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Blinken s’entretient au téléphone avec Bennett et Lapid

Le secrétaire d'État américain affirme "le respect du processus démocratique" en Israël et "l'engagement sans faille" en faveur de liens forts avec Israël

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett rencontre le secrétaire d'État américain Antony Blinken à Jérusalem, le 27 mars 2021. (Crédit : Fitoussi/FLASH90)
Le Premier ministre israélien Naftali Bennett rencontre le secrétaire d'État américain Antony Blinken à Jérusalem, le 27 mars 2021. (Crédit : Fitoussi/FLASH90)

Le Premier ministre Naftali Bennett s’est entretenu au téléphone avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken, qui a promis un fort soutien à Israël et qui a mis l’accent, lors de cet appel sur la lutte commune face à l’Iran alors que l’État juif va connaître son cinquième cycle électoral en moins de quatre ans.

Bennett et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid ont annoncé lundi qu’ils avaient décidé de dissoudre leur propre gouvernement. La Knesset pourrait être démantelée dès mercredi même s’il est plus probable que cette procédure ne se finalise que lundi prochain. Dans ce contexte, Lapid deviendra ensuite Premier ministre par intérim jusqu’à la formation d’une nouvelle coalition au pouvoir.

« J’ai évoqué aujourd’hui avec Bennett la dissolution de la Knesset en soulignant notre respect à l’égard du processus démocratique en Israël, notre engagement sans faille en faveur d’une relation stratégique forte entre les États-Unis et Israël et nos inquiétudes mutuelles concernant l’influence malveillante de l’Iran dans la région », a dit Blinken dans un communiqué.

Blinken a remercié Bennett pour son travail en faveur du renforcement des liens entre les deux pays au cours de son mandat d’un an et le Premier ministre, de son côté, a salué le secrétaire américain pour sa coopération et pour son amitié, soulignant que la dynamique positive entre les deux pays ne devait pas être mise en péril par des considérations politiques – une allusion possible à son prédécesseur, Benjamin Netanyahu, qui avait semblé s’être entièrement rallié au parti républicain, provoquant la colère de nombreux démocrates.

« Grâce à un certain sens de l’intégrité, à un certain sentiment de décence et grâce aussi à notre coopération, nous avons accompli de nombreuses choses », a dit Bennett.

Il a ajouté qu’il apporterait tout son soutien à Lapid, qui devrait probablement lui succéder au poste de Premier ministre, la semaine prochaine.

Le porte-parole du département d’État, Ned Price, a indiqué dans une déclaration que Blinken avait « souligné qu’il est impatient de pouvoir continuer la coordination bilatérale étroite sur des questions régionales et mondiales » et que le président américain Joe Biden attendait avec beaucoup d’intérêt de pouvoir se rendre en Israël, le mois prochain. Les États-Unis avaient précédemment confirmé que Biden viendrait bien dans le pays malgré les troubles politiques qui agitent l’État juif.

Mardi matin, Blinken s’est entretenu au téléphone avec Lapid. Ces appels ont été les premiers entre le chef de la diplomatie américaine et les deux hauts-responsables israéliens depuis la décision prise par ces derniers de dissoudre la Knesset.

Une fois que la dissolution de la Knesset sera finalisée, Lapid prendra le poste de Premier ministre au moins jusqu’au prochain scrutin, qui aura probablement lieu à l’automne.

Le bureau de Lapid a fait savoir que ce dernier et son homologue américain avaient évoqué la visite de Biden, disant que « c’est l’opportunité de souligner le lien personnel profond que le président entretient avec Israël, l’attachement de l’Amérique à la sécurité d’Israël et au renforcement d’Israël dans la région ».

« La visite a des implications significatives pour la région et pour la lutte contre l’Iran et elle présente un potentiel important dans le renforcement de la stabilité et de la sécurité régionales », a noté le bureau de Lapid dans un communiqué.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken et le chef de l’opposition de l’époque, Yair Lapid, à Jérusalem, le 25 mai 2021. (Crédit : Yair Lapid/Twitter)

Lapid a aussi informé Biden de son prochain voyage en Turquie et « des activités conjointes menées avec le gouvernement turc dans la lutte contre le terrorisme ».

