Rechercher

De lourds dégâts dans une base d’armes syrienne après une frappe attribuée à Israël

Des images satellite montrent la destruction du Centre d'études et de recherches scientifiques de Masyaf ; d'importants incendies ont suivi la frappe

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Dans ces images satellite avant/après prises les 25 et 27 août 2022, des dommages sont visibles au Centre d'études et de recherche scientifiques de Masyaf, en Syrie. (Crédit : Planet Labs PBC via Aurora Intel)
Dans ces images satellite avant/après prises les 25 et 27 août 2022, des dommages sont visibles au Centre d'études et de recherche scientifiques de Masyaf, en Syrie. (Crédit : Planet Labs PBC via Aurora Intel)

Des images satellite obtenues par le Times of Israel samedi ont montré d’importants dégâts contre des structures dans une base d’armes syrienne près de la ville de Masyaf, dans le nord-ouest du pays, suite à une frappe aérienne attribuée à Israël jeudi.

Les images capturées par Planet Labs PBC et fournies par Aurora Intel, un réseau qui fournit des informations et des mises à jour basées sur des renseignements open source, semblent montrer que certains bâtiments du Centre d’études et de recherche scientifiques, connu sous le nom de CERS ou SSRC, ont été entièrement détruits.

Les responsables occidentaux et les médias associent depuis longtemps le CERS à la production de missiles sol-sol de précision – notamment avec la fabrication de moteurs de roquettes, et la préparation d’armes chimiques. Selon les États-Unis, du gaz sarin aurait été développé dans ce centre, une accusation démentie par les autorités syriennes.

La zone autour de Masyaf, qui servirait de base aux forces iraniennes et aux milices pro-Iran, a été à plusieurs reprises ces dernières années la cible d’attaques largement attribuées à Israël. Les bâtiments du CERS en particulier ont été ciblés à plusieurs reprises.

Aurora Intel a évalué qu’au moins neuf bâtiments avaient été « lourdement endommagés » dans l’attaque de jeudi, sur la base de la visualisation d’images satellite datant d’avant l’attaque de jeudi et de nouvelles images capturées samedi.

Le groupe a déclaré que certains bâtiments avaient apparemment été directement touchés, tandis que d’autres avaient été endommagés, potentiellement par des explosions ou des incendies secondaires. Les images satellite semblent indiquer que l’un des bâtiments endommagés était en construction.

Dans ces images satellite avant/après prises les 25 et 27 août 2022, des dommages sont visibles au Centre d’études et de recherche scientifiques de Masyaf, en Syrie. (Crédit : Planet Labs PBC via Aurora Intel)

Selon l’agence de presse officielle syrienne SANA, deux civils ont été blessés lors de la frappe aérienne attribuée à Israël contre le site jeudi soir. D’autres médias ont rapporté qu’un officier syrien était décédé plus tard des suites de ses blessures subies lors de l’attaque.

SANA a déclaré que des dommages avaient été causés aux sites ciblés et qu’il y avait eu des incendies dans la zone.

Les médias syriens ont rapporté samedi que des avions de lutte contre les incendies avaient été dépêchés sur place pour éteindre les incendies dans la zone, toujours actifs près de deux jours après l’attaque.

Une photo satellite datée de samedi montre un paysage noirci autour du CERS après l’incendie.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme, groupe basé au Royaume-Uni au financement flou qui surveille le conflit syrien, a affirmé que 1 000 missiles de fabrication iranienne avaient été détruits sur le site lors de la frappe de jeudi.

Cette affirmation non vérifiée a été largement rapportée par les médias israéliens, malgré le fait que l’organisation, dirigée par une seule personne, a été régulièrement accusée par les analystes du conflit syrien de rapporter de fausses informations et d’avoir gonflé le nombre de victimes.

L’armée israélienne ne commente généralement pas les frappes spécifiques qui surviennent en Syrie, mais a admis avoir effectué des centaines de raids contre des groupes soutenus par l’Iran qui tentaient de s’implanter dans le pays. Selon l’armée, Israël attaque également les cargaisons d’armes censées être à destination de ces groupes, dont le principal est le Hezbollah libanais.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...