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Craintes d’une « triple épidémie » avec 31 % d’hospitalisations en plus liées au VRS

Alors qu’ils luttent contre le COVID et la grippe, les médecins sont confrontés à la propagation rapide du virus respiratoire syncytial, un effet indirect de la pandémie

Un bébé malade portant un masque d'inhalation pour traiter le virus respiratoire syncytial (VRS) sur un lit d'hôpital. (Crédit : GOLFX/iStock/Getty Images)
Un bébé malade portant un masque d'inhalation pour traiter le virus respiratoire syncytial (VRS) sur un lit d'hôpital. (Crédit : GOLFX/iStock/Getty Images)

Un trio de virus est en augmentation, amenant certains experts à mettre en garde contre une  » triple épidémie  » de COVID, de grippe et du VRS, beaucoup moins connu.

Le virus respiratoire syncytial est un virus qui affecte les voies respiratoires supérieures, et les cas en Europe, en Amérique et en Israël augmenteraient rapidement. Le ministère de la Santé a indiqué jeudi que la semaine dernière, le nombre de patients atteints du VRS hospitalisés avait augmenté de 31 %. Depuis le début du mois d’octobre, 696 personnes ont été hospitalisées à cause du VRS, dont 229 la semaine dernière.

La plupart des enfants contractent le VRS avant l’âge de trois ans, et il est rare que cette maladie soit nommée par les parents qui, généralement, se contentent de dire que leurs enfants « ne se sentent pas bien » ou « ont un virus ».

Comme pour le COVID, le virus ne devient préoccupant que lorsqu’il frappe les personnes vulnérables. Chez les nourrissons, les personnes âgées et les personnes souffrant de pathologies, il peut provoquer des maladies plus graves telles que l’infection des poumons, la bronchiolite, une inflammation des petites voies respiratoires du poumon, et la pneumonie. Le VRS cause plus de cas de bronchiolite et de pneumonie avant l’âge d’un an que tout autre agent pathogène.

Normalement, les cas de morbidité sont dispersés, et les hôpitaux n’ont aucun mal à gérer le flux de cas graves qui leur parvient. Mais on observe actuellement une hausse soudaine des cas, qui, de plus est, survient au cours d’un hiver où les hôpitaux sont déjà confrontés à deux autres maladies respiratoires majeures – le COVID et la grippe.

« Israël connaît actuellement ce qui a déjà été observé en Amérique du Nord et dans d’autres pays, avec l’augmentation du VRS », a déclaré au Times of Israel le professeur Moshe Ashkenazi, pédiatre réputé et directeur adjoint de l’hôpital pour enfants de l’hôpital Sheba. « Il se propage plus violemment que les années précédentes.

« Les gens ne doivent pas paniquer, mais ils doivent être conscients que c’est un virus qui est dangereux pour les nouveau-nés, particulièrement pour les prématurés, et pour les enfants atteints de maladies cardiaques et pulmonaires. »

Le VRS – un rendu 3D du virus (Crédit : CIPhotos/iStock/Getty Images)

Ce qui distingue le VRS de la grippe et du COVID, c’est la disponibilité des vaccins. En effet, les vaccins de ces deux derniers virus sont facilement accessibles et peu coûteux pour les prestataires de soins. « Il existe un vaccin contre le VRS, mais il n’est administré qu’aux personnes les plus à risque, car il s’agit d’une injection spéciale d’anticorps administrée en cinq fois et qui coûte 20 000 à 30 000 dollars par personne et par saison. »

Les raisons pour lesquelles le VRS connaît un pic aujourd’hui, après avoir enregistré une baisse au plus fort de la pandémie de COVID, ne sont pas claires. Mais les experts de la santé sont d’avis qu’avec le port du masque et la distanciation sociale, les gens ont moins été exposés aux virus que d’habitude et que leur immunité est par conséquent réduite.

« Il existe une théorie selon laquelle, pendant longtemps, nous avons porté des masques et nous n’avons pas été exposés aux virus habituels auxquels nous aurions été normalement, et donc les niveaux d’immunité contre les virus généraux sont faibles », a déclaré Ashkenazi. « Maintenant que les masques sont moins portés, le VRS se propage davantage ».

Les recherches scientifiques soutiennent la théorie selon laquelle les masques ont pu contribuer à repousser le VRS. Tout comme le COVID, le VRS se propage principalement par des gouttelettes provenant d’une personne infectée – en général lorsqu’elle tousse ou éternue – qui pénètrent dans les voies respiratoires d’une autre personne.

Le Dr Moshe Ashkenazi, directeur adjoint de l’hôpital pour enfants du Sheba Medical Center (Crédit : Autorisation de l’hôpital Sheba)

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) viennent de signaler la menace du VRS aux côtés du COVID et de la grippe. « Le VRS est en augmentation depuis octobre, avec une vingtaine de pays et de zones connaissant une intensification des cas de VRS », ont-ils déclaré dans un communiqué commun.

« Le nombre de cas de COVID, les admissions dans les hôpitaux et les unités de soins intensifs, ainsi que les taux de mortalité sont actuellement faibles par rapport aux 12 derniers mois, mais cette situation pourrait changer avec l’émergence de nouveaux variants, alors que la maladie continue de peser sur les ressources de santé « , précise le communiqué.

« En raison de l’impact persistant de la pandémie de COVID ainsi que de la circulation et de l’impact sur la santé d’autres agents pathogènes respiratoires, il est difficile de prévoir comment cela va évoluer cet hiver. »

Ashkenazi a déclaré que le VRS commence généralement par une toux et un écoulement nasal, parfois accompagnés d’éternuements, de fièvre et/ou d’un impact sur l’appétit.

« D’un point de vue pratique, si les gens ont quelque chose de plus grave qu’un écoulement nasal, ils doivent rester chez eux ou protéger leur environnement en portant un masque », a-t-il déclaré.

Lors de l’apparition des symptômes, les personnes infectées peuvent avoir été contagieuses depuis un jour ou deux déjà. Elles restent normalement contagieuses pendant trois à huit jours, voire plus longtemps dans certains cas.

Selon le docteur Ashkenazi, lorsque les symptômes sont légers, les personnes qui ne présentent pas de risque élevé n’ont normalement pas besoin de consulter un médecin. Toutefois, en cas de « signaux alarmants », elles devraient faire un test de dépistage du coronavirus à domicile pour éliminer le COVID, et aller chez le médecin si le test est négatif.

Ces signaux sont notamment « l’essoufflement, l’incapacité à dormir à cause de la toux, la toux avec une grande quantité de phlegme, ou un changement d’état mental », a-t-il déclaré. « La meilleure chose que nous puissions faire est de nous vacciner contre les virus pour lesquels nous disposons de vaccins – grippe et COVID – afin de réduire les cas de maladies respiratoires dans la mesure du possible. »

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