Bezeq réussira-t-il à regagner la confiance des investisseurs ?
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Analyse

Bezeq réussira-t-il à regagner la confiance des investisseurs ?

Cela dépend de la future politique de dividendes de la plus grande société de télécommunications du pays et de son aptitude à restaurer la confiance à l'intérieur de son entreprise

Des ouvriers de Bezeq installent des câbles à fibre optique (photo publiée avec autorisation)
Des ouvriers de Bezeq installent des câbles à fibre optique (photo publiée avec autorisation)

Les actions de Bezeq Israel Telecom ont progressé de 2 % depuis le début de l’année, dépassant son indice de référence. Ainsi, les investisseurs commencent à regarder au-delà des accusations de fraude et de corruption qui pèsent sur l’actionnaire majoritaire et les principaux dirigeants de la plus grande entreprise de télécommunications du pays, se concentrant davantage sur la nouvelle structure et les futurs nouveaux membres du conseil d’administration.

Shaul Elovitch, actionnaire majoritaire de Bezeq, des membres de sa famille, Stella Handler, PDG de Bezeq, et un autre responsable de l’entreprise ont été arrêtés la semaine dernière dans le cadre d’une enquête de l’Autorité des titres israélienne et de la police concernant les relations entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Elovitch, qui contrôle Bezeq via les parts de son groupe Eurocom Ltd. Ils ont tous nié tout méfait.

« Le marché regarde déjà au-delà de l’affaire et tient compte du fait que Shaul Elovitch et Stella Handler ne seront plus liés à l’entreprise et qu’il y aura de nouveaux administrateurs à nommer au conseil d’administration », a affirmé par téléphone Saar Golan, trader chez Meitav Dash Brokerage à Tel Aviv. « Les enquêtes sont considérées comme faisant partie du passé de Bezeq et non de son avenir. »

Dans l’enquête, connue sous le nom d’affaire 4000, l’actionnaire majoritaire Elovitch est soupçonné d’avoir ordonné au site d’information Walla, dont il est propriétaire, d’accorder une couverture positive à Netanyahu et à sa famille en échange de l’avancement d’une réglementation par le Premier ministre au bénéfice de Elovitch. Shlomo Filber, directeur du ministère des Communications, est devenu témoin d’Etat dans l’affaire.

Shaul Elovitch au tribunal du district de Tel Aviv pour une audience de prolongation de détention dans l’affaire 4 000, la 26 février 2018 (Crédit : Flash90)

Dimanche, Bezeq a déclaré qu’une offre d’achat d’Eurocom par un groupe d’investisseurs dirigé par l’homme d’affaires américano-israélien Naty Saidoff avait été acceptée par les créanciers et attendait une décision de justice qui sera rendue le 20 mars.

Si l’accord est approuvé, Saidoff et les investisseurs deviendraient propriétaires d’Eurocom et de Bezeq via les parts d’Eurocom. L’accord est également soumis à d’autres autorisations réglementaires, y compris un permis du ministère des communications, de l’Autorité fiscale israélienne et de l’Autorité des titres israélienne.

Sous réserve de l’obtention des approbations réglementaires requises, le groupe Saidoff devrait devenir l’actionnaire majoritaire de Bezeq, a affirmé la société mère B Communications Ltd (BCom), une filiale d’Eurocom Ltd, dans une lettre à Bezeq datée du 25 février.

En outre, Bezeq a déclaré lundi dans un communiqué de la bourse de Tel Aviv que BCom cherchait à convoquer une réunion urgente de son conseil d’administration afin de nommer de nouveaux membres du conseil qui remplaceront les trois administrateurs sortants – Shaul Elovitch, son fils Or, et sa belle-fille Orna –, qui ont déclaré qu’ils démissionneraient suite aux investigations en cours. Les trois administrateurs proposés sont Shlomo Rodav, Doron Turgeman et Tamir Cohen, qui représente le groupe Saidoff.

Mercredi, Bezeq a déclaré que son conseil d’administration avait décidé de nommer temporairement Yaakov Paz en tant que PDG par intérim, en remplacement de Stella Handler. Cette dernière est actuellement soumise à une assignation à résidence.

Stella Handler, PDG de la société de télécommunications Bezeq, comparaît devant le tribunal de district de Tel Aviv le 21 février 2018 (AFP Photo/Jack Guez)

Ainsi, un changement de propriétaires et dans son conseil d’administration et sa direction conduira-t-il les investisseurs à revenir vers Bezeq – qui était autrefois un chouchou des investisseurs, principalement parce qu’il reversait 100 % de ses bénéfices en dividendes ? Bezeq sera-t-il capable de passer outre les enquêtes afin de regagner son statut de favori à la bourse israélienne ?

