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Commémoration des 70 ans de la libération d’Auschwitz

Les derniers survivants et de nombreux chefs d'Etat doivent visiter le camp de concentration

Des membres de la Knesset à l'entrée de l'ancien camp nazi d'Auschwitz-Birkenau le jour international de la Shoah, le 27 janvier 2014 
(Crédit : AFP/Janek Skarzynski)
Des membres de la Knesset à l'entrée de l'ancien camp nazi d'Auschwitz-Birkenau le jour international de la Shoah, le 27 janvier 2014 (Crédit : AFP/Janek Skarzynski)

Trois cents survivants d’Auschwitz retournent mardi sur les lieux de l’une des pires horreurs de l’histoire humaine pour lancer une mise en garde, peut-être leur dernière, contre la répétition d’un tel crime, 70 ans après la libération de ce camp de la mort par l’Armée rouge.

« C’est un dernier anniversaire rond, célébré en présence d’un groupe important de survivants », a relevé Piotr Cywinski, directeur du musée du camp d’Auschwitz installé dès 1940 par l’Allemagne nazie dans le sud de la Pologne.

« C’est leur voix qui porte la mise en garde la plus forte contre notre capacité de pratiquer l’humiliation, la haine et le génocide. Bientôt, ce sera à nous, les générations de l’après-guerre, de transmettre cet enseignement terrible et les leçons accablantes qui en découlent », a-t-il poursuivi dans une déclaration sur le site Internet du musée.

Les présidents français François Hollande, allemand Joachim Gauck et ukrainien Petro Porochenko, le chef de l’administration présidentielle russe Sergueï Ivanov et le secrétaire américain au Trésor Jack Lew doivent notamment assister à la cérémonie principale mardi après-midi devant le mémorial de Birkenau, lieu d’extermination d’un million de Juifs européens.

Le roi des Belges Philippe Ier accompagné de son épouse Mathilde et celui des Pays-Bas Willem-Alexander avec la reine Maxima y sont aussi attendus, avec une vingtaine d’autres présidents ou Premiers ministres. Une centaine d’anciens prisonniers vendront d’Israël avec un ministre. Le cardinal archevêque de Cracovie Stanislaw Dziwisz sera là au nom du Saint-Siège.

Moscou a expliqué l’absence du président Vladimir Poutine par le fait qu’il n’avait pas été officiellement invité. En fait, aucune invitation officielle n’a été envoyée aux responsables politiques, le Musée d’Auschwitz-Birkenau ayant décidé d’axer ce 70e anniversaire sur les survivants dont beaucoup sont nonagénaires.

M. Poutine n’ira pas non plus, selon les médias tchèques, aux commémorations organisées lundi et mardi par le Congrès européen juif à Prague et sur le site de l’ancien camp nazi de Terezin (Theresienstadt), bien qu’il y fût invité par son homologue Milos Zeman.

La Fédération des communautés juives tchèques s’est fermement opposée à sa venue à Prague le 27 janvier, déclaré par l’ONU Journée internationale du souvenir des victimes de l’Holocauste.

« Le régime instauré et incarné par Vladimir Poutine ne respecte pas les accords internationaux, fait preuve d’agressivité à l’extérieur et occupe par la force le territoire d’un Etat voisin », a écrit la Fédération dans une allusion à l’intervention russe en Ukraine.

C’est l’armée soviétique qui a libéré en 1945 le camp d’Auschwitz-Birkenau, où quelque 1,1 million de personnes avaient été exterminées, dont un million de Juifs de différents pays d’Europe. Devenu « Lieu de mémoire et Musée », il a accueilli l’an dernier 1,5 million de visiteurs.

Le plus grand et le plus meurtrier de tous les camps d’extermination et de concentration nazis, Auschwitz-Birkenau, est le seul à avoir été préservé tel qu’il avait été abandonné par les Allemands en fuite devant l’Armée rouge.

D’autres camps d’extermination nazis en Pologne, comme Sobibor, Treblinka ou Belzec, ont été complètement détruits par les Allemands pour en effacer les traces.

A Auschwitz-Birkenau, les ruines des chambres à gaz et les fours crématoires, que les nazis ont fait sauter avant de fuir, choquent les visiteurs autant que les ruines de quelque 300 baraquements qui s’étendent à perte de vue sur un terrain de près de 200 hectares.

Pour préserver le camp, la Pologne a créé un fonds spécial, pour lequel l’Allemagne a offert la moitié des 120 millions d’euros requis. Leur placement doit apporter des recettes annuelles de 4 à 5 millions d’euros pour un programme de travaux de conservation étalé sur 25 ans.

« Ce que les nazis ont voulu anéantir, nous allons le sauver de l’oubli », a déclaré Wladyslaw Bartoszewski, ex-chef de la diplomatie polonaise et ancien prisonnier d’Auschwitz.

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