Décès de Princeton Lyman qui a grandement aidé au transfert des Juifs d’Ethiopie
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Décès de Princeton Lyman qui a grandement aidé au transfert des Juifs d’Ethiopie

En tant qu'envoyé américain en Afrique du Sud dans les années 1990, l'ambassadeur juif a entre autres contribué à une transition après l'Apartheid

L'ambassadeur Princeton Lyman à Washington, DC, le 31 mars 2011. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images via JTA)
L'ambassadeur Princeton Lyman à Washington, DC, le 31 mars 2011. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images via JTA)

WASHINGTON, DC (JTA) — Princeton Lyman, le diplomate juif américain qui avait joué un rôle crucial dans l’Opération Moïse, le pont aérien qui a permis l’évacuation des Juifs éthiopiens, est décédé à l’âge de 82 ans.

Lyman s’est éteint vendredi, à son domicile de Silver Spring, dans le Maryland, selon le Washington Post. Il a succombé à un cancer des poumons.

La rubrique nécrologique du Post est revenue sur le rôle de Lyman dans la transition qui a eu lieu en Afrique du Sud, de l’apartheid à la démocratie, au début des années 90. Lyman avait la confiance de F. W. DeKlerk, le dernier président du pays sous le régime d’apartheid, et de Nelson Mandela, qui dirigeait l’African National Congress.

Mais il a également joué un rôle critique, en coulisses, dix ans plus tôt, quand il était adjoint au secrétaire d’Etat d’Afrique, et a aidé a organiser le pont aérien du Soudan vers Israël pour des milliers de Juifs éthiopiens qui avaient fui leur pays ravagé par la famine, et s’étaient retrouvés confrontés à l’indifférence et à la faim au Soudan.

En 1999, durant une conférence pour l’Association for Diplomatic Studies and Training, Lyman avait raconté qu’il avait été l’un des deux seuls diplomates américains qui avaient été tenus au courant de l’opération, impliquant des vols israéliens secrets du Soudan vers Israël.

Il a participé à la logistique pour faire la liaison entre Israël et le Soudan, qui n’entretenaient pas de relations diplomatiques, et a tenu à distance les groupes de défense des Juifs éthiopiens à la recherche d’information, ainsi que les médias.

« Nous devions garder la presse silencieuse », avait-il dit en 1999. « Le Boston Globe, le Washington Post, le New York Times, le Wall Street Journal, ils avaient tous l’histoire. Peter Jennings, de ABC, avait l’histoire. Je devais aller voir chacun d’entre eux pour les supplier de ne pas la publier. Je leur avais dit que si l’opération était publiée, les Ethiopiens seraient en danger. Je dois dire que chacun des organes de presse a supprimé les informations qu’ils avaient. Je ne crois pas que ce serait encore possible aujourd’hui. »

C’était un responsable israélien, Arieh Dulzin, président de l’Agence juive, qui avait annoncé cette opération durant une conférence de presse et les médias israéliens l’avaient alors rendue publique.

« Malheureusement, les médias israéliens n’ont pas été aussi disciplinés » que les médias américains, avait dit Lyman. Une fois que l’information est sortie en Israël, un journal juif de Washington l’a relayée, ignorant les supplications de Lyman, et les médias américains se sont sentis libres d’en parler. Le Soudan a suspendu l’opération après que 9 000 Juifs ont été évacués, laissant 500 personnes coincées. George H.W. Bush, alors vice-président, s’en est mêlé.

Bush « s’est rendu à Khartoum pour voir |le président soudanais Gaafar] Nimeiri et lui dire que nous voulions faire sortir les quelques centaines d’Ethiopiens restants », avait raconté Lyman.

« Nimeiri a accepté, mais il fallait que ce soit aussi une opération secrète. Alors des C-130 américains ont été affrétés depuis l’Europe vers le Soudan, ils ont embarqué, survolé la mer Rouge, pour éviter les radars égyptiens, et ont été déposés en Israël. C’était réglé. C’était une opération magnifique que j’ai surveillée depuis la « salle de guerre » du Pentagone en écoutant les radios des avions au décollage et à atterrissage. »

Dans un témoignage sur le sauvetage de 2007, Howard Lenhoff a publié Blacks, Jews and Other Heroes. Il y raconte que d’autres responsables américains s’étaient attribués le crédit de l’opération. « Lyman était resté silencieux », a précisé Lenhoff. « En tant que grand professionnel, Princeton Lyman est le héros méconnu des Juifs éthiopiens. »

Lyman est né en 1935, de parents Juifs lituaniens. Quand il a été interrogé sur son prénom, quelque peu inhabituel, il avait répondu, en 1999, que ses frères s’appelaient Yale, Harvard et Stanford.

« Je pense que c’était un exemple extraordinaire de parents immigrés, déterminés à ce que leurs enfants aillent à l’université », avait-il dit. « Bien sûr, pour des questions pratiques, nous avons tous été à l’Université de Californie, et dans aucune des écoles chères dont nous portons le nom. »

« Mon frère Ellot, qui est le seul enfant à ne pas avoir été nommé d’après une université, n’y a effectivement pas été. »

Lyman a été marié pendant pendant 50 ans à Helen Ermann, décédée en 2008. Il laisse derrière lui sa seconde épouse, Lois Hobson, et ses deux filles Tova Brinn, en Israël, et Sheri Laigle et Lori Bruun, toutes deux du Maryland.

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