Selon les analystes, les sentiments sur les marchés restent mitigés et dépendront beaucoup de la politique de dividendes de l’entreprise et de la rapidité avec laquelle le nouveau propriétaire réussira à regagner la confiance des investisseurs.

Prenons un peu de recul

Bezeq est un opérateur de télécommunications actif dans divers secteurs du marché israélien : Bezeq Fixed-Line fournit des services Internet et de téléphonie ; Bezeq International fournit des services d’appels à l’international ; Pelephone fournit des services cellulaires ; Yes fournit des services de télévision payante par satellite ; Walla est un portail d’information sur Internet ; et il y a également un centre d’appel en ligne.

Toutes ces filiales sont détenues à 100 % par Bezeq, mais étant donné que l’entreprise opère historiquement en monopole et parce qu’elle reste un acteur dominant sur le marché, les restrictions réglementaires obligent ces filiales à fonctionner comme des entreprises distinctes, ce qui entraîne des coûts plus élevés pour Bezeq et l’empêche de proposer des forfaits de services groupés que ses concurrents peuvent offrir.

L’actionnaire majoritaire de Bezeq est le nabab de la communication Shaul Elovitch, qui en était également le président jusqu’au début de l’enquête de l’Autorité des titres israélienne. Il détient une participation dans Bezeq par le biais d’une structure pyramidale : sa société Eurocom Communications Ltd contrôle Internet Gold-Golden Lines Ltd, qui à son tour contrôle B Communications Ltd. Cette dernière détient une participation de 26 % dans Bezeq. Les 74 % restants de Bezeq sont détenus par le public via des actions négociées à la bourse de Tel Aviv.

A la fin 2016, selon une présentation des investisseurs de Bezeq, l’entreprise occupait 55 % du marché de la téléphonie privée et 73 % du marché de la téléphonie dans le secteur des affaires, avec 2,1 millions de clients pour la téléphonie fixe. Bezeq représentait également 69 % du marché dans le secteur de l’ADSL ; sa filiale Pelephone 23 % du marché cellulaire avec 2,4 millions d’abonnés ; et la part de marché du radiodiffuseur par satellite Yes dans le secteur de la télévision payante représentait 40 %.

Lorsque le marché cellulaire a été ouvert à la concurrence en 2010, l’arrivée de nouveaux acteurs tels que Golan Telecom et Rami Levy Hashikma Marketing a entraîné une guerre des prix qui a réduit jusqu’à 90 % les tarifs pour les consommateurs et réduit les parts de marché et les revenus des entreprises cellulaires en place, y compris pour Pelephone, Cellcom Israel Ltd et Partner Telecommunications Co.

Une station satellite Bezeq dans la vallée d’Ella (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

En raison de la nature diversifiée de son activité, Bezeq a pu compter sur ses autres activités – et principalement sur sa domination du marché de la téléphonie fixe – afin de maintenir ses revenus, et sa politique consistant à distribuer des dividendes élevés au fil des années a contribué à maintenir son statut de chouchou pour de nombreux investisseurs étrangers.

Mais le ministère des Communications s’est intéressé au lucratif marché de la téléphonie fixe et du haut débit de Bezeq et a établi une feuille de route pour la création d’un marché de gros, contraignant Bezeq à mettre en location son infrastructure à des concurrents qui baisseraient les prix de l’Internet, de la téléphonie et de la télévision numérique. La réforme proposée stipulait qu’une fois que la concurrence sur le marché des lignes fixes serait établie, Bezeq serait finalement autorisé à fusionner avec ses différentes filiales, ce qui permettrait à l’entreprise de négocier des parts de marché, lui permettant de faire des économies estimées à plusieurs millions de dollars par an.

Cependant, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a pris le poste de ministre des Communications en 2014. Il a alors licencié le directeur sortant Avi Berger et l’a remplacé par Shlomo Filber, devenu témoin d’Etat. Ce changement a été perçu par les analystes comme un signe que Netanyahu cherchait une position moins conflictuelle vis-à-vis de Bezeq. On connait la suite de l’histoire : Elovitch, l’actionnaire majoritaire de Bezeq, sera accusé d’avoir ordonné au site d’information Walla, dont il est propriétaire, d’accorder une couverture positive à Netanyahu et à sa famille en échange de l’avancement d’une réglementation par le Premier ministre au bénéfice de Elovitch.

