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Controverse autour du penthouse d’un milliardaire juif new-yorkais

Les voisins de Bill Ackman jugent le projet de surélévation un peu démesuré, - or le vrai problème réside plutôt dans la capacité de la ville à maîtriser ses richissimes propriétaires

Le milliardaire William Ackman, à gauche, et son épouse Neri Oxman, designer et professeur israélo-américaine, sont au centre d'une controverse immobilière dans l'Upper West Side. (Crédit : Sean Zanni/Patrick McMullan, via Getty Images/JTA)
Le milliardaire William Ackman, à gauche, et son épouse Neri Oxman, designer et professeur israélo-américaine, sont au centre d'une controverse immobilière dans l'Upper West Side. (Crédit : Sean Zanni/Patrick McMullan, via Getty Images/JTA)

(New York Jewish Week via JTA) – Les voisins de Bill Ackman, gestionnaire de fonds spéculatifs, et de sa femme, l’architecte et designer d’origine israélienne Neri Oxman, s’opposent au pavillon de verre de deux étages que le couple veut construire sur le toit de son immeuble de la 77e rue ouest de Manhattan.

Le différend a attiré la curiosité de beaucoup d’habitants de la Grande pomme, notamment le légendaire journaliste de PBS Bill Moyers (il est contre), selon le New York Times.

La chroniqueuse Gina Bellafante rapporte que le différend ne porte pas sur l’architecture historique, la lumière du soleil ou d’autres points sensibles similaires dans les conflits de répartition en zones de la ville de New York. Il s’agit en fait de savoir ce que la ville va faire, le cas échéant, pour limiter le pouvoir croissant de sa classe de milliardaires.

Un débat de trois heures sur la proposition au sein de la Landmarks Preservation Commission, écrit Bellafante, a porté sur « l’endroit où le mur de soutènement devrait être érigé contre les désirs des personnes magnifiquement riches de configurer le monde précisément selon leurs goûts ».

Ackman a profité d’une énorme aubaine en mars 2020 en pariant que la COVID-19 allait faire s’effondrer l’économie. Née à Haïfa, Oxman, qui enseigne au MIT, s’est attirée de nombreux éloges pour son travail de pionnière fusionnant les principes de la nature et de la durabilité dans ses designs.

Le couple – qui a été présenté par Marty Peretz, ancien éditeur de The New Republic et cofondateur de TheStreet.com – s’est marié à la synagogue centrale en janvier 2019. Ackman a fait don de sommes importantes à un éventail de causes juives, du Centre d’histoire juive à Taglit-Birthright.

Parmi leurs soutiens lors de la réunion du Landmarks Preservation Committee figuraient de nombreux juifs, dont le critique d’architecture Paul Goldberger, Louise Mirrer, présidente de la New-York Historical Society et experte en judaïsme espagnol médiéval, et Betsy Gotbaum, ancienne présidente de la Historical Society et Public Advocate de la ville de New York de 2002 à 2009. L’ancien propriétaire de la propriété était Norman Pearlstine, cadre dans le secteur des médias.

Le conflit se déroule dans le contexte de l’obsession des médias et du public pour les milliardaires et leurs dépenses – notamment à travers la série HBO « Succession », les récents voyages autofinancés dans l’espace de Jeff Bezos et Richard Branson, et les débats du Congrès sur l’augmentation des impôts sur les très riches. Manhattan, où les nouveaux immeubles d’habitation de luxe « supertall » modifient le paysage, est au centre de la discussion.

Comme le rapporte Bellafante, la commission des monuments de la ville a demandé à Ackman et à son architecte, le « starchitecte » britannique Norman Foster, de soumettre un nouveau plan pour le pavillon sur le toit avec un deuxième étage plus petit.

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