Découverte de la bimah de la célèbre synagogue de Vilnius
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Découverte de la bimah de la célèbre synagogue de Vilnius

Les autorités de l'ancienne Jérusalem du Nord veulent construire sur ce site un mémorial exposant les artefacts de l'ancienne synagogue

Des membres d'une équipe internationale d'archéologues travaillent à dégager des parties de la Grande Synagogue de Vilnius le 25 juillet 2018. (Crédit : AFP/Petras Malukas)
Des membres d'une équipe internationale d'archéologues travaillent à dégager des parties de la Grande Synagogue de Vilnius le 25 juillet 2018. (Crédit : AFP/Petras Malukas)

Pendant des décennies, le directeur d’une école dans la capitale lituanienne s’est installé chaque jour derrière son bureau sans savoir qu’il se trouvait au-dessus d’un temple juif sacré, autrefois célèbre dans toute l’Europe.

Une équipe internationale d’archéologues a annoncé jeudi la découverte de la bimah, la partie la plus vénérée de la Grande Synagogue de Vilnius, le plus important sanctuaire juif de Lituanie, détruit par les nazis et les soviétiques.

« Nous avons trouvé la bimah, la plate-forme centrale de prière, construite en style baroque toscan, un des éléments clé de la synagogue », a déclaré à l’AFP Jon Seligman de l’Autorité israélienne des antiquités.

« C’est vraiment très excitant : quand on évoque la présentation du site au public à l’avenir, ce sera l’un des éléments principaux de l’exposition », a-t-il ajouté.

La bimah en briques, vert et brun, du XVIIIe siècle, a été découverte juste sous le bureau du directeur de l’école construite dans les années 1950, sous le régime soviétique.

Une carte postale de la Grande synagogue de Vilnius, avant sa destruction. (Crédit : usage loyal/Wikipedia)

La synagogue, datant des années 1630, fut le sanctuaire le plus important de la grande communauté juive de Lituanie.

Vilnius attirait à l’époque des écrivains et des érudits yiddish, ce qui lui a valu le surnom de « Jérusalem du Nord ».

Avant la guerre, les Juifs représentaient plus d’un tiers des habitants de la ville. La plupart d’entre eux périrent sous l’occupation nazie en 1941-1944.

Les Allemands ont brûlé le sanctuaire. Ses restes ont ensuite été démolis par le régime soviétique qui a construit dessus une école.

« Ce n’est pas uniquement une découverte archéologique », a déclaré à l’AFP Faina Kukliansky, leader de la communauté juive lituanienne qui compte environ 3 000 personnes dans ce pays de 2,9 millions d’habitants.

« Cela aide à mieux comprendre la vie juive ici, mais aussi les idéologies destructrices des régimes nazi et soviétique », a-t-elle précisé.

Simonas Gurevicius, qui dirige une association juive à Vilnius, a pleuré en priant sur le site découvert.

« J’ai été peut-être le premier à prier ici, 77 ans après les dernières prières des martyrs du ghetto de Vilnius », a-t-il déclaré à l’AFP.

Jon Seligman, directeur du Département des fouilles, des études et de la recherche de l’Autorité israélienne des Antiquités, se trouve sur le site où une équipe internationale d’archéologues travaille à mettre au jour des parties de la Grande Synagogue de Vilnius, en Lituanie, le 25 juillet 2018. (Crédit : AFP/Petras Malukas)

Les travaux des archéologues lituaniens, israéliens et américains sont financés principalement par le fonds lituanien pour la restitution des biens de la communauté juive saisis par l’Allemagne nazie et repris par le régime soviétique.

Les autorités de Vilnius veulent construire sur ce site un mémorial exposant les artefacts de l’ancienne synagogue.

« En deux ans, l’école sera démolie. D’ici 2023 nous allons créer un site de mémoire présentant un riche patrimoine juif quand Vilnius fêtera son 700ème anniversaire », a déclaré à l’AFP le maire de Vilnius, Remigijus Simasius.

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