Israël en guerre - Jour 258

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Dans un kibboutz déserté à la frontière libanaise, des bénévoles veillent

Ils sont une trentaine de résidents, sur les 850 habitants du kibboutz, à être restés malgré la menace des frappes du Hezbollah

Dans son kibboutz quasi-désertique de Kiryat Shmona, Yoav Hermoni, membre de l'équipe d'intervention rapide du kibboutz, porte une arme et consulte une carte, le 15 novembre 2023, dans un contexte de tensions transfrontalières croissantes, alors que les combats se poursuivent avec le Hamas dans le sud de la bande de Gaza. (Crédit : AFP)
Dans son kibboutz quasi-désertique de Kiryat Shmona, Yoav Hermoni, membre de l'équipe d'intervention rapide du kibboutz, porte une arme et consulte une carte, le 15 novembre 2023, dans un contexte de tensions transfrontalières croissantes, alors que les combats se poursuivent avec le Hamas dans le sud de la bande de Gaza. (Crédit : AFP)

Mya Pikoos ne fermait jamais la porte de sa maison, dans son kibboutz situé dans le nord d’Israël. Aujourd’hui, elle dort avec un couteau et un spray au poivre sous son oreiller.

Sa vie a basculé depuis le 7 octobre et les attaques sur le territoire israélien du groupe terroriste islamiste Hamas, sans précédent depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948. Car les habitants craignent désormais qu’un autre front tout aussi intense se déclenche au nord, le long de la frontière avec le Liban.

« Les deux premières semaines ont été les plus intenses de ma vie », explique cette femme âgée de 30 ans, devenue volontaire paramédicale. « C’est un endroit que j’aime et je ne veux pas l’abandonner. »

« Je me suis promise de rester tant que je peux aider et être utile. »

Aux côtés des oiseaux migrateurs, des drones survolent la zone.

Le kibboutz, 850 habitants, est devenu une ville fantôme. Les ruelles sont piquées de citronniers pleins de fruits mûrs qui n’ont pas été cueillis. Des chats errent dans la journée, désormais des chacals et des sangliers dans la nuit.

Mya Pikoos, résidente d’un kibboutz et auxiliaire médicale bénévole, s’exprime lors d’un entretien avec l’AFP devant sa maison dans le kibboutz Dan évacué, près de la frontière libanaise, le 15 novembre 2023, dans un contexte de tensions transfrontalières croissantes, alors que les combats se poursuivent avec le Hamas dans le sud de la bande de Gaza. (Crédit : John MACDOUGALL / AFP)

Ils sont une trentaine de résidents à être restés malgré la menace des frappes du Hezbollah, groupe terroriste pro-iranien allié du Hamas, dont les postes avancés ne sont qu’à trois kilomètres de là, de l’autre côté de la frontière.

Parmi eux, l’équipe de sécurité et des agriculteurs qui prennent soin des avocatiers.

Le Hezbollah, ennemi juré d’Israël depuis la guerre qui les a opposés en 2006, a dit être « entré dans la bataille depuis le 8 octobre » pour soutenir le Hamas.

Depuis l’assaut du groupe terroriste palestinien du Hamas contre Israël le 7 octobre et la guerre qui s’en est suivie à l’intérieur de la bande de Gaza, où Israël cherche à renverser le groupe terroriste palestinien au pouvoir, le Hezbollah, soutenu par l’Iran, a mené et supervisé des assauts quotidiens sur la frontière nord d’Israël depuis le Liban, mais s’est abstenu de lancer une opération de grande envergure.

Israël, lui aussi, s’est efforcé de maintenir un équilibre délicat, répondant avec une puissance de feu importante aux attaques et aux tentatives d’attaques, tout en essayant d’éviter des actions qui entraîneraient une escalade du conflit, alors qu’il cherche à maintenir son attention sur la bande de Gaza.

Les escarmouches persistantes le long de la frontière israélo-libanaise ont entraîné la mort de trois civils du côté israélien, ainsi que celle de six soldats israéliens.

La riposte israélienne a fait au moins 88 morts côté libanais, la plupart d’entre eux étant des terroristes du Hezbollah, et au moins dix civils, selon un décompte de l’AFP.

« Une guerre ici, maintenant »

Mya travaille désormais pour Magen David Adom, les services de secours israéliens, dans la ville voisine de Kiryat Shmona, elle aussi quasi désertée. Elle vient de soigner trois soldats blessés par un missile lors d’une attaque sur la frontière.

« Il y a une guerre ici, maintenant », dit Yoav Hermoni, un ancien guide touristique, membre de l’équipe de sécurité. « C’est très calme et silencieux. Mais de temps en temps, on peut entendre le son des explosions de l’artillerie, des missiles anti-tank et des roquettes qui tombent tout près du kibboutz ».

De fait, des bruits de tirs résonnent dans l’horizon.

Selon Yoav, une attaque similaire à celle lancée par le groupe terroriste palestinien le 7 octobre sur les villes et kibboutz du sud du pays, qui a fait quelque 1 200 morts selon les autorités israéliennes, « peut se produire à tout moment » dans cette région.

« Ils peuvent nous attaquer tous les jours comme dans le sud. La même chose peut arriver ici et on ne peut pas le laisser faire. »

Des habitants du kibboutz, en uniforme olive et aux imposantes moustaches, sont postés devant l’entrée principale, armés de fusils d’assaut. Juste avant que Yoav ne fasse ces commentaires, des roquettes tirées depuis le sud du Liban, de l’autre côté de la frontière, sont tombées à proximité.

Quelques heures plus tard, un avion non identifié est entré dans l’espace aérien israélien, déclenchant des sirènes d’alerte. Et plus tôt cette semaine, un missile anti-tank du Hezbollah a tué l’employé d’une compagnie d’électricité qui travaillait près de la frontière.

Mais malgré cette menace omniprésente, Mya Pikoos affirme qu’elle ne bougera pas. « Même s’il y a beaucoup de moments vraiment effrayants ici, les gens sont dévoués (…) et veulent sauver des vies ou sauver cet endroit dans lequel nous vivons ».

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