.

Des manifestants contre les plans du nouveau gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu visant à remanier le système judiciaire devant la Knesset, à Jérusalem, le 13 février 2023. (Crédit :Ahmad Gharabli/AFP)

S’exprimant sur la Douzième chaîne dans une autre interview, Bennett a proposé une pause d’une semaine dans les processus législatifs pendant que les parties négocient, notant qu’il s’agirait d’une petite concession de la part de la coalition étant donné que le prochain vote à la Knesset aura lieu dans une semaine de toute façon.

« Nous devons réformer le système judiciaire, mais pas faire passer le système d’un extrême à l’autre », a déclaré Bennett à la chaîne.

« Nous devons dire oui à l’initiative du président », a-t-il ajouté, faisant référence à la proposition en cinq points de Herzog pour un accord de compromis.

L’interview a eu lieu après que la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset a approuvé en première lecture plénière un projet de loi visant à renforcer le contrôle politique sur les nominations judiciaires et à bloquer l’examen par la Cour suprême des Lois fondamentales quasi-constitutionnelles.

Le président Isaac Herzog s’adressant à la nation israélienne depuis son Bureau à Jérusalem, le 12 février 2023. (Crédit : Haim Zach/Bureau du Premier ministre)

La session animée de la commission s’est déroulée sur fond de manifestations de masse et de grèves nationale contre les projets du gouvernement.

Les principaux architectes de la réforme judiciaire, le ministre de la Justice, Yariv Levin, et le président de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset, le député Simcha Rothman, ont déclaré qu’ils étaient prêts à se rencontrer sans conditions préalables, mais n’ont pas accepté l’appel du président à suspendre les efforts législatifs pendant la durée des discussions.

Les dirigeants de l’opposition ont rejeté cette proposition, estimant qu’il était malhonnête de proposer des pourparlers tout en faisant avancer à toute vapeur un processus qu’ils considèrent comme dévastateur pour le caractère démocratique d’Israël.

Bennett, qui a été par le passé un fervent partisan de la refonte du système judiciaire avec des propositions encore plus ambitieuses que celles du gouvernement actuel, a déclaré que s’il était favorable à des changements radicaux, ceux-ci devaient être effectués dans le cadre d’un processus incluant un dialogue entre les parties.

« Le système judiciaire doit être équilibré. Aharon Barak, ancien président de la Cour suprême, est arrivé il y a quelques décennies et l’a fait pencher d’un côté », a déclaré Bennett, faisant référence à l’ancien président de la Cour suprême, que les critiques de droite considèrent comme le père de l’activisme judiciaire.

« Le tribunal ne devrait pas gérer la politique du gouvernement, mais le gouvernement ne peut pas nommer chaque juge de la circulation ou magistrat », a déclaré Bennett.

« Il y a des solutions. C’est vraiment résoluble. C’est pourquoi il est vraiment dommage que nous risquions, Dieu nous en garde, de déclencher une guerre civile inutilement », a-t-il ajouté.

Bennett a reconnu que les deux parties avaient des préoccupations légitimes et qu’une majorité voulait une réforme sans « changement de régime ».

« Levin, mais aussi Lapid – tout le monde, en général – pourrait signer le même compromis », a-t-il dit. L’ancien Premier ministre a affirmé avoir discuté de la question avec toutes les parties concernées, y compris le président, mais a refusé de donner des détails sur ces discussions.

Montage de photos d’archives : À gauche, le chef de Yesh Atid, Yaïr Lapid, s’exprimant lors d’une conférence de presse conjointe avec le chef d’un autre parti d’opposition à la Knesset, le 13 février 2023. À droite, le ministre de la Justice, Yariv Levin, tenant une conférence de presse à la Knesset le 4 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi, Yonatan Sindel/Flash90)

Bennett a déclaré qu’il regrettait certains des termes qu’il a utilisés par le passé lorsqu’il s’est fait le défenseur des réformes du système judiciaire.

« Je ne veux pas rester en exil pendant encore 30 ans et expliquer à mes petits-enfants qu’au cours de la 75e année de l’État d’Israël, nous avons mené une guerre civile parce que nous ne pouvions pas nous asseoir pendant une semaine et résoudre ce problème », a-t-il déclaré.

« Sans équivoque, la Haute Cour ne devrait pas être impliquée dans cela », a déclaré Bennett, lorsqu’il a été interrogé sur les efforts visant à pousser la Haute Cour de justice à forcer le Premier ministre Benjamin Netanyahu à prendre un congé

Ce recours, déposé la semaine dernière par l’ONG Mouvement pour un gouvernement de qualité, fait valoir que Netanyahu, en cherchant à promulguer des changements judiciaires radicaux, viole un accord sur les conflits d’intérêts qui lui interdit de s’impliquer dans des affaires qui pourraient avoir un impact sur son procès pour corruption en cours. Les partisans de Netanyahu ont qualifié ces efforts de « coup d’État ».

« Il a été élu il y a quelques mois, par une grande majorité du peuple. Cela ne devrait pas être remis en question », a déclaré Bennett.

« Je voyage dans le monde entier. Les gens disent qu’Israël est une merveille. Il n’y  a pas d’autre [Etat juif], ne le détruisons pas », a déclaré Bennett.

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