Un avancement à grand-peine

Suite aux turbulences auxquelles l’entreprise a eu à faire face, celle-ci a continué à opérer à grand-peine. Ses actions ont chuté de 18 % depuis que les enquêteurs de l’Autorité des titres israélienne ont perquisitionné ses bureaux le 20 juin dernier. Au cours des 12 derniers mois, elles ont chuté de 11 %. Teva Pharmaceutical Industries Ltd, qui fut également un favori des investisseurs, fait désormais face à une hausse de la concurrence dans le secteur des médicaments génériques et a chuté de 46 % dans le même laps de temps. En fin de journée ce mercredi, l’indice TA-35 avait chuté de 0,6 % depuis le début de l’année.

Dans le même temps, sur le marché des obligations, l’action Bezeq est restée stable, indiquant que les investisseurs ne font pas face à un risque accru qui menacerait la stabilité financière de Bezeq. Selon les données de l’entreprise, sa politique actuelle consistant à redistribuer 100 % de son bénéfice net en dividendes rapporte environ 9 % aux investisseurs, contre un rendement moyen de 4,5 % pour les investisseurs des entreprises de télécommunications européennes.

« Bezeq est une entreprise si forte – son activité dans le domaine de la téléphonie fixe est si forte – qu’elle est en pratique probablement la seule compagnie israélienne qui aurait pu survivre à une telle tourmente avec si peu de dégâts », a déclaré Yaniv Pagot, économiste et directeur de la stratégie pour le groupe Ayalon, un fonds d’investissement institutionnel israélien.

Yaniv Pagot, économiste et responsable de la stratégie pour le groupe Ayalon (Crédit : Autorisation)

« Une entreprise qui n’aurait pas eu le monopole sur le marché de la téléphonie fixe aurait été significativement plus endommagée par une telle paralysie dans sa gestion », a-t-il déclaré. « Je pense que les résultats de l’entreprise pour le quatrième trimestre ne seront pas très différents des précédents, malgré tout ces changements dans sa direction. Tant qu’Israël disposera de seulement deux infrastructures principales fixes – Bezeq et Hot Telecommunication Systems Ltd –, la situation de ces entreprises continuera d’être bonne. Donc, ces mêmes investisseurs qui ont apprécié Bezeq par le passé sont susceptibles de revenir vers l’entreprise, une fois l’enquête réglée. »

En novembre, Bezeq prévoyait un bénéfice net de 1,4 milliard de shekels en 2017, contre 1,2 milliard de shekels en 2016. La société devrait publier ses résultats du quatrième trimestre et de l’année 2017 à la fin du mois de mars.

« Les sociétés du groupe continuent à afficher de solides résultats financiers par rapport à la concurrence et nos résultats cumulés sont conformes aux prévisions que nous avons fournies sur le marché », a déclaré Yali Rothenberg, directeur financier du groupe Bezeq, dans un communiqué qui annonçait les résultats du troisième trimestre.

Malgré cela, David Granot, le président par intérim de la société – qui a remplacé Elovitch au poste – a déclaré que les données reflétaient de la concurrence actuelle sur le marché israélien des télécoms et a demandé la suppression de la séparation structurelle imposée à l’entreprise. « Une telle suppression éliminera les obstacles qui empêchent actuellement toute efficacité opérationnelle », a-t-il déclaré.

Une ombre sur la gouvernance d’entreprise

En dépit de sa santé financière apparente, le scandale autour de Bezeq a assombri la gouvernance d’entreprise de la firme. Selon les analystes et les investisseurs, la confiance devra être rétablie rapidement par tout nouveau propriétaire qui prendra le contrôle de l’entreprise. L’actionnaire activiste Elliot Advisors (Royaume-Uni), qui détient une participation de 4,8 % dans Bezeq, devrait jouer un rôle clé dans la mise en place de la nouvelle gouvernance d’entreprise de Bezeq, ou du moins tenter de rétablir l’actuelle. Elliott Advisors est une filiale d’Elliot Management Corporation, fondée par le milliardaire américain Paul Singer.

Dans une lettre datée du 27 février, Elliott a déclaré s’opposer à une tentative de BCom, la société mère de Bezeq, de nommer de nouveaux administrateurs à la place de Elovitch, de son fils et de sa belle-fille.

