Campus américains : Les accusations de « génocide » liées au militantisme BDS préexistant – étude
L’AMCHA Initiative établit un lien entre le militantisme anti-Israël antérieur et les accusations de "génocide", estimant que des universitaires ont contribué à légitimer cette rhétorique
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Les accusations de « génocide » à l’encontre d’Israël, qui ont pris de l’ampleur sur les campus universitaires américains après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, provenaient principalement d’universitaires et d’intervenants qui soutenaient déjà le mouvement anti-Israël « Boycott, désinvestissement et sanctions » (BDS), selon un rapport d’étude publié mercredi.
Ce rapport soutient que les universitaires ont conféré une légitimité à l’objectif du mouvement BDS, qui consiste à stigmatiser Israël.
Rédigée par l’AMCHA Initiative, une association à but non lucratif qui recense les manifestations d’antisémitisme et lutte contre l’activisme anti-Israël sur les campus américains, cette étude a analysé 278 enregistrements d’événements organisés par des structures universitaires au sein d’établissements américains. Ces structures comprenaient des départements, des centres, des programmes, des instituts et des écoles.
Ces événements se sont déroulés sur 51 campus américains au cours de l’année universitaire 2024-2025. L’étude, intitulée « Quand le militantisme politique acquiert une autorité académique : le BDS et l’accusation de génocide sur les campus américains », a sélectionné des établissements d’enseignement supérieur identifiés par Hillel International comme prisés par les étudiants juifs.
Parmi ces événements, 93 mettaient en scène des intervenants qui avaient fait la promotion du BDS avant le 7-Octobre. Le soutien au BDS comprenait la signature de recours, la publication d’écrits en faveur du BDS, la diffusion de messages sur les réseaux sociaux et la participation à des boycotts.
L’analyse a révélé que les événements auxquels participaient des partisans du BDS étaient 40 fois plus susceptibles d’inclure des accusations de génocide : 85 % de ces événements accusaient Israël de génocide, contre 2 % des événements n’impliquant pas de militants du boycott.
La forte corrélation entre le soutien antérieur au BDS et les accusations de génocide semble indiquer que cette accusation n’était « pas simplement une caractéristique largement partagée du débat universitaire sur Israël et Gaza », indique le rapport.
« Son utilisation était, au contraire, massivement concentrée chez les intervenants qui, dès la période postérieure au 7-Octobre, avaient déjà pris l’engagement d’agir contre Israël », précise-t-il.
En moyenne, sept accusations de « génocide » ont été formulées lors des 83 événements au cours desquels ce type d’accusation a été émis. Lors de l’un de ces événements, cette accusation a été formulée 53 fois, selon le rapport.
Les événements mettant en scène des intervenants favorables au BDS avaient également neuf fois plus de chances d’être parrainés par une unité universitaire dirigée par un responsable soutenant le mouvement de boycott (56 % contre 6 %).
Lors d’un événement décrit dans le rapport d’étude, le 20 octobre 2023, les départements d’études sur le Moyen-Orient de six universités ont coorganisé un séminaire en ligne intitulé « Gaza in Context ». Des intervenants anti-Israël y avaient alors évoqué une « guerre génocidaire », « clairement une guerre génocidaire », une « intention génocidaire », une « machine génocidaire » et « les réalités du génocide en temps réel ». Les programmes participants provenaient de Georgetown, George Mason, Rutgers, Harvard, Brown et de l’université de Chicago.
Parmi les universités étudiées, celles qui ont organisé le plus d’événements avec des intervenants pro-BDS et des accusations de « génocide » étaient Brown, Georgetown et Harvard.
L’un des objectifs centraux du mouvement de boycott est la « non-normalisation » d’Israël. Le BDS définit la « normalisation » comme la participation à tout programme impliquant des Juifs israéliens. Il fait toutefois des exceptions pour les Juifs israéliens qui reconnaissent le mouvement de boycott et pour les programmes constituant une « co-résistance contre le régime israélien ».
