Des commandants de l’armée israélienne devraient recevoir des drones chinois pliables
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Des commandants de l’armée israélienne devraient recevoir des drones chinois pliables

L’infanterie, l’unité de défense des frontières devraient recevoir des drones plus petits ; le corps des renseignements de combat devraient utiliser un modèle plus robuste

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

D’ici la fin de l’année 2017, chaque commandant de l’Infanterie, de la Défense des frontières et des Corps des renseignements de combats de l’armée israélienne aura accès à un drone équipé d’une caméra, mettant à sa disposition des informations qui n’étaient autrefois disponibles qu’aux forces spéciales et aux officiers de haut rang.

« C’est une capacité qui leur sera vraiment utile », a expliqué le capitaine Nadav Peretz, responsable du département des drones du Corps de la collecte des renseignements sur le combat, au Times of Israel la semaine dernière.

« C’est quelque chose dont il y a quelques années, personne ne pensait que cela pouvait exister », a-t-il ajouté.

Quatre bataillons sur cinq des corps des renseignements des combats ont déjà reçu une version plus puissante et plus lourde, connue sous le nom de « Matrice ». Et en août, un drone simple et dépliable, connu sous le nom de « Mavic », sera livré.

Le Mavic sera utilisé par le bataillon des renseignements des combats restant, les cinq brigades d’infanterie de l’armée – Givati, Nahal, les parachutistes, Kfir et Golani – ainsi que le corps de défense des frontières nouvellement créé, qui comprend les bataillons de combat mixtes – Caracal, Lions De Jordanie, Bardelas et Lavi de la Vallée.

Un soldat de l'unité des renseignements de combats de l'armée inspecte un nouveau drone acheté par les militaires pour les commandants de compagny. (Crédit : Capture d'écran/Unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Un soldat de l’unité des renseignements de combats de l’armée inspecte un nouveau drone acheté par les militaires pour les commandants de compagny. (Crédit : Capture d’écran/Unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

Les drones ne sont pas de qualité militaire. En fait, pour environ 1 000 dollars, vous pouvez également être le fier propriétaire du même genre de drone qu’une unité de combat de l’armée israélienne utilisera.

L’armée achète les drones de DJI, une entreprise chinoise. Les Mavics doivent être livrés à l’armée d’ici août et seront entre les mains des officiers trois à quatre mois plus tard, après une période de formation, a déclaré Peretz.

Les drones ont une puissance de batterie limitée, ne peuvent pas voler dans des conditions météorologiques turbulentes et n’ont pas de capacités de vision nocturne, de sorte qu’ils ne seront utilisés que dans des missions en journée, a ajouté Peretz.

La connexion entre le drone et le contrôleur n’est pas entièrement chiffrée, de sorte qu’ils ne peuvent être utilisés que dans des missions non classifiées, a-t-il précisé.

Mais bien qu’ils ne soient pas à la pointe de la technologie, ces drones peu coûteux donnent aux commandants peu élevés dans les rangs de l’armée accès à des quantités d’informations, ce qui était inimaginables auparavant, s’est réjoui Peretz.

« [Les commandants de compagnie] ne voient pas les drones comme un jouet, ils le voient comme quelque chose de sérieux », a souligné Peretz au sujet des officiers qui faisaient partie d’un programme de formation pour piloter ce système de drone.

Prenez, par exemple, un événement récurrent en Cisjordanie : des manifestations violentes.

Il n’y a souvent que quelques dizaines d’adolescents palestiniens qui brûlent des pneus et jettent des pierres sur les troupes, mais ces incidents peuvent également se transformer en quelque chose de plus grand.

À l’heure actuelle, un commandant de compagnie n’a que ses jumelles et ses rapports sur le terrain pour calculer la façon dont les manifestants sont répartis, combien il y en a et si d’autres manifestants arrivent.

Le drone Yuneec Typhoon H équipé d'une caméra dont la technologie a été développée à Haifa par Intel (Crédit : autorisation)
Le drone Yuneec Typhoon H équipé d’une caméra dont la technologie a été développée à Haifa par Intel (Crédit : autorisation)

Bien sûr, les militaires possèdent déjà une flotte de drones, grands et petits. Le Corps des renseignements de combat déploie également de grands ballons équipés de caméras et d’autres capteurs.

