Dans le Néguev, des scientifiques israéliens préparent une mission sur Mars
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Dans le Néguev, des scientifiques israéliens préparent une mission sur Mars

Six "Ramonautes" ont passé quatre jours dans la zone du cratère de Ramon, simulant la vie sur la planète rouge et menant des expériences dans le cadre de plusieurs études

Des scientifiques israéliens participent au projet D-MARS qui simule la vie sur Mars, près de Mitzpe Ramon, dans le sud d'Israël, le 18 février 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)
Des scientifiques israéliens participent au projet D-MARS qui simule la vie sur Mars, près de Mitzpe Ramon, dans le sud d'Israël, le 18 février 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Au plus profond d’une nature sauvage, cratérisée et rocailleuse, six pionniers israéliens se sont essayés ce mois-ci à la vie sur Mars.

Dimanche, ils ont enlevé leurs casques et respiré l’air pur du désert du Négev en Israël, où ils avaient passé les quatre derniers jours à simuler une mission sur la planète rouge.

La mission était la première de plusieurs « expéditions » planifiées vers Mars, qui ont eu lieu dans l’installation D-MARS (Desert Mars Analog Ramon Station) près de la ville de Mitzpeh Ramon, dans le cratère accidenté de Ramon.

Des astronautes israéliens marchent parmi les panneaux solaires au début de leur mission sur le projet D-MARS, le 18 février 2018. (AFP/ MENAHEM KAHANA)

L’expérience, l’une des nombreuses missions de reconstitution de la planète Mars à travers le monde, avait pour but d’aider à planifier une future mission habitée sur la planète rouge et de relancer le programme spatial israélien, essentiellement naissant, qui consiste actuellement en un savoir-faire technologique, un certain nombre de satellites et beaucoup de rêves.

L’initiative est financée par l’Agence spatiale israélienne et le ministère israélien des Sciences, de la Technologie et de l’Espace.

« D-Mars s’occupe pour moitié des recherches, et pour l’autre moitié de la sensibilisation. Une partie importante de ce projet consiste à susciter l’intérêt du public et à intéresser les étudiants à l’espace », a déclaré Guy Ron, un des participants, à l’agence de presse Reuters.

Au cours de la simulation, les « Ramonautes » ont testé la conception de l’habitat, les combinaisons spatiales, l’infrastructure de communication et les flux de travail avec le Centre d’appui à la mission, selon les organisateurs du projet.

De plus, ils ont réalisé cinq expériences scientifiques, dont l’exploration des rayonnements cosmiques, un projet d’impression 3D et un test psychologique.

Un scientifique israélien se prépare à quitter la station spatiale D-MARS dans le cadre d’un projet simulant la vie sur Mars, à l’extérieur de Mitzpe Ramon, dans le sud d’Israël, le 18 février 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Au cours de la simulation, les « Ramonautes » ont mangé de la nourriture en capsules, ont vécu dans des endroits confinés et portaient des combinaisons spatiales chaque fois qu’ils devaient quitter leur nacelle pour faire des expériences.

L’emplacement dans le cratère de Ramon était destiné à simuler le terrain de la planète rouge, avec « beaucoup de similitudes avec l’environnement martien actuel en termes de géologie, d’aridité et d’isolement », selon les organisateurs.

Wadi Rum, à une centaine de kilomètres en Jordanie, a été utilisé pour représenter Mars dans le film « The Martian » et d’autres films hollywoodiens, et est maintenant commercialisé auprès des touristes à la recherche d’une « expérience martienne ».

Le Dr Hillel Rubinstein, commandant de campagne et chef de la mission israélienne, a décrit D-Mars comme « une expérience unique et passionnante, une équipe extraordinaire », ajoutant que « même les adultes peuvent continuer à rêver d’étoiles lointaines ».

Un outil, mais pas une recette miracle

Mais certains prétendent que ce rêve sera bientôt une réalité.

Bien qu’une mission habitée sur Mars reste dans le domaine de la science-fiction, le lancement récent de la fusée Falcon Heavy de Space-X a suscité des espoirs. Le lancement « nous met dans une toute autre perspective de ce que nous pouvons envoyer dans l’espace lointain, ce que nous pouvons envoyer sur Mars », a déclaré Kartik Kumar, un astronaute expérimental participant à une simulation martienne similaire dans le désert d’Oman.

Des entreprises publiques et privées courent vers Mars – l’ancien président Barack Obama et le fondateur de SpaceX, Elon Musk, ont déclaré que les hommes marcheraient sur la planète rouge dans quelques décennies.

De nouveaux candidats comme la Chine rejoignent les États-Unis et la Russie dans l’espace avec un programme Mars ambitieux, quoique flou.

Des sociétés aérospatiales comme Blue Origin ont édité des plans de futures bases, navires et combinaisons.

Les astronautes expérimentaux israéliens commencent leur mission sur le projet D-MARS le 18 février 2018 (AFP /MENAHEM KAHANA)

Des stations spatiales expérimentales ont été construites sous l’eau au large des côtes de la Floride, dans les déserts glacés et sombres de l’Antarctique, et dans les cratères volcaniques d’Hawaï, selon « Packing For Mars », un livre apprécié de nombreux scientifiques spécialistes de la planète Mars, écrit par Mary Roach.

« Les expérimentations terrestres sont un outil d’exploration spatiale, mais ils ne sont pas une véritable solution », a déclaré Scott Hubbard, connu sous le nom de « Mars czar » lorsqu’il dirigeait le programme Mars de l’agence spatiale américaine. Certaines simulations ont permis de mettre au point des caméras, des robots mobiles, des combinaisons et des systèmes de survie en réseau fermé, a-t-il ajouté.

La NASA a utilisé le désert de Mojave pour tester des robots destinés à la planète rouge, mais elle a aussi beaucoup appris sur la façon dont les humains peuvent s’adapter.

Des astronautes israéliens expérimentaux en mission sur le projet D-MARS le 18 février 2018. (AFP / MENAHEM KAHANA)

« L’adaptabilité de l’homme dans un environnement non structuré est encore bien meilleure que n’importe quel robot que nous pouvons envoyer dans l’espace », a dit Hubbard, ajoutant que les gens, et pas seulement les robots, sont la clé de l’exploration de Mars.

La liste des « expérimentations de planètes » de l’Agence spatiale européenne comprend des projets au Chili, au Pérou, en Afrique du Sud, en Namibie, au Maroc, en Italie, en Espagne, au Canada, en Antarctique, en Russie, en Chine, en Australie, en Inde, en Allemagne, en Norvège, en Islande et dans neuf États américains. Jeudi prochain, les scientifiques israéliens vont faire une simulation plus courte dans une réserve naturelle appelée D-Mars.

Cependant, il reste tellement d’inconnues que les simulations « ne remplacent aucunement le fait d’être sur place », a dit Hubbard.

Des scientifiques israéliens participent au projet D-MARS qui simule la vie sur Mars, près de Mitzpe Ramon, dans le sud d’Israël, le 18 février 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)
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