Binyamina devient « ville rouge » suite à la vague de COVID-19
Rechercher

Binyamina devient « ville rouge » suite à la vague de COVID-19

Plus de mille personnes sont en quatorzaine dans la ville dans un contexte de forte hausse des contaminations liées au variant Delta, très contagieux

Des voyageurs masqués à l'aéroport Ben-Gurion, dans le hall des départs, le 23 juin 2021. (Crédit : Flash90)
Des voyageurs masqués à l'aéroport Ben-Gurion, dans le hall des départs, le 23 juin 2021. (Crédit : Flash90)

Binyamina, une ville située près de Haïfa, dans le nord du pays, a été officiellement catégorisée ville « rouge » dans le cadre du système de classification mis au point par le ministère de la Santé dans la gestion de la pandémie de coronavirus.

La localité regroupait 122 cas actifs de COVID-19 dans la matinée de jeudi, selon le ministère de la Santé, avec un taux de positivité global de 3 % parmi les habitants qui ont été dépistés – un pourcentage à comparer avec celui de 0,3 % dans le pays tout entier. Binyamina est aujourd’hui la seule ville rouge dans le pays et la première à avoir été catégorisée comme telle depuis plusieurs mois. Modiin, qui présentait 71 cas actifs dans la matinée de jeudi, a été classée ville « jaune ». Toutes les autres municipalités du territoire sont considérées comme « vertes ».

Selon le plan israélien dit « de signalisation », qui a été rendu public pour la toute première fois au mois d’août, chaque ville est notée sur un baromètre allant de 0 à 10 sur la base de plusieurs facteurs et notamment du nombre de nouveaux cas pour 1 000 résidents, du taux de tests positifs dans chaque ville et du taux d’augmentation du nombre de nouveaux malades dans chaque localité. Les villes et villages qui obtiennent une moyenne de 7,5 et plus sont intégrés dans la catégorie « rouge » et la note actuelle de Binyamina est de 8.

En tout, 138 nouveaux cas de COVID ont été confirmés au sein de l’État juif mercredi – ce qui marque la troisième journée consécutive où le nombre de nouveaux cas dépasse les 100. Le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré, mercredi, que s’il y avait plus de 100 nouveaux cas quotidiens en moyenne sur une période d’une semaine, alors l’obligation du port du masque dans les espaces clos serait réimposée (elle avait été levée en date du 15 juin). Sharon Alroy-Preis, directrice-générale des services de santé publique au sein du ministère de la Santé, a indiqué jeudi qu’elle pensait que cette obligation pourrait être remise en vigueur d’ici dimanche.

Au début de la semaine, 44 enfants fréquentant une école de Binyamina avaient été testés positifs à la COVID-19 et l’épidémie s’est depuis propagée dans toute la ville. Jeudi matin, un total de 1 107 personnes – la population est d’environ 15 000 habitants – se trouvaient en quatorzaine après avoir côtoyé un malade. L’obligation du port du masque avait été réimposée dimanche dernier à Binyamina et Modiin — dont les écoles ont également connu une reprise de l’épidémie cette semaine.

Mercredi, le ministère de la Santé a annoncé que le port du masque était redevenu obligatoire dans tous les hôpitaux et dans les dispensaires, ainsi que dans les aéroports. Il a précisé qu’il pouvait dorénavant donner l’ordre à tous les Israéliens, même vaccinés ou en rémission – ces derniers sont généralement exempts de mise à l’isolement – de se mettre en quatorzaine s’ils ont été en contact avec un patient touché par le variant Delta, ou s’ils ont embarqué à bord d’un vol en présence d’une personne positive au coronavirus.

Selon les statistiques du ministère de la Santé, 60 % des résidents de Binyamina ont reçu les deux doses de vaccin et 63 % en ont reçu au moins une. Ces chiffres sont légèrement supérieurs à la moyenne du pays, où près de 60 % des résidents ont reçu au moins une dose et où 55 % sont pleinement vaccinés.

Shai Berlin derrière l’écran en plexiglas qu’il vient de réinstaller dans son magasin pour cause de coronavirus à Binyamina, le 21 juin 2021. (Crédit : Nathan Jeffay/Times of Israel)

Le docteur Alon Rappaport, directeur médical de Pfizer Israel, a déclaré au site Ynet jeudi que le vaccin contre la COVID qui a été développé par Pfizer-BioNTech était efficace contre le variant Delta.

« L’agressivité du variant indien est encore indéterminée mais le vaccin a prouvé son efficacité pour le contrer », a dit Rappaport. « Nous ne sommes pas inquiets et nous consultons en permanence les données portant sur l’efficacité du vaccin. Tant que cette efficacité sera élevée – probablement à un taux de plus de 90 % – nous ne pensons pas qu’il sera nécessaire de le modifier. »

Bennett et la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked ont convenu jeudi de rouvrir le système de suivi épidémiologique pour identifier les personnes étant entrées en contact avec chaque malade de la COVID-19.

Jeudi dans la matinée, il y avait 680 cas actifs de coronavirus dans le pays. Il n’y en avait que 290 dimanche.

De gauche à droite : Le responsable de la lutte contre le coronavirus Nachman Ash, le directeur-général du ministère de la Santé Chezy Levy et Sharon Alroy-Preis, cheffe des services de santé publique au ministère, lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 23 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les inquiétudes en Israël sont croissantes face au variant Delta, ultra-contagieux et qui a été pour la première fois identifié en Inde, qui constituerait aujourd’hui environ 70 % des nouveaux cas dans le pays. En visite mardi à l’aéroport Ben Gurion, Bennett a exhorté les Israéliens à ne pas se rendre à l’étranger – en particulier avec des enfants non-vaccinés.

Le Premier ministre, qui a affirmé que le gouvernement œuvrait à « décapiter » le variant Delta « de manière anticipée et décisive », a également appelé les parents des enfants âgés de 12 à 15 ans à faire vacciner ces derniers dans les meilleurs délais et il a noté que le stock de vaccins, en Israël, expirerait dans les prochains mois – recommandant vivement aux adolescents de ne pas perdre de temps pour prendre rendez-vous. Il a conseillé aux jeunes de se faire administrer la première dose avant le 9 juillet.

Les chiffres du ministère de la Santé montrent que les demandes de vaccination contre la COVID-19 ont connu une forte augmentation cette semaine. L’administration de la première dose a été multipliée par deux par rapport à la même période, la semaine dernière.

Mercredi, le gouvernement a annoncé que la date qui permettra aux touristes vaccinés d’entrer en Israël avait été repoussée du 1er juillet au mois d’août au moins face à la menace des nouveaux variants contagieux.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...