Biden accuse Pompeo d’avoir « politisé » Israël avec son discours à Jérusalem
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Biden accuse Pompeo d’avoir « politisé » Israël avec son discours à Jérusalem

Le candidat démocrate à la présidence accuse le diplomate d'essayer de faire de l'État juif une "source de dissension politique" après son discours à la convention républicaine

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Sur cette photo tirée d’une vidéo, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo s'exprime depuis Jérusalem lors de la seconde soirée de la Convention nationale républicaine, le 25 août 2020. (Avec l'aimable autorisation du Comité des dispositions pour le Comité national républicain 2020 via AP)
Sur cette photo tirée d’une vidéo, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo s'exprime depuis Jérusalem lors de la seconde soirée de la Convention nationale républicaine, le 25 août 2020. (Avec l'aimable autorisation du Comité des dispositions pour le Comité national républicain 2020 via AP)

WASHINGTON – La campagne du candidat démocrate à la présidence Joe Biden a fustigé mercredi le secrétaire d’État américain Mike Pompeo pour s’être adressé à la convention du GOP depuis Jérusalem, qualifiant cette démarche de violation de l’éthique et de tentative de politiser Israël au profit du président américain Donald Trump.

Mardi soir, le diplomate américain a rompu avec des décennies de précédent en s’adressant au débat politique essentiellement virtuel du Parti républicain, ignorant son propre conseil fait aux officiels du Département d’État d’éviter toute politique partisane.

Pompeo s’est adressé à la convention alors qu’il était en voyage officiel au Moyen-Orient, poussant à un rapprochement arabo-israélien plus étroit après l’annonce par Israël et les Emirats arabes unis d’un accord de normalisation le 13 août.

« La décision du secrétaire d’État Pompeo de s’adresser à la Convention républicaine depuis Jérusalem n’est pas seulement un abus de l’argent des contribuables ; elle sape le travail majeur réalisé par le Département d’État », a déclaré Kate Bedingfield, directrice adjointe de la campagne de Biden, dans un communiqué.

« Chaque jour, les diplomates américains à l’étranger représentent avec fierté notre pays – et non un parti politique – mais l’utilisation répétée et flagrante par Mike Pompeo de son bureau à des fins ouvertement politiques ne fait que saper leur travail, et affaiblit encore davantage les alliances critiques et les relations mondiales, déjà si gravement endommagées par l’imprudence de cette administration.”

Le candidat démocrate à la présidence Joe Biden s’exprime lors de la quatrième journée de la Convention nationale démocrate, le jeudi 20 août 2020, au Chase Center de Wilmington, Del. (AP/Andrew Harnik)

Lors des précédents cycles électoraux, les secrétaires d’État des deux partis ont évité les conventions.

Le secrétaire d’État de l’ancien président américain Barack Obama, John Kerry, par exemple, n’a pas participé à la convention démocrate de 2016.

Lorsque Barack Obama a été officiellement nommé pour un second mandat en 2012, Hillary Clinton se trouvait à l’autre bout du monde, en voyage dans les îles Cook, en Indonésie, en Chine, au Timor-Oriental, à Brunei et en Russie extrême-orientale.

De même, lorsque les républicains ont nommé John McCain en 2008, la secrétaire d’État de l’époque, Condoleezza Rice, était en voyage au Portugal, en Libye, en Tunisie, en Algérie et au Maroc. Le premier secrétaire d’État de l’ancien président américain George W. Bush, Colin Powell, n’avait pas non plus pris la parole lors de la Convention nationale républicaine de 2004.

La décision de Pompeo a également été critiquée par les démocrates et les anciens fonctionnaires du Département d’État.

Certains ont allégué que le discours violait le Hatch Act, une loi interdisant aux employés de l’exécutif de mener des activités partisanes. La commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants a ouvert une enquête sur cette affaire.

Dans son discours, Pompeo n’a pas attaqué Biden, l’adversaire de Trump, en le nommant, ni même mentionné le Parti démocrate. Il s’est contenté de défendre Trump, en soulignant les mesures de politique étrangère de l’administration, comme le retrait de l’accord nucléaire avec l’Iran et le déménagement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

(De gauche à droite, à l’arrière) Jared Kushner, conseiller présidentiel principal des États-Unis, Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor, et Robert O’Brien, conseiller à la sécurité nationale, applaudissent le président Donald Trump l’annonce de l’accord entre les Émirats arabes unis et Israël pour normaliser leurs relations diplomatiques, à la Maison Blanche, le 13 août 2020. (Brendan Smialowski/AFP)

« Le président a sorti les États-Unis de l’accord nucléaire désastreux avec l’Iran et a pressé les ayatollahs, le Hezbollah et le Hamas », a déclaré Pompeo. « Le président a également déplacé l’ambassade américaine dans cette même ville de Dieu, Jérusalem, la capitale légitime de la patrie juive, et il y a tout juste deux semaines, le président a négocié un accord de paix historique entre Israël et les Émirats arabes unis. C’est un accord que nos petits-enfants liront dans leurs livres d’histoire.”

Le discours de Pompeo depuis Jérusalem pourrait plaire aux chrétiens évangéliques. La semaine dernière, Trump a déclaré à ses partisans que le déménagement de l’ambassade était fait pour les chrétiens évangéliques.

« Et nous avons déplacé la capitale d’Israël à Jérusalem », a déclaré Trump lors d’un rassemblement organisé dans un aéroport d’Oshkosh (Wisconsin), faisant apparemment référence à sa décision de déplacer le complexe de Tel-Aviv. « C’est pour les évangéliques. »

La présidente du Comité national républicain, Ronna McDaniel, a défendu la comparution de Pompeo lors d’une interview à CBS dimanche, la qualifiant d’ « appropriée » et précisant que le parti paierait tous les frais de la convention.

Bedingfield, porte-parole de Biden, a accusé le discours de Pompeo d’entrer dans le cadre d’une tentative de la campagne Trump de faire d’Israël une cause républicaine.

« Prononcer ce discours intrinsèquement partisan depuis Jérusalem est également le dernier exemple en date de la tentative de cette administration de chercher à utiliser Israël comme une source de dissension, alors que le soutien bipartite historique à Washington pour Israël et sa sécurité ne devrait jamais être subordonné à la politisation à des fins personnelles », a-t-elle déclaré.

« Même selon les standards abyssalement bas de cette administration, la décision du secrétaire Pompeo de servir de garçon de courses pour la réélection du président dans une mission diplomatique financée par les contribuables, et sa décision d’utiliser l’un de nos plus proches partenaires comme soutien politique dans le processus, est absolument scandaleuse. »

Pompeo a prononcé son discours lors de la seconde soirée de la convention de quatre jours du GOP. La prochaine session débutera mercredi soir, et Trump lui-même devrait prendre la parole jeudi soir.

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