Le compte-rendu israélien n’a pas mentionné les agitations politiques en cours dans le pays qui ont été cependant au cœur du communiqué émis par le bureau de Blinken.

Au cours des douze mois d’existence de la coalition, Washington et Jérusalem seront parvenus à éviter les querelles publiques concernant un grand nombre de dossiers potentiellement explosifs.

Malgré de profonds désaccords portant sur une réintégration potentielle des États-Unis dans le JCPOA, l’accord sur le nucléaire signé en 2015 avec Téhéran, les deux parties ont été désireuses de mettre l’accent sur leur dialogue en cours en évitant de souligner leurs différends. Biden avait fait la promesse de rouvrir le consulat américain à Jérusalem qui traitait les affaires palestiniennes, une initiative à laquelle Bennett s’opposait avec véhémence, et le consulat était resté fermé.

Initialement, l’administration Biden avait même évité de prononcer le nom des Accords d’Abraham, qui avaient été signés quand Donald Trump occupait le bureau Ovale. Mais la Maison Blanche a finalement évolué sur le sujet et Blinken est devenu un fervent partisan des Accords, apportant son aide à Lapid pour l’organisation du sommet historique du Negev.

Biden aurait aussi discrètement demandé au Premier ministre israélien de réduire le nombre de constructions dans les implantations. Des plans ont toutefois été avancés concernant des milliers de logements en Cisjordanie et concernant également la légalisation d’avant-postes illégaux.

L’ambassadeur américain Tom Nides, pour sa part, a confirmé lundi que Biden maintenait son déplacement au sein de l’État juif, le mois prochain. Si le processus législatif de dissolution se déroule sans accroc, alors ce sera Lapid qui sera Premier ministre israélien quand l’avion de Biden atterrira, en date du 13 juillet, sur le tarmac de l’aéroport Ben Gurion pour sa toute première visite en tant que président.

Le président américain Joe Biden, à droite, rencontre le Premier ministre Naftali Bennett dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 27 août 2021. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Price avait déclaré mardi mardi aux journalistes que « la force de nos relations ne dépend pas du nom de l’occupant du Bureau ovale. Elle ne dépend pas non plus de l’identité de celui qui occupe le fauteuil de Premier ministre en Israël ». Les élections anticipées pourraient être l’occasion du retour de Benjamin Netanyahu au pouvoir – dont les relations avaient été tendues avec l’ancien président des États-Unis Barack Obama, dont Biden était le vice-président.

« Je ne m’attends pas à ce que les développements politiques en Israël aient des conséquences pour ce que nous tentons d’accomplir ensemble », avait dit le porte-parole. « La force de notre partenariat stratégique ne dépend pas » de la personnalité des dirigeants des deux pays, a-t-il assuré.

Un responsable israélien avait indiqué, la semaine dernière, au Times of Israel – c’était avant l’annonce de la dissolution de la Knesset – que lorsqu’il se trouverait en Israël, Biden rencontrerait Bennett, Lapid, le président Isaac Herzog et le ministre de la Défense Benny Gantz.

Il est aussi habituel que les présidents américains rencontrent le chef de l’opposition israélienne et c’est particulièrement le cas en pleine période électorale. Ce qui entraînerait un entretien potentiel entre Biden et Netanyahu, qui se connaissent depuis longtemps – une relation qui n’a pas été exempte de querelles politiques.

Biden doit passer deux jours au sein de l’État juif et en Cisjordanie avant de faire un arrêt en Arabie saoudite pour prendre part à la réunion annuelle du GCC+3 avec les dirigeants de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de Bahreïn, d’Oman, du Qatar, du Koweït, d’Irak, d’Égypte et de Jordanie.

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