« Les demandes établies par BCom n’ont aucune base légale » et leur seul but est de faire en sorte que le conseil d’administration de Bezeq « agisse au profit de l’actionnaire majoritaire, contre les intérêts de la société, de ses actionnaires et de la loi, grâce à une fausse représentation de la situation juridique actuelle, et, encore une fois, au mépris total de la bonne gouvernance d’entreprise », indique la lettre.

Tout nouvel actionnaire majoritaire de Bezeq, que ce soit Saidoff ou un autre, « devra regagner la confiance des investisseurs concernant la gestion de Bezeq », a déclaré Saar Golan, trader chez Meitav Dash Brokerage.

Mais même si Bezeq parvient à remettre de l’ordre dans ses affaires, à long terme, les perspectives pour l’entreprise sont préoccupantes.

Eldad Tamir, fondateur et PDG de Tamir Fishman, un fond d’investissement israélien (publiée avec autorisation)

« Bezeq est une société du passé qui vit grâce à un marché – la téléphonie fixe – qui diminue de façon globale », a déclaré Eldad Tamir, fondateur et PDG de Tamir Fishman, un fonds d’investissement israélien qui compte 3 milliards de dollars sous gestion. « Dans 10 ans, plus personne n’utilisera les téléphones fixes. L’investissement n’est donc pas intéressant à long terme. »

Tamir Fishman n’a détenu aucune action Bezeq au cours des deux dernières années. Tamir a affirmé qu’il ne percevait pas le changement de propriétaire et la réorganisation dans la direction de l’entreprise comme une raison pour à nouveau acheter des actions. Toutefois, sa firme détient toujours des obligations Bezeq, a-t-il ajouté.

« Bezeq jouit toujours de son monopole dans la téléphonie fixe », a déclaré M. Pagot du groupe Ayalon. Néanmoins, une troisième compagnie de téléphonie fixe va entrer en concurrence avec Bezeq et Hot, a-t-il ajouté.

« Cela n’arrivera pas demain matin et, jusque-là, la poule continuera à pondre ses oeufs d’or », a-t-il dit. « Mais à long terme, il est clair que Bezeq sera confronté à une plus grande concurrence sur le marché de la téléphonie fixe, et nous en voyons déjà les signes. »

Dans le cadre de la réforme du marché de gros, Cellcom et Partner ont déjà commencé à proposer des services de téléphonie fixe via l’infrastructure et les réseaux de Bezeq. Néanmoins, en raison de l’enquête, aucun progrès n’a été réalisé en ce qui concerne la fin de la séparation structurelle souhaitée depuis longtemps par Bezeq. Certains investisseurs craignent qu’en raison de l’attention accrue du public sur tout ce qui concerne Bezeq, ce jour ne viendra pas de sitôt.

Au troisième trimestre 2017, le chiffre d’affaires sur le marché de la téléphonie fixe a reculé de 2,6 %, soit à 1,06 milliard de shekels, principalement en raison d’une baisse de 8 % des services de téléphonie compensée par une hausse de 3,5 % des revenus des services Internet haut débit. En outre, la société a déclaré avoir perdu quelque 6 000 abonnés à son service de télévision par satellite. Au troisième trimestre 2017, le chiffre d’affaires du groupe Bezeq a reculé de 3,8 % à 2,4 milliards de shekels et le bénéfice net a diminué de 18,3 % pour s’établir à 322 millions de shekels.

La politique de dividendes peut avoir à être modifiée afin de réduire la dette

Jeudi, l’agence de notation financière S&P Maalot a placé Bezeq et ses filiales Pelephone et Yes en surveillance avec des implications négatives, en raison de « l’instabilité gestionnaire » de l’entreprise. Cette mesure reflète le manque de clarté entourant la gestion de l’entreprise et pourrait avoir des effets négatifs sur la capacité de Bezeq à résister, dans un proche avenir, aux « différents défis du marché des communications », a déclaré l’agence.

Le mois dernier, Midroog, une autre agence de notation, a déclaré que l’environnement commercial difficile de Bezeq – rendu encore plus compliqué par la concurrence sur le marché de la télévision numérique –, augmentait son risque de crédit. « La capacité de l’entreprise à résister à ces pressions est limitée en raison des obstacles réglementaires », a écrit Midroog dans une note, faisant référence à la séparation structurelle toujours en place de ses filiales imposée par les régulateurs.