L’étude montre que les accusations de « génocide » stigmatisent également Israël en rendant tout engagement avec l’État juif « moralement inacceptable ».
« Les résultats révèlent un lien étroit entre les accusations de génocide dans les programmes universitaires et un effort politique préexistant visant à boycotter et à isoler Israël », indique le rapport.
« Cette relation suggère que l’accusation de génocide fonctionne comme une forme d’anti-normalisation au sein du mouvement BDS. »
L’accusation de « génocide » porte également préjudice aux étudiants pro-Israël, qui peuvent être présentés comme soutenant le génocide – ou comme cautionnant un « crime moral extraordinaire » – en raison de leur défense de l’État juif, selon le rapport.
Un quart des événements auxquels participaient des intervenants soutenant le BDS qualifiaient également Israël de « génocidaire » dans leurs supports promotionnels. Bien que les organisateurs ne puissent contrôler les propos des intervenants, le fait de formuler cette accusation dans des documents officiels conférait une « autorité institutionnelle » à ces accusations politiques, indique l’étude.
Parmi les événements qui formulaient cette accusation de « génocide » dans leurs supports promotionnels, 96 % étaient parrainés par une unité universitaire dirigée par une personne favorable au BDS.
Le fait de relayer cette accusation au sein des universités lui confère une crédibilité en dehors du campus, car les universitaires sont perçus comme ayant davantage d’autorité que les militants politiques.
Les auteurs ont souligné que cette recherche mettait en évidence le parcours suivi par l’accusation de « génocide » : des militants politiques aux universitaires sympathisants qui lui confèrent une autorité institutionnelle, puis au grand public.
L’étude souligne également à quel point les accusations de « génocide » sont apparues très tôt dans la guerre. Entre le 10 et le 24 octobre 2023, alors qu’Israël lançait ses opérations terrestres à Gaza, 14 unités universitaires réparties sur 12 campus américains accusaient Israël de « génocide ». Chacune de ces unités était dirigée par une personne qui soutenait le BDS avant l’assaut barbare et sadique du Hamas, indique le rapport.
Le 10 octobre 2023, soit trois jours après l’attaque du Hamas au cours de laquelle des terroristes et des civils venus de Gaza ont tué plus de 1 200 personnes dans le sud d’Israël et en ont enlevé 251, le département d’études critiques sur la race et l’ethnicité de l’université de Californie à Santa Cruz a par exemple publié sur son site web un communiqué dénonçant « l’attaque génocidaire d’Israël contre Gaza ».
Le génocide, « le crime des crimes », est juridiquement défini comme le fait d’agir avec l’intention de détruire un groupe de personnes.
Bien que le génocide soit un crime international répondant à une définition stricte, ce terme est également utilisé dans le langage courant.
La Cour internationale de justice (CIJ) a déclaré que l’intention génocidaire devait être la seule interprétation raisonnable des actes soupçonnés de génocide.
Certains détracteurs d’Israël ont également cherché à élargir la définition juridique du génocide afin de pouvoir porter cette accusation contre l’État juif.
En 2026, aucun tribunal international n’avait encore jugé Israël responsable d’un génocide à Gaza. La CIJ examine toujours l’affaire portée devant elle par l’Afrique du Sud, qui accuse Israël de « génocide ».
« Qualifier un État de génocidaire ne revient pas simplement à critiquer une politique gouvernementale », indique l’étude de l’Initiative AMCHA, mais « présente le fait de continuer à entretenir des relations avec cet État comme une complicité potentielle dans un mal moral extraordinaire ».
Les auteurs ont appelé à la mise en place de mesures de protection au sein des universités contre la politisation du monde universitaire, à la mise en place de mécanismes de contrôle visant à examiner les abus d’autorité académique à des fins politiques, à la suspension des financements publics en cas de politisation, ainsi qu’à l’adoption d’une législation contre les boycotts universitaires à caractère politique.
la Communauté du Times of Israël !







