Des distributeurs revendent leurs raisins importés plus de 2 fois le prix à l’achat
Le ministère de l'Agriculture envisage de mettre en place un contrôle des prix après qu'un audit a révélé que des raisins importés à 14 shekels le kilo étaient vendus 32 shekels
Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Les profits considérables réalisés par les détaillants, qui facturent aux consommateurs des prix supérieurs de 130 % à 150 % au prix d’achat des raisins importés, poussent dorénavant le ministère de l’Agriculture à réfléchir aux meilleurs moyens de lutter contre ce phénomène.
Selon une étude annuelle du ministère, les prix de détail des raisins importés en 2024, qui n’ont été mis en vente qu’à la fin de l’année 2025, sont environ 153 % plus élevés que le tarif à l’importation.
Un autre audit réalisé en décembre 2025 et janvier 2026 a révélé que, alors que le prix du kilogramme de raisins importés (droits de douane inclus) s’élève à environ 14 shekels, le prix moyen facturé au consommateur est plus de deux fois plus élevé, s’établissant à environ 32 shekels.
Pour le directeur général du ministère, Oren Lavi, cet écart reflète une « grave défaillance du marché ».
Un porte-parole du ministère a expliqué que les autorités étudiaient actuellement les moyens à mettre en œuvre pour réduire ces énormes écarts de prix, en demandant par exemple aux chaînes de distribution de publier leurs bénéfices, ou encore en revenant à un système de contrôle des prix.
De telles mesures nécessiteraient l’accord du ministère des Finances.
Lavi a également exigé une révision des montants et du calendrier des droits d’importation sur les raisins, qui s’élèvent actuellement à 0,95 shekels pendant les mois d’hiver, lorsque la production locale est insuffisante, pour passer à 1,68 shekels par kilogramme en avril et mai.
Depuis le début de l’année, ce sont quelque 15 600 tonnes de raisins qui ont été importées d’Afrique du Sud et près de 1 290 tonnes du Pérou. Ces pays entrent alors dans leur automne et leur hiver ; leur production s’arrête au moment où Israël aborde le printemps.
Ces dernières années, les raisins locaux faisaient leur apparition dans les rayons des supermarchés dès le mois d’avril. Les droits de douane augmentaient donc en avril et en mai, afin d’éviter que les importations n’inondent le marché local.
Mais les agriculteurs qui cultivent de nouvelles variétés de raisin récoltables avant avril dans des régions chaudes, notamment dans le désert de l’Arava, au sud d’Israël, ont dénoncé l’impact négatif de ces importations sur leurs ventes.
Le ministère va donc examiner s’il convient d’appliquer des droits de douane plus élevés plus tôt dans l’année, et s’il faut revoir leur montant.
Dans un communiqué, Lavi a ainsi déclaré : « Je ne permettrai pas que les agriculteurs israéliens soient pénalisés par un afflux massif de produits sur le marché au cours des périodes critiques de transition entre les importations et le début de la saison locale, alors que le consommateur ne bénéficie d’aucune baisse des prix. Le ministère s’efforce de mettre à jour le décret sur les droits de douane pour l’adapter aux dates de récolte variables et aux besoins du marché local, convaincu que la protection des producteurs israéliens et la réduction des écarts de prix sont des piliers fondamentaux de la sécurité alimentaire et de la résilience nationale de l’État d’Israël. »