« Compte tenu des limitations réglementaires » et en particulier de l’incapacité de Bezeq à proposer des offres groupées à ses clients à des prix compétitifs, contrairement à ses principaux concurrents, la « capacité de l’entreprise à maintenir un profil financier adapté au niveau de notation dépend de ses capacités à réduire la marge », a déclaré Midroog.

« Sans changement dans sa politique financière, et en particulier dans sa politique de dividendes, qui contribuera à réduire la dette, une pression négative sera créée » sur la note de la société, a indiqué Midroog.

Ainsi, à l’avenir, cette politique de dividendes représentera ce que les investisseurs regarderont en priorité.

« Bezeq a eu une politique de redistribution de 100 % de ses bénéfices en dividendes » , a déclaré Pagot. « Si les nouveaux propriétaires continuent à appliquer cette politique, voire la réduisent à 70 % ou 80 % des profits, cela attirera encore beaucoup d’investisseurs. Mais si les versements de dividendes sont réduits à 50 % des bénéfices, même si cela serait toujours considéré comme un bon rendement, les investisseurs pourraient être moins intéressés par l’action. »

« Les changements de propriétaire et au sein du conseil d’administration de l’entreprise devraient conduire à une meilleure gouvernance d’entreprise, à améliorer l’image de l’entreprise et la foi des investisseurs », a déclaré Roni Biron, co-responsable de la recherche à Excellence Nessuah, un courtier basé à Petah Tikva. « Cela dit, les pressions concurrentielles de Bezeq, associées à une possible réduction de sa politique de distribution de dividendes de 100 %, restent une considération pour de nombreux investisseurs. »

D’autres acteurs sont plus optimistes au sujet de l’entreprise : la réglementation concernant la séparation structurelle va évoluer et les barrières qui entravent les opérations de Bezeq seront moindres, permettant à Bezeq de jouer dans le même domaine que ses concurrents, estiment-ils.

En effet, le 27 février, le directeur général par intérim du ministère des Communications, Maimon Shmila, a déclaré que la fin de la séparation structurelle de Bezeq était « sur la table », selon une interview donnée au site financier Calcalist.

Steven Schoenfeld, directeur des investissements chez BlueStar indexes (publiée avec autorisation)

Steven Schoenfeld, fondateur et directeur des placements de BlueStar Indexes, une société financière qui a développé des indices et des fonds négociés en bourse axés sur les marchés de capitaux israéliens, a déclaré que, pour des investisseurs souhaitant se tourner vers une valeur sûre de l’économie israélienne, Bezeq restait toujours une bonne option.

« Malgré l’incertitude actuelle en matière de gestion, Bezeq est un acteur dominant dans le secteur des télécommunications en Israël, avec de solides ancrages dans les services de ligne fixe, des communications commerciales et de l’Internet », a-t-il déclaré. « Pour les investisseurs qui veulent s’exposer à la vigueur et à la croissance de l’économie israélienne, Bezeq peut constituer une action de base au sein d’un portefeuille plus large et représente actuellement un poids de 1,9 % dans l’indice phare de BlueStar. »

Ce qu’en dit Bezeq

« Bezeq passe actuellement par de nombreux processus qui mèneront à une plus grande certitude et à une meilleure gouvernance d’entreprise », a déclaré Yali Rothenberg, directeur financier du groupe Bezeq, dans une interview téléphonique.

En ce qui concerne les versements de dividendes, Rothenberg a déclaré que le conseil étudierait la question de près. « Après 10 ans avec la même politique, Bezeq est une société qui verse régulièrement des dividendes, mais il est tout naturel que nous examinions de près notre politique de dividendes à la lumière des changements compétitifs sur le marché et de la stabilité financière à long terme de la compagnie », a-t-il dit.

M. Rothenberg a déclaré que les activités de la société étaient suffisamment diversifiées pour pouvoir maintenir sa position de leader sur le marché en proposant des offres spéciales afin de maintenir et d’augmenter sa clientèle malgré une concurrence accrue dans tous ses secteurs d’activités, a-t-il ajouté. « Bezeq est une entreprise très forte qui a une vision à très long terme. »

Il a noté que la société était en échange permanent avec le ministère des Communications concernant la séparation structurelle qu’il cherche à éliminer, et il espère que des décisions seront prises « dans les prochains mois ».

« La position de l’Etat concernant la séparation structurelle est dans son plan de travail », a-t-il déclaré. « Tout le monde sait que cela n’a absolument aucun sens de maintenir la séparation structurelle, que ce soit pour la concurrence, pour le marché ou pour les consommateurs. »

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