Des arrêts de bus de Londres vandalisés avec des affiches anti-Israël
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Des arrêts de bus de Londres vandalisés avec des affiches anti-Israël

Un groupe pro-palestinien a placardé des affiches où l'on lit qu'Israël est une entreprise raciste, pour protester contre l'adoption, par le Labour, de la définition de l'IIRHA

Un arrêt de bus de Londres affublé d'une affiche “Israël est une entreprise raciste”, installée par un groupe pro-Palestiniens pour protester contre l'adoption par le Parti travailliste britannique de la définition de l'antisémitisme de l'IHRA, le 6 septembre 2018. (Crédit : Twitter)
Un arrêt de bus de Londres affublé d'une affiche “Israël est une entreprise raciste”, installée par un groupe pro-Palestiniens pour protester contre l'adoption par le Parti travailliste britannique de la définition de l'antisémitisme de l'IHRA, le 6 septembre 2018. (Crédit : Twitter)

Au moins six arrêts de bus londoniens ont été vandalisés avec des affiches sur lesquelles on peut lire “Israel is a racist endeavor” (Israël est une entreprise raciste) jeudi matin. Il s’agit d’une forme de protestation contre l’adoption, par le parti travailliste britannique, de la définition de l’antisémitisme internationale, qui considère cette phrase comme antisémite.

Les affiches ont été installées par le groupe London Palestine Action, qui a publié des images de ces affiches jeudi sur ses comptes Twitter et Facebook, assorties d’explications sur l’affirmation du groupe, selon lequel Israël est profondément raciste.

Les affiches ont été placardées à Westminster, en face du Parlement, à  Elephant and Castle, Bloomsbury et Waterloo Bridge, selon le Jewish Chronicle.

Les responsables des transports publics londoniens et l’agence de publicité qui vend ces espaces ont assuré que les affiches ont été installées sans autorisation et qu’il s’agissait de « vandalisme ». Ils ont promis de les retirer immédiatement.

La police londonienne a également évoqué les affiches sur son compte Twitter, affirmant qu’une enquête avait été ouverte et que « les affiches insultantes seront retirées ».

La phrase choisie pour les posters est une citation de la définition élaborée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste, qui spécifie que déclarer qu’Israël est « une entreprise raciste » est antisémite.

Il y a deux jours, le parti travailliste, principale formation d’opposition au Royaume-Uni, a complété mardi la définition de l’antisémitisme qu’il avait adoptée en juillet, et qui avait valu à sa direction, jusqu’à son chef Jeremy Corbyn, de multiples accusations sur son incapacité à freiner l’antisémitisme qui sévit au sein du parti.

Le Comité exécutif national (NEC), l’organe dirigeant du parti, a également adopté « une déclaration qui garantit que cela ne pourra en aucune manière limiter la liberté d’expression sur Israël et les droits des Palestiniens », a précisé le porte-parole.

En approuvant cette définition, le NEC a fustigé le chef du parti Jeremy Corbyn, qui tentait de faire déclarer par son parti qu’il n’était pas antisémite de décrire Israël et/ou les circonstances de la création d’Israël de raciste.

La définition de l’antisémitisme élaborée par l’IHRA n’exclut pas la critique des politiques israéliennes. Mais elle stipule qu’il est antisémite d’affirmer que l’existence même d’Israël est raciste.

Corbyn aurait lui-même enfreint les clauses de la définition de l’IHRA, et sa tentative – ratée – de la faire rejeter pourrait avoir pour origine la controverse autour de ses propres infractions.

Parmi les exemples d’antisémitisme contemporain, l’IHRA cite dans sa définition que « nier au peuple juif son droit à l’autodétermination, par exemple, en affirmant que l’existence de l’Etat d’Israël est une entreprise raciste ». C’est précisément la disposition que Corbyn cherchait à contrer, et à laquelle les affiches de jeudi faisaient référence.

Dans les années 1980, Corbyn aurait été actif au sein d’un mouvement appelé Labour Movement Campaign for Palestine, dont la plate-forme officielle avait déclaré « son opposition à l’état sioniste, qui est raciste, exclusif, expansionniste, et une agence de l’impérialisme ».

Jeudi, JCDecaux, l’agence qui vend les espaces publicitaires aux arrêts de bus, a assuré sur Twitter, que ces affiches n’étaient pas des publicités payées, mais qu’il s’agissait bien de « vandalisme ».

« C’est du vandalisme, pas de la publicité, et nos équipes ont été dépêchées dès que nous avons été alertés », a indiqué la société.

Un porte-parole des transports publics londoniens (Transport for London- TfL) a déclaré que « ces affiches n’ont absolument pas été autorisées parle TfL ni par notre partenaire en publicité JCDecaux. C’est de l’affichage public, et par conséquent, relève du vandalisme, que nous jugeons avec sévérité. Nous avons demandé à nos prestataires de retirer les affiches de nos réseaux immédiatement. »

Le Sun a rapporté les propos d’un porte-parole, qui a indiqué que « selon JCDecaux, il y a six affiches dans Londres. Nous travaillons ensemble pour les retirer le plus vite possible ».

Certains utilisateurs de Twitter pro-Israël ont remplacé le mot Israël par Labour.

London Palestine Action, qui se décrit comme « un réseau de personnes à Londres qui prend des mesures créatives contre l’apartheid israélien à travers le BDS et d’autres groupes de travail pour la solidarité palestinienne », a également mené la campagne en Ligne.

Le groupe a diffusé des photos des affiches sur Twitter, expliquant que selon lui, Israël a été « créé par un nettoyage ethnique, maintenu par une exclusion ethnique » et que « 1,8 million de Palestiniens, principalement des réfugiés, sont enfermés à Gaza parce qu’ils sont de la mauvaise ethnie ».

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