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Analyse

COVID: Le « bon sens » des Israéliens a-t-il aidé à stopper une nouvelle vague ?

Cette fois-ci, quand le nombre de cas a commencé à augmenter, les citoyens n'ont pas attendu de nouvelles restrictions pour faire preuve de vigilance

Une infirmière du Magen David Adom avec un test antigénique de dépistage rapide à la COVID-19 dans un centre de dépistage de type Drive-in à Jérusalem, le 22 mars 2022. (Crédit :  Olivier Fitoussi/Flash90)
Une infirmière du Magen David Adom avec un test antigénique de dépistage rapide à la COVID-19 dans un centre de dépistage de type Drive-in à Jérusalem, le 22 mars 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les craintes d’une nouvelle vague de coronavirus subsistent, même si le nombre de cas est à nouveau en baisse, succédant à une hausse, et que le taux de transmission se trouve à nouveau en dessous de 1. Ces diminutions combinées du nombre de cas et du taux de transmission sont une bonne nouvelle qui pourrait souligner la capacité des Israéliens à répondre au virus en utilisant simplement le bon sens.

Après l’intense vague du variant Omicron, dont le pic avait été atteint à la fin du mois de janvier, le nombre de cas a chuté pendant un moment. Le nombre de nouveaux cas a néanmoins recommencé à augmenter à la mi-mars, entraînant l’inquiétude d’une sixième vague.

Les experts ont pointé du doigt le sous-variant BA.2 d’Omicron, extrêmement contagieux, l’impact de la levée des restrictions et des facteurs biologiques encore mal appréhendés. Les politiciens, pour leur part, ont observé les statistiques avec préoccupation.

Mais dimanche, le taux de transmission est retombé à 0,98, ce qui marque sa première chute sous le chiffre de 1 depuis deux semaines. Et le dernier taux de reproduction de base – ou taux de transmission, appelé par ailleurs R-0 – est de 0,89.

Ce chiffre est important dans la mesure où le taux de transmission est utilisé pour évaluer la propagation du virus, tout chiffre au-dessus de 1 indiquant que l’épidémie est en essor, et tout chiffre en-dessous de 1 montrant qu’elle décélère.

Cette statistique est calculée sur la base de données recueillies dix jours auparavant, et elle indique donc que le nombre de contaminations était d’ores et déjà en baisse à ce moment-là.

Le nombre de nouveaux cas quotidiens est aussi en baisse. Sur une base moyenne mobile, le pic le plus récent de l’épidémie s’est produit en date du 30 mars avec 13 381 cas. Ce nombre est tombé à 10 952.

Cette chute du nombre de cas s’explique notamment par le nombre très important d’Israéliens ayant contracté Omicron et ayant acquis, par cela, une immunité – ce qui implique que le virus n’a que des cibles limitées à infecter – et que cela va rester le cas au moins pour le moment, alors que la protection dont bénéficient les personnes qui se sont rétablies est forte.

Mais il y a aussi une explication comportementale.

Un graphique montrant le nombre de nouveaux cas quotidiens de la COVID-19 avec les chiffres quotidiens et bleu et la moyenne mobile en rouge. En abscisse, la date et en ordonnée, le nombre de cas quotidiens. (Crédit : Ministère israélien de la Santé)

« Ce que nous avons constaté, c’est que les gens ont été sensibles aux informations transmises, qu’ils ont fait preuve de prudence, qu’ils ont pris le soin de porter le masque et de se préoccuper des personnes âgées », déclare le professeur Nadav Katz au Times of Israel, notant que la hausse s’est arrêtée sans l’imposition de nouvelles règles et rapidement après l’allègement des restrictions.

« Nous avons constaté que des facteurs comportementaux peuvent être très puissants – aussi puissants, si ce n’est plus, que les restrictions », a ajouté Katz, membre éminent de l’équipe de l’université hébraïque qui contrôle et qui modélise les statistiques du coronavirus. « On peut donner pour instruction aux gens de se montrer plus prudents et ça peut réussir mais si les gens ont la motivation nécessaire pour faire preuve de prudence et de vigilance sur la base de la réalité qu’ils observent, alors ça peut être d’une très grande efficacité ».

Photo d’illustration : Un kit de test antigénique à domicile servant à dépister le coronavirus à Jérusalem, le 9 janvier 2022. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le professeur Nadav Davidovitch, épidémiologiste renommé, en convient. Il indique que l’augmentation du nombre de cas a été limitée dans la mesure où le niveau d’immunité est élevé – ce qu’a également fait remarquer Katz. Mais il ajoute qu’un certain « bon sens » a aussi eu un impact majeur.

« Les gens n’attendent plus que l’on énonce des restrictions pour réagir », fait remarquer Davidovitch, qui travaille à l’université Ben-Gurion et qui est également leader du syndicat israélien des médecins, au Times of Israel.

« Il y a beaucoup de réactions de bon sens malgré la lassitude entraînée par la pandémie ; les gens commencent à réagir sur la base de ce bon sens. Ce à quoi nous assistons, c’est à un sentiment de normalisation de la COVID, à l’acceptation du fait que nous vivons dans son ombre, ce qui signifie que quand le nombre de cas commence à s’élever, les gens savent comment réagir et qu’ils se conduisent en conséquence », note-t-il.

Katz se dit optimiste après la vague intense qui s’est abattue sur le pays au mois de décembre et au mois de janvier, et suite au dernier pic. « S’il n’y a pas d’autres variant significatif à l’horizon, il me semble que notre situation est bonne », affirme-t-il.

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