Contredisant Kerry, Zarif nie avoir discuté de la crise en Syrie avec lui
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Contredisant Kerry, Zarif nie avoir discuté de la crise en Syrie avec lui

L’accord sur le nucléaire était le seul sujet au programme de la rencontre avec le secrétaire américain, affirme Téhéran

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry (à gauche) avec le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif à Genève, Suisse, 30 mai 2015. (Crédit : AFP / Susan Walsh, Pool)
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry (à gauche) avec le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif à Genève, Suisse, 30 mai 2015. (Crédit : AFP / Susan Walsh, Pool)

Contredisant ouvertement John Kerry, l’Iran a insisté dimanche pour dire que son ministre des Affaires étrangères n’a pas discuté de la crise syrienne ni toute autre question régionale dans les discussions avec le Secrétaire américaine qui se sont déroulées samedi à New York.

« Il n’y a pas eu de négociations sur les questions régionales lors de la rencontre entre les ministères des Affaires étrangères de deux pays, » a déclaré la porte-parole de ministère iranien des Affaires étrangères, Marziyeh Afkham.

Kerry et son homologue iranien Javad Zarif ont seulement eu des discussions sur la question du nucléaire, et des mesures pour mettre en pratique l’accord de juillet entre Téhéran et les puissances mondiales, a ajouté Afkhan.

« Lors de la rencontre, les deux parties ont également discuté et échangé leurs points de vue sur les méthodes pour éviter le manque de confiance dans la mise en place de l’accord par le Plan d’Action Commun et Global », a déclaré Afkham.

Le porte-parole de Kerry avait indiqué que le secrétaire d’Etat, avait soulevé lors des pourparlers ses inquiétudes au sujet de l’instabilité en Syrie et au Yémen, et le sort des Américains détenus par l’Iran ou disparus en Iran.

Le secrétaire lui-même, avant la réunion, avait dit : « j’envisage cette semaine comme une opportunité majeure pour un certain nombre de pays de jouer un rôle important pour essayer de résoudre certains des problèmes très difficiles (du) Moyen-Orient… Nous devons réaliser la paix et [trouver] la voie pour faire avancer la Syrie et le Yémen… dans la région », a-t-il ajouté.

« Je pense qu’il y a des possibilités cette semaine, à travers ces discussions, de faire des progrès ».

Marzieh Afkham en conférence de presse en 2013 (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Marzieh Afkham en conférence de presse en 2013 (Crédit : Capture d’écran YouTube)

 
Afkham la semaine dernière a accusé l’administration Obama de chercher à blâmer les autres pour sa mauvaise politique en Syrie, a indiqué l’agence de presse semi-officielle Fars.
 
« Les commentaires du secrétaire d’Etat américain invitant l’Iran à jouer un rôle constructif en Syrie est une tentative de rejeter le blâme des autres et va à l’encontre des réalités de la crise en Syrie », a-t-elle déclaré aux journalistes jeudi.
 
« Tout plan et solution visant à mettre fin à la crise en Syrie qui ne donne pas la priorité à la lutte contre les terroristes et les Takfiri et des groupes extrémistes est voué à l’échec, et poser toute condition préalable à la lutte contre les terroristes et les groupes extrémistes signifie que la crise ne finira jamais », a-t-elle ajouté.
 
Avant leurs entretiens, Zarif avait dit que l’objectif principal de sa rencontre avec Kerry serait la mise en œuvre de l’accord nucléaire.

Il a précisé que l’Iran n’était seulement disposé à discuter des questions régionales, y compris la bousculade mortelle pendant le pèlerinage à La Mecque en Arabie saoudite, que « dans le forum international approprié ».
 
A New York, vendredi, le président iranien, Hassan Rouhani, a déclaré que les liens Iran-Etats-Unis s’étaient améliorés au cours des dernières années, mais qu’il y avait « encore un long chemin à parcourir » jusqu’à ce que les deux pays établissent des relations normales.
 
Le président iranien a déclaré que l’opposition exprimée par certains législateurs américains sur l’accord nucléaire iranienne reflète « les jugements extrémistes extrêmement acerbes » et n’a pas été bien reçue en Iran.

« C’était comme s’ils étaient sur une autre planète », a-t-il expliqué, selon Reuters. « Ils ne semblent pas savoir où l’Iran se situe ».
 
« La question nucléaire est un gros test dans le cadre des questions [qui se posent] entre les États-Unis et l’Iran », a déclaré Rouhani.

« Si nous pouvons voir que nous pouvons parvenir à un succès … et que les deux parties ont contribué à ce succès en toute bonne foi, alors peut-être que nous pouvons construire sur cela ».
 
Rouhani a déclaré que la mise en œuvre de l’accord sur le nucléaire permettrait d’améliorer l’atmosphère pour permettre la réalisation de progrès.
 
Il a également déclaré que l’Iran peut jouer un rôle constructif dans la lutte contre la menace du groupe de l’Etat islamique, qui a pris le contrôle de larges pans de la Syrie et de l’Irak, et que les puissances mondiales ont eu tort d’essayer de garder l’Iran hors des discussions sur la façon de faire face à cette menace.
 
L’Iran est « un pays puissant et efficace dans la région, c’est indéniable », a déclaré Rouhani. Sans l’intervention iranienne aux côtés du gouvernement de Bagdad à un moment crucial de l’année dernière, a-t-il ajouté, l’État islamique aurait pu déjà avoir pris tout l’Irak.
 
« Si cela n’avait pas été grâce à l’aide de l’Iran, Bagdad serait tombée et certainement Daesh [Etat islamique] aurait été au pouvoir à Bagdad », a-t-il supputé.
 
Rouhani a défendu le régime syrien de Bashar el-Assad contre les accusations de brutalité face à ses adversaires.

Il a nié toute connaissance de l’utilisation de « bombes baril » contre les civils dans la guerre civile en Syrie, mais a suggéré que Damas avait le droit d’utiliser tout ce qu’il a à sa disposition pour contrer « les terroristes ».

Citant les décapitations de femmes et d’enfants et d’autres atrocités commises par les extrémistes de l’Etat islamique, il a ajouté : « avec un tel groupe sauvage, inhumain, et barbare, comment devrions-nous les combattre ? »

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