Benny Gantz promet d’apporter de l’espoir, malgré « le ciel couvert »
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Seuls 14 000 votes séparent les deux partis

Benny Gantz promet d’apporter de l’espoir, malgré « le ciel couvert »

Reconnaissant la défaite de son parti de centre gauche, le chef de Kakhol lavan promet de "représenter le million de citoyens qui nous a demandé du changement"

Le chef de Kakhol lavan Benny Gantz arrive à un bureau de vote de sa ville natale de Rosh Haayi,  le 9 avril 2019 (Crédit : Sraya Diamant/Kakhol lavan)
Le chef de Kakhol lavan Benny Gantz arrive à un bureau de vote de sa ville natale de Rosh Haayi, le 9 avril 2019 (Crédit : Sraya Diamant/Kakhol lavan)

A l’issue de la défaite du parti de centre-gauche, le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz s’est adressé mercredi à ses électeurs et a reconnu que le « ciel est couvert », mais a promis de continuer à « représenter le million de citoyens qui nous a demandé du changement ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devrait remporter une victoire franche mercredi matin, après dépouillement des 97 % des voix indiquant que les deux partis étaient au coude à coude, mais que le bloc de droite dispose d’une avance claire.

Avec plus de 4 millions de votes dépouillés à neuf heures du matin, le Likud a remporté 26,27 % des suffrages soit 35 des 120 sièges de la prochaine législature, le meilleur résultat du parti depuis les élections de 2003 (38 sièges sous Ariel Sharon), et le meilleur sous Netanyahu. Kakhol lavan a remporté 25,94 % des suffrages, ce qui correspond également à 35 sièges.

Seuls 14 000 votes séparent les deux partis.

« Bonjour, mes amis, oui, bonjour », a écrit Gantz dans une lettre adressée aux militants du parti à l’issue des résultats quasi-définitif et quelques heures après avoir prononcé un discours de victoire quelque peu prématuré.

Benny Gantz, chef du parti Kakhol lavan, prend un selfie avec ses partisans lors de la campagne électorale à Tel Aviv, le 8 avril 2019, un jour avant les élections. (Jack Guez / AFP)

« C’est vrai, le ciel semble couvert, mais il y a deux choses qu’ils ne vous disent pas. D’une part (les résultats) ne sont pas définitifs, il pourrait y avoir des changements, et nous pouvons encore faire une manœuvre politique », a-t-il dit, sans préciser davantage.

« D’autre part, ils ne peuvent pas cacher la lueur d’espoir que nous avons apportée au peuple d’Israël et à la société israélienne. Nos électeurs ont demandé de l’espoir, et nous leur en avons donné ! Ils voulaient quelque chose d’autre, et nous l’avons fait », a poursuivi Gantz.

Il a encouragé ses partisans à ne « pas avoir peur » et cité une phrase en hébreu biblique, qui semble être un mélange de deux versets : « Mes amis, dans la chute de votre ennemi, n’ayez pas peur, et dans sa victoire, ne faiblissez pas ».

Des militants du Likud fêtent la victoire du parti à l’annonce des résultats des élections aux quartiers généraux du Likud à Tel Aviv, le 9 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/FLASH90)

Il a promis : « nous ne renoncerons pas à notre devoir public, qui est de représenter le million de citoyens qui nous a demandé du changement. Nous avons réussi quelque chose d’historique. Nous avons de quoi être fiers, et nous le serons ».

Quelques heures auparavant, avant l’annonce des résultats officiels, Gantz avait crié victoire en déclarant qu’une « lumière illumine Israël ce soir », ajoutant que « c’est un jour historique. Plus d’un million de personnes ont choisi l’espoir ».

A part le Likud et Kakhol lavan, aucun autre parti n’a dépassé la dizaine de sièges. Mais avec cinq partis de droite et partis ultra-orthodoxes, et leur trentaine de sièges, Netanyahu semble bien placé pour former un gouvernement qui ressemblera à sa coalition actuelle, avec 65 sièges.

De l’autre côté de l’échiquier politique, quatre partis de gauche et partis arabes comptabilisent au total 20 sièges, ce qui les place dans l’opposition, avec Kakhol lavan, sous réserve de la formation d’une coalition.

Fait surprenant, les partis ultra-orthodoxes occupent les troisième et quatrième places. Shas a obtenu 6,10 % des suffrages (8 sièges), et Yahadout HaTorah 5,90 % (8 sièges).

Un ultra-orthodoxe vote à Jérusalem, le 9 avril 2019. (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)

Le cinquième parti est le parti à majorité arabe, Hadash-Taal, avec 4,61 % des voix, soit 6 sièges.

Le Parti travailliste s’est effondré à la sixième place, avec 4,46 % des suffrages, soit 6 sièges, son plus mauvais score en 71 ans d’existence.

Yisrael Beytenu a décroché 5 sièges (4,15 %) et l’Union des partis de droite obtient 3,66 % des suffrages.

Les partis du Meretz, Koulanou, et Ra’am Balad ont chacun quatre sièges, avec des résultats respectifs de 3,64 %, 3,56 % et 3,45 %.

Le plus surprenant reste peut-être le score réalisé par HaYamin HaHadash, dirigé par Naftali Bennett et Ayelet Shaked, qui semble ne pas franchir le seuil électoral avec seulement 3,14 % des voix. (Il en fait 3,25 % pour intégrer la Knesset).

La ministre de la Justice Ayelet Shaked, à gauche, et le ministre de l’Education Naftali Bennett lors de l’annonce de leur nouvelle formation HaYamin HAHadash au cours d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 29 décembre 2018 (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Le score de Moshe Feiglin, de Zehut, a également surpris. Si les récents sondages lui accordaient jusqu’à 7 sièges, le parti qui a fait de la légalisation du cannabis son cheval de bataille, n’enregistre que 2,53 % des suffrages.

Le parti Gesher, d’Orly Levy-Abekasis est également en dessous du seuil d’éligibilité, avec 1,75 % des voix.

Aucun résultat n’est définitif, des dizaines de milliers de bulletins doivent encore être dépouillés.

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