Décès du psychanalyste Jean-Pierre Winter
L'essayiste avait été formé par Jacques Lacan, la figure la plus emblématique de la psychanalyse en France avec la pédiatre Françoise Dolto
Le psychanalyste Jean-Pierre Winter, l’une des personnalités les plus médiatisées de la discipline avec de nombreux ouvrages grand public à son actif, est décédé mardi à l’âge de 74 ans, a annoncé sa famille.
« Jean-Pierre Winter, psychanalyste, essayiste, est décédé le 9 décembre 2025 », selon un communiqué de sa famille, relayé auprès de l’AFP par son éditrice, Mathilde Nobécourt.
Né en 1951, M. Winter avait été formé par Jacques Lacan, la figure la plus emblématique de la psychanalyse en France avec la pédiatre Françoise Dolto. M. Winter avait publié un livre d’entretiens avec cette dernière.
Plus largement, il était l’auteur de nombreux ouvrages, souvent destinés au grand public, tel « Les hommes politiques sur le divan » dans les années 1990, ou « Dieu, l’amour et la psychanalyse » dans les années 2010.
Il a été membre de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase), chargée entre 2019 et 2021 par l’Eglise française d’enquêter sur les abus commis depuis les années 1950 au sein de l’institution en France.
M. Winter « a développé une pensée originale, nourrie des enseignements de Jacques Lacan et de Françoise Dolto ainsi que de réflexions sur la tradition biblique et la pensée juive profane », résume sa famille.
« Son engagement intellectuel l’aura également conduit à intervenir dans le débat public, mais à distance de tout militantisme », ajoute-t-elle.
M. Winter s’était engagé contre la loi française de 2013 ouvrant le mariage et l’adoption aux couples du même sexe, comme la majorité des psychiatres issus de l’école lacanienne.
Dans une tribune au Monde en 2012, le psychanalyste avait estimé que le mariage homosexuel n’était pas « une demande à satisfaire mais un symptôme à déchiffrer ». Il avait ensuite consacré un ouvrage contre l’homoparentalité, la présentant comme un déni dangereux de la différence entre les sexes.
Ces positions avaient été qualifiées d’homophobes par certains observateurs, y compris d’autres psychanalystes. M. Winter, lui, assurait que la lutte contre l’homophobie était « indispensable » mais dénonçait un « chantage (…) qui empêche de penser ».