Mais ces types d’appareils ne sont généralement pas proposés aux commandants sur le terrain, en raison de leur nombre relativement petit et des étapes bureaucratiques nécessaires pour y accéder. Dans de nombreux cas, cela signifie que seules les forces spéciales utilisent des drones ou que les unités d’infanterie et de défense de la frontière doivent attendre des heures, a déclaré Peretz.

Mais d’ici la fin de l’année, tout commandant de compagnie « ne dépendra plus de la logistique » et pourra voir tout le champ d’action nécessaire « en quelques minutes », a déclaré le capitaine.

Des manifestants palestiniens pendant la Journée de la Terre, dans le village de Madama, au sud de Naplouse, en Cisjordanie, le 30 mars 2017. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)
Des manifestants palestiniens pendant la Journée de la Terre, dans le village de Madama, au sud de Naplouse, en Cisjordanie, le 30 mars 2017. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Un commandant de l’unité des renseignements de combats a comparé le passage à l’utilisation des jumelles au drone à celui d’un passage à l’utilisation d’un simple téléphone à un smartphone.

Le commandant de la compagnie n’utilisera pas le drone lui-même, mais aura une équipe de trois soldats qui sera formée pour faire fonctionner la plate-forme de commande du drone.

Un soldat utilisera un contrôleur et une tablette pour faire voler le drone, tandis qu’un autre agira comme un observateur pour s’assurer qu’il ne pénètre pas dans une zone où il pourrait être bloqué ou abattu. Le troisième soldat agit en soutien, a déclaré Peretz.

Le modèle Mavic sera utilisé par les unités de défense de l’infanterie et des frontières, ainsi que le 414e bataillon des Corps des renseignements de combats. Il pèse environ 700 grammes et se plie pour rentrer dans une poche qui peut être attachée sur la jambe d’un soldat.

Il a une batterie qui lui donne une autonomie de vol de 20 minutes, mais chaque drone sera livré avec plusieurs batteries, ce qui lui permettra d’avoir plusieurs heures d’autonomie dans les airs.

Le Matrice, qui sera utilisé par le reste des bataillons des renseignements de combat, est plus grand. Il pèse environ 2,4 kilogrammes mais peut même être transporté facilement par un soldat. Son poids plus lourd lui permet de voler par mauvais temps, et une batterie plus grande lui permet de rester dans l’air deux fois plus longtemps que le Mavic. Il est également livré avec des batteries supplémentaires pour lui augmenter son temps de vol, a déclaré Peretz.

Un nano-drone, Zano (Crédit : Autorisation)
Un nano-drone, Zano (Crédit : Autorisation)

Les drones sont disponibles dans le commerce depuis des années : « Vous pouvez en acheter un dans une station-service », a noté Peretz, mais les caméras sur les premiers modèles abordables n’étaient pas au niveau exigé par l’armée.

Maintenant, le prix et la qualité sont « équilibrés », ce qui a entrainé la décision d’acheter les drones sur le marché pour les commandants de compagnie, a expliqué Peretz.

L’armée israélienne, cependant, paiera un prix plus élevé que le consommateur moyen. Le prix s’élèvera dans les « dizaines de milliers de shekels », a déclaré Peretz, car il achète non seulement le drone lui-même, mais aussi les tablettes pour les contrôler, les pièces de rechange, les outils pour l’entretien et d’autres services de DJI, a-t-il ajouté.

Pour ne pas divulguer le nombre de compagnies dans l’armée israélienne qui utilisera les drones, Peretz a refusé de préciser combien de drones l’armée achèterait, mais a déclaré que c’était par centaines, ce qui a coûté pour ce projet de drone des millions de shekels.

Toutefois, ce n’est qu’une mesure provisoire. L’armée est en train de travailler avec divers entrepreneurs spécialisés dans le domaine de la défense pour construire un drone connu sous le nom de « Tzur », spécifiquement adapté aux besoins de l’armée israélienne, a déclaré Peretz, mais ce projet n’en est encore qu’à son étape préliminaire, sans date limite définie.

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