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Décès du saxophoniste juif Lee Konitz, géant méconnu de l’improvisation

Né à Chicago en 1927 dans une famille juive aux origines russes et autrichiennes, le musicien a fait partie d'un des groupes de Miles Davis

Lee Konitz, en 2007. (Crédit : Hans Peter Schaefer, http://www.reserv-a-rt.de / CC BY 3.0)
Lee Konitz, en 2007. (Crédit : Hans Peter Schaefer, http://www.reserv-a-rt.de / CC BY 3.0)

Le saxophoniste américain Lee Konitz, membre de la génération dorée de l’après-guerre et géant méconnu de l’improvisation, est décédé mercredi à 92 ans des suites du coronavirus, selon sa page Facebook.

Peu connu du grand public, ce musicien à l’allure ordinaire a pourtant fait partie d’un des groupes de Miles Davis, et joué avec Gerry Mulligan, Sonny Rollins, Stan Getz ou Chet Baker.

Né à Chicago en 1927 dans une famille juive aux origines russes et autrichiennes, Lee Konitz a grandi en écoutant les big bands qui sévissaient régulièrement à la radio, en premier lieu celui de Benny Goodman, qui lui a donné envie de se mettre à la clarinette.

Il bifurque rapidement vers le saxophone, et fait la connaissance, à 15 ans, de Lennie Tristano, légende ignorée de l’improvisation, dont il apprend la méthode novatrice.

https://www.youtube.com/watch?v=6R9qyYfuCzI

Il étudie et dissèque la technique des grands de son époque, au premier rang de tous Charlie Parker, la référence absolue.

Mais Lee Konitz prend rapidement ses distances avec le Bebop, le mouvement dont Charlie Parker était la locomotive.

« Vous apprenez ce que c’est de peindre comme Van Gogh, de jouer comme Charlie Parker, et alors, si c’est possible, vous utilisez cette énergie et ces informations et créez quelque chose avec », expliquait-il dans un entretien réalisé en 1976 et versé aux archives nationales américaines du jazz.

Il adopte un style d’improvisation moins torturé, plus fluide, essentiellement composé de notes hautes, qui deviendra sa marque de fabrique.

Il réalisera de très nombreux enregistrements et se produira un peu partout dans le monde, mais ne connaîtra jamais la gloire des autres grandes figures de sa génération.

Il avait surtout trouvé son public en Europe, où il passait plusieurs mois chaque année.

La pandémie de coronavirus a fait des ravages dans le monde du jazz, emportant, outre Lee Konitz, le trompettiste Wallace Roney, le pianiste Ellis Marsalis Jr et le saxophoniste Manu Dibango.

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