Des artistes en grève pour protester contre la participation d’Israël à la Biennale de Venise
Une douzaine de pavillons ont fermé ou ont partiellement baissé le rideau, tandis que d'autres arboraient des drapeaux palestiniens ; la police s'est heurtée à un cortège de 2 000 manifestants qui tentaient d'atteindre l'installation israélienne
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Une douzaine de stands ont été fermés à la Biennale d’art contemporain de Venise avant même son ouverture au public, dans la journée de vendredi, alors que des artistes protestaient contre la participation d’Israël à l’événement.
L’exposition a suscité une forte controverse au cours des semaines qui ont précédé son inauguration, samedi – aucun Lion d’or n’étant décerné pour le meilleur pavillon national ou pour le meilleur participant à l’exposition principale après que le jury a démissionné en signe de protestation contre la participation d’Israël et de la Russie à l’événement.
Des manifestations bruyantes ont par ailleurs été organisées devant les pavillons des deux pays.
La grève de vendredi a été organisée par l’Art Not Genocide Alliance pour protester contre la participation d’Israël, en raison de la guerre contre le Hamas à Gaza – une guerre qui avait été déclenchée par le pogrom commis par le groupe terroriste dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.
La coalition avait initialement annoncé qu’une vingtaine de pavillons seraient fermés mais au final, douze ont pris part au mouvement, certains invoquant une grève des employés locaux. D’autres ont hissé des drapeaux palestiniens ou exposé des œuvres d’art pro-palestiniennes.
Parmi les pavillons fermés ont figuré ceux de la Belgique, des Pays-Bas, de l’Autriche, du Japon, de la Macédoine et de la Corée, tandis que les pavillons britannique, espagnol, français, égyptien, finlandais et luxembourgeois ont fermé leurs portes pendant plusieurs heures, a signalé le journal britannique Guardian.
Les visiteurs qui ont tenté d’entrer dans le pavillon britannique se sont heurtés à une pancarte indiquant : « En raison de la grève des employés du secteur de la culture italien, aujourd’hui, il n’est pas possible d’ouvrir le pavillon britannique », a rapporté le Guardian.
NEW | Artists shut down Venice Biennale pavilions in protest against Israel’s genocide in Gaza – The Guardian
Several pavilions at the 2026 Venice Biennale were shut down after artists and cultural workers launched a strike protesting Israel’s inclusion amid its ongoing genocide… pic.twitter.com/2ealxMEf5n
— Quds News Network (@QudsNen) May 9, 2026
Le même message avait été accroché au pavillon autrichien – l’un des événements les plus prisés – où une femme nue était suspendue à une cloche à l’extérieur, un « battant humain » servant de support à la performance artistique de Florentina Holzinger. A l’intérieur, une motarde nue virevolte sur un jet-ski dans un réservoir — symbolisant la relégation de Venise au rang de parc d’attractions surfréquenté.
Le pavillon israélien de l’Arsenal était également fermé aux visiteurs, mais c’était parce qu’il accueillait son inauguration officielle, a dit le New York Times, qui a ajouté que des policiers armés ont empêché les personnes qui n’avaient pas de billet d’entrer.
Plus tard dans la journée, quelque 2 000 manifestants pro-palestiniens et anti-israéliens ont organisé une marche, tentant même de se rendre à l’Arsenal et affrontant brièvement la police à cette occasion.
A l’intérieur de l’installation israélienne – installation qui a été créée par l’artiste d’origine roumaine Belu-Simion Fainaru -, de l’eau s’écoule de tubes suspendus dans un bassin, s’arrêtant par cycles de 42 secondes seulement, symbolisant le pouvoir créateur divin dans le mysticisme juif.
Des cadenas accrochés dans le pavillon – à l’image de ceux que les amoureux placent sur les ponts à travers l’Europe – sont gravés du commandement : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », en hébreu, et d’une exhortation pleine d’espoir : « Tout ira bien ».
Fainaru a confié à l’AFP que les divisions à la Biennale « détruisaient le sens de l’art… qui est d’unir les gens ».
« Je ne pense pas que nous devrions réduire le monde de l’art à une arène politique », a ajouté le sculpteur.
Un positionnement qui a également été exprimé par le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini, qui s’est rendu à la Biennale vendredi : « Je ne pense pas que les artistes américains, chinois, israéliens ou russes soient les porte-parole des conflits en cours ».
Les Palestiniens n’ont pas leur propre pavillon à la Biennale – mais ils ont été représentés par une exposition consacrée à Gaza au Palazzo Mora, intitulée « Gaza – Pas de mots – Voyez l’expo ».
« Il n’y a vraiment aucun moyen de décrire l’horreur qui a été infligée aux Palestiniens de Gaza, et je ne pense pas que nous voudrions nous retrouver dans la même situation que ceux qui ont commis ces actes », a commenté le commissaire de l’exposition, Faisal Saleh, fondateur du Musée de la Palestine dans l’État américain du Connecticut.
Le jury international de la Biennale a démissionné en bloc, le mois dernier, en signe de protestation contre la décision prise par l’organisation d’autoriser Israël et la Russie à participer à l’événement de cette année.
Le jury, qui est composé de cinq membres et qui est présidé par la conservatrice brésilienne Solange Farkas, a fait savoir que « au nom de la défense des droits de l’Homme », il ne prendrait pas en considération les œuvres provenant de pays dont les dirigeants font l’objet de poursuites devant la Cour pénale internationale, comme c’est le cas du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du président russe Vladimir Poutine.
Israël rejette avec véhémence les allégations de génocide à Gaza, soulignant que l’État juif s’efforce d’éviter les victimes civiles dans sa lutte contre le Hamas – avec un groupe terroriste qui est profondément ancré dans des tunnels et au sein des infrastructures civiles, notamment dans les écoles, les hôpitaux et les mosquées. Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis le mois de novembre dernier.
Le président de la Biennale, Pietrangelo Buttafuoco, a refusé de revenir sur sa décision d’inclure la Russie et Israël, affirmant que le festival est « un espace de coexistence pour la planète entière » sans censure.
Dans le même temps, la Biennale n’a pas critiqué le jury pour son boycott des artistes russes et israéliens, affirmant que le panel, qui comprenait également Zoe Butt, Elvira Dyangani Ose, Marta Kuzma et Giovanna Zapperi, travaillait en « totale autonomie et indépendance ».
La Biennale de Venise est une organisation culturelle internationale qui avait été fondée en 1895. Elle organise de grands festivals culturels et des expositions phares d’art et d’architecture qui ont lieu une année sur deux.
Les pays participants installent des pavillons à Venise, et la biennale d’art attire généralement plus de 600 000 visiteurs au cours de ses sept mois d’ouverture.
la Communauté du Times of Israël !







