Des dirigeants dont Macron demandent à Netanyahu de ne pas procéder à l’annexion
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Des dirigeants dont Macron demandent à Netanyahu de ne pas procéder à l’annexion

Macron, Johnson et d'autres auraient mis en garde le Premier ministre ; le chef de la diplomatie de l'UE n'a pas abordé l'annexion lors d'un échange avec son homologue israélien

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

De gauche à droite : Sara Netanyahu, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président français Emmanuel Macron au 75e anniversaire de la rafle du Vél' d'Hiv', à Paris, le 16 juillet 2017. (Crédit : Kamil Zihnioglu/Pool/AFP)
De gauche à droite : Sara Netanyahu, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président français Emmanuel Macron au 75e anniversaire de la rafle du Vél' d'Hiv', à Paris, le 16 juillet 2017. (Crédit : Kamil Zihnioglu/Pool/AFP)

Plusieurs dirigeants européens ont envoyé un courrier personnel au Premier ministre Benjamin Netanyahu ces derniers jours, lui demandant de ne pas mettre à exécution les projets d’annexion unilatéraux de pans de la Cisjordanie.

« Je vous demande, par amitié, que votre gouvernement ne prenne pas de mesure unilatérale [en Cisjordanie]. Une telle démarche pourrait déstabiliser le Moyen-Orient », a écrit le président français Emmanuel Macron à Netanyahu, selon un reportage diffusé mardi par la Treizième chaîne. « Seul le dialogue avec les Palestiniens et une solution juste et équilibrée octroiera à Israël la paix, la sécurité et la stabilité. »

Les Premiers ministres britannique Boris Johnson, espagnol Pedro Sanchez, italien Giuseppe Conte, auraient aussi adressé des courriers à l’attention de Netanyahu exprimant des prises de positions similaires.

Plusieurs nations européennes envisagent actuellement de dissuader Israël d’appliquer sa souveraineté sur la vallée du Jourdain et sur certains pans de la Cisjordanie – des territoires que la communauté internationale considère comme partie intégrante d’un futur État palestinien – et discutent de la façon de sanctionner Israël si leurs avertissements ne sont pas entendus et que les projets d’annexion sont mis à exécution, selon le reportage.

Selon l’accord de coalition qui sous-tend le nouveau gouvernement israélien, Netanyahu peut soumettre les projets d’annexion au vote du gouvernement et de la Knesset à partir du 1er juillet, tant que c’est fait en accord avec les Etats-Unis. L’administration du président Donald Trump a promis de reconnaître l’annexion par Israël tant que Jérusalem y procède conformément au plan publié par Washington fin janvier dernier.

Selon le reportage, les dirigeants palestiniens sont préoccupés par le fait que les principales nations arabes, dont l’Arabie saoudite, l’Égypte et les États du Golfe, ont réagi avec une indifférence apparente à la perspective d’une annexion.

Si la Jordanie a menacé de réviser le traité de paix qui la lie avec Israël si ce dernier venait à annexer des pans de Cisjordanie, la plupart des autres pays arabes n’en ont pas fait cas.

Citant une source palestinienne non-identifiée, la Treizième chaîne a déclaré que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui a rompu la coopération sécuritaire avec Israël, pourrait avoir recours à des mesures encore plus dramatiques si Israël allait de l’avant avec l’annexion unilatérale, notamment en démantelant l’AP.

La semaine dernière, Abbas a annoncé la fin de la coopération sécuritaire avec Israël pour riposter contre les plans d’annexion. Il s’agit de sa décision la plus extrême pour tenter de contrecarrer les projets israéliens.

Lundi, Netanyahu aurait dit à ses élus du Likud qu’il s’en tiendrait aux plans visant à entamer le processus d’annexion le 1er juillet, rejetant la pression nationale et internationale contre cette décision.

Le chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Josep Borrell, s’adresse à la presse lors de la clôture d’une vidéoconférence des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles, le 22 avril 2020. (Olivier Hoslet, Pool Photo via AP)

Parmi les opposants les plus virulents aux plans d’annexion figure le chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Josep Borrell, qui a publié ces dernières semaines plusieurs déclarations condamnant les plans d’annexion, ce qui a causé beaucoup de remous à Jérusalem.

Borrell s’est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères, Gabi Ashkenazi, mardi, mais, étonnamment, n’a pas souligné la vive opposition du bloc au projet d’annexion de certaines parties de la Cisjordanie par Israël.

Une copie de la conversation fournie par le bureau de Borrell indique qu’il a réaffirmé le souhait de l’UE de « continuer à travailler avec le nouveau gouvernement israélien d’une manière constructive et globale, dans l’esprit de l’amitié de longue date qui lie l’UE et Israël ».

Ashkenazi et Borrell ont eu « un échange de points de vue honnête et ouvert sur un large éventail de questions bilatérales et régionales », poursuit la lecture, sans donner de détails.

Le chef de la politique étrangère de l’UE « a souligné l’engagement sans équivoque de l’UE en faveur de la sécurité de l’État d’Israël, qui n’est pas négociable pour l’UE » et a réaffirmé l’intention de l’Union de « traiter conjointement les questions d’intérêt et de préoccupation mutuels et de travailler avec Israël pour promouvoir la paix et la sécurité mondiales et contribuer à l’instauration de la confiance, en particulier dans la région et dans le voisinage immédiat ».

Le fait que le texte ne mentionne pas explicitement l’annexion doit être considéré comme une indication de la « volonté de l’Union de s’engager » avec le nouveau gouvernement israélien, a déclaré une source de l’UE au Times of Israël. La source a cependant ajouté que la position de l’UE sur l’annexion « est très claire ».

La semaine dernière, le ministère des Affaires étrangères à Jérusalem avait fustigé la « diplomatie du mégaphone » de Borrell, après qu’il a mis en garde contre l’annexion à plusieurs reprises.

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