Des drones visés lors d’une frappe israélienne présumée en Syrie – ImageSat
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Des drones visés lors d’une frappe israélienne présumée en Syrie – ImageSat

La firme d'analyse d'imagerie par satellite a indiqué que l'attaque attribuée par Israël semblait avoir été une frappe chirurgicale visant un petit nombre d'éléments arrivés d'Iran

Des photos par satellite diffusées par ImageSat International montrent la base T-4 après qu'elle a été prise pour cible par des frappes aériennes attribuées à Israël près de Palmyre, le 2 juin 2019 (Crédit :  ImageSat International)
Des photos par satellite diffusées par ImageSat International montrent la base T-4 après qu'elle a été prise pour cible par des frappes aériennes attribuées à Israël près de Palmyre, le 2 juin 2019 (Crédit : ImageSat International)

Une firme d’imagerie israélienne par satellite a déterminé mardi que la cible d’une frappe aérienne effectuée sur une base aérienne syrienne au début de la semaine et qui a été attribuée à Israël, semblait être une structure accueillant des drones iraniens.

Selon l’entreprise ImageSat International, le raid qui a eu lieu dans la nuit de dimanche semble avoir été une frappe de type chirurgical qui a visé « un élément ou quelques éléments » liés au programme de drone mis en place par Téhéran en Syrie. Elle a ajouté que les éléments étaient « d’une importance particulière ».

Cette évaluation s’est faite sur la base d’images satellites de la structure visée – la base aérienne T-4 située à proximité de Palmyre – qui ont été prises mardi. En comparant ces photographies à d’autres, qui avaient été prises le 22 mai, la firme privée de renseignement a déterminé que les avions avaient détruit quelques bâtiments peu nombreux de la base.

L’entreprise a ajouté qu’un certain nombre d’avions-cargos en provenance de l’Iran avaient récemment atterri sur la base qui a été prise pour cible, ce qui semble indiquer qu’ils avaient livré les équipements qui ont été visés.

« Selon notre évaluation, il est raisonnable de penser que la cible a été un élément [ou des éléments] liés au programme de drone de l’Iran », a noté ImageSat dans un communiqué.

Les explosions sur la base T-4, au nord de la Syrie, qui auraient été causées par des frappes aériennes israéliennes, le 2 juin 2019 (Capture d’écran/Twitter)

Les médias d’Etat syriens ont attribué à l’Etat juif la responsabilité de l’attaque aérienne de dimanche sur la base T-4, déjà prise pour cible par l’armée dans le passé et qui, selon Jérusalem, est depuis longtemps une structure exploitée par l’Iran et des mandataires.

Au mois de février 2018, l’armée israélienne avait déjà bombardé la base, expliquant qu’un soldat iranien avait piloté depuis le site un drone armé qu’il avait envoyé dans l’espace aérien israélien, où il avait été abattu par un hélicoptère.

Les militaires israéliens se sont refusés à commenter le raid de dimanche. Israël reconnaît généralement mener des opérations en Syrie mais refuse d’endosser la responsabilité d’attaques particulières, à l’exception des frappes de représailles contre des agressions émanant de Syrie, comme c’est arrivé samedi soir.

Les responsables militaires syriens ont expliqué à l’agence de presse d’Etat SANA que les frappes avaient détruit un entrepôt d’armes et plusieurs autres bâtiments.

L’observatoire syrien des droits de l’Homme basé à Londres a annoncé que cinq personnes avaient été tuées, dont un soldat syrien. Il a ajouté qu’un entrepôt de roquettes avait aussi été détruit.

Les frappes sont survenues vingt-quatre heures après des attaques aériennes sur plusieurs cibles militaires syriennes aux premières heures de la matinée de dimanche qui auraient fait 10 morts, en réponse au tir de deux roquettes depuis le territoire de la Syrie vers le plateau du Golan, la nuit précédente.

Les responsables israéliens de la Défense ont clamé dans le passé que la base était utilisée par les forces iraniennes dans le cadre des tentatives livrées par la république islamique pour s’ancrer militairement en Syrie – un ancrage qu’Israël a juré d’empêcher.

Une frappe aérienne de l’armée israélienne frappe des cibles militaires syriennes, le 1er juin 2019. (Unité du porte-parole de l’armée israélienne)

Dimanche, à partir de 4 heures 10 du matin, des hélicoptères et des avions de Tsahal avaient attaqué plusieurs cibles liées à l’armée syrienne, notamment deux batteries d’artillerie, plusieurs postes d’observation et de renseignements et une unité de défense anti-aérienne de type SA-2, avaient rapporté les militaires dans un communiqué.

Selon les médias syriens, Israël avait également touché plusieurs cibles liées à l’Iran et à ses groupes militaires mandataires en Syrie, dans le secteur d’al-Kiswah, au sud de Damas.

Ces frappes auraient ciblé des caches d’armes et une structure d’entraînement militaire. Sept « combattants étrangers » avaient figuré parmi les dix personnes tuées lors de ce raid, selon l’observatoire syrien des droits de l’Homme de Londres.

L’armée israélienne n’avait pas spécifié qui, selon elle, était responsable des deux roquettes lancées sur le plateau du Golan – l’une d’entre elles avait atterri en territoire israélien, l’autre en Syrie – tout en indiquant qu’elle considérait « le régime de Damas comme responsable de toutes les agressions menées contre Israël depuis le territoire syrien ».

Photo publiée par les médias iraniens montrant la base aérienne T-4 dans le centre de la Syrie après un tir de missiles lundi 9 avril 2018 (médias iraniens)

Les roquettes lancées samedi avaient semblé être des projectiles à portée relativement longue qui auraient été tirées depuis le secteur de Damas, situé à environ 35 kilomètres de distance, similaires à ceux qui, au début de l’année, avaient frappé le mont Hermon.

S’exprimant dimanche dans la soirée, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait averti L’Iran que les frappes israéliennes survenues le jour même en Syrie montraient qu’en cas d’agression, l’Etat juif continuerait à répondre avec force.

Prenant la parole lors d’une cérémonie pour Yom Yeroushalayim, quand Israël marque l’unification de Jérusalem au cours de la guerre des Six jours, en 1967, Netanyahu avait indiqué que dans les décennies qui avaient suivi le conflit, de nombreux Etats arabes modérés s’étaient « dégrisés » dans leurs attitudes envers l’Etat juif qu’ils considèrent dorénavant comme un allié contre la république islamique.

« Tout comme nous ne prenons pas à la légère les menaces de l’Iran, elles ne nous dissuadent pas non plus parce que tous ceux qui tenteront de nous blesser seront eux-mêmes blessés bien plus durement », a dit Netanyahu lors de la cérémonie organisée sur la colline des munitions, site d’une bataille déterminante pendant la guerre. « Nous l’avons prouvé à de nombreuses occasions dans l’histoire de notre Etat. Et nous l’avons encore une fois prouvé la nuit dernière